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Oublie les mille et une nuits, de Marco Varvello

Un combat pour la liberté
 
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    Dans ce roman qui met en scène une jeune fille forcée par ses parents à épouser un homme qu’elle ne connaît pas , Marco Varvello nous rappelle à la fin du roman que "la réalité dépasse la fiction" et que le mariage forcé gâche encore de nombreuses vies.

    Samira est une jeune musulmane d’origine pakistanaise vivant en Angleterre. Bien intégrée , elle a su trouver l’équilibre entre le respect des traditions et la vie moderne d’une jeune fille de son âge . Aussi, quand ses parents lui annoncent qu’ils iront avec elle et sa petite soeur Shazia au Pakistan pour rendre visite au grand-père qui est à l’article de la mort, elle ne se doute de rien. Mais Samira va vite découvrir la vraie raison de son voyage : ses parents ont décidé de la marier à un lointain cousin sans lui demander son avis...

    (JPG)

    La première de couverture nous montre deux mondes en opposition, en confrontation : le premier représente la ville de Londres et donc par extension l’Angleterre, le pays où Samira est née, où elle a vécu sa vie jusqu’à maintenant. Plus généralement il représente un monde occidental, son monde actuel.

    Le deuxième plus exotique symbolise un monde plus oriental, représentant ses origines.

    La couverture dépeint alors parfaitement l’état d’esprit de Samira qui est prise entre deux mondes, tiraillée entre deux cultures complétement différentes qui font partie toutes les deux de sa vie, entre deux générations, la sienne et celle de ses parents dont la vision est radicalement opposée.

    Au milieu de cette illustration, de ces deux mondes, le titre du roman "oublie les mille et une nuits ". Cette phrase a une importance conséquente. Tout d’abord c’est ce que Samira dira à sa petite sœur quand elle l’entraînera avec elle dans sa fuite afin que celle-ci ne subisse pas le même sort. Mais cette phrase représente surtout la prise de conscience de Samira qui comprend qu’elle doit se rebeller si elle veut être libre de ses choix, que la vie n’est pas un conte de fée et qu’elle ne se passe pas comme dans les conte des Mille et une nuits.

    Samira fait le choix de s’enfuir même si elle laisse une partie de sa famille derrière elle, elle deviendra adulte malgré elle et elle "oublie les mille et une nuits".

    La couverture et le titre représentent alors parfaitement le sujet du roman puisqu’en observant uniquement la couverture, on peut voir deux mondes en opposition. Quant au titre, il nous indique la réalité que le personnage principal devra accepter.

    L’auteur a pour but de dénoncer la pratique des mariages forcés (et également des crimes d’honneur) mais pas seulement. En effet, nous verrons par la suite que d’autres thèmes sont abordés et nous verrons enfin quel impact peut avoir ce roman sur le lecteur .

    L’incompréhension qui peut exister entre les générations et les communautés

    Dans le roman, nous pouvons constater que Samira est divisée entre deux mondes non seulement par le mariage forcé que ses parents lui impose, mais aussi dans sa vie quotidienne, dans les difficultés de compréhension entre générations. L’auteur aborde plus généralement les problèmes que peuvent rencontrer les enfants issus de l’immigration, le profond décalage et la profonde incompréhension qui peuvent exister entre parents et enfants, entre ces deux générations qui aspirent à des choses radicalement différentes. Ne possédant pas tout à fait les mêmes cultures, la génération actuelle se révèle incompatible avec les anciennes traditions archaïques.

    Les enfants peuvent être par conséquent tiraillés entre deux cultures différentes, puisqu’ils sont partagés entre leurs origines, leur éducation et le monde dans lequel ils vivent actuellement, dans lequel ils ont évolué et qui est le leur.

    Le point de vue est majoritairement celui de Samira mais l’auteur utilise parfois la focalisation interne avec d’autres personnages. Ainsi, nous pouvons découvrir le point de vue des parents, ce qui permet d’accentuer l’opposition entre les générations et de mieux comprendre le décalage entre eux et Samira.

    L’auteur met également l’accent sur les incompréhensions entre différentes "communautés". C’est ainsi qu’il nous dépeint une communauté pakistanaise qui ne comprend pas les mœurs occidentales les jugeant trop dégradantes, et en face, une communauté anglaise aux mœurs occidentales ne comprenant pas et ne respectant pas les traditions et la religion de la communauté pakistanaise. Fait d’autant plus accentué depuis les attentats du 11 septembre 2001, entraînant la communauté anglaise à faire l’amalgame entre religion musulmane et terrorisme, ce qui est ressenti à raison comme une insulte pour la communauté pakistanaise.

    L’auteur dépeint ainsi une incompréhension générale et mutuelle.

    Un plaidoyer pour la liberté

    Le thème principal du roman est le mariage forcé, mais le message principal de ce roman est surtout celui des droits que chaque personne possède : le droit au libre arbitre, le droit de faire ses propres choix et de ne laisser personne nous imposer quelque chose que l’on ne désire pas.

    Le roman retrace le combat de cette jeune fille qui a eu le courage d’oser dire non et qui a décidé de faire valoir ses droits contre une famille et contre des traditions qui ne lui imposaient que des devoirs. Cette prise de conscience peut aussi être vue comme un passage de l’adolescence à l’âge adulte.

    Une prise de conscience et une sensibilisation pour les lecteurs

    Ce roman permet tout d’abord de sensibiliser le lectorat au problème du mariage forcé qui est toujours d’actualité. Le public visé étant surtout un public adolescent, Marco Varvello a tenu à montrer que les personnes touchées étaient elles aussi principalement des personnes adolescentes, ce qui permet au lectorat de pouvoir mieux s’identifier .

    Le roman permet aussi au lecteur de découvrir des cultures différentes, des modes de vie différent puisqu’une partie du roman se déroule au Pakistan .

    Enfin le message délivré est positif car le roman dégage principalement un message sur le droit que chaque être a disposer de lui même et le droit à la liberté, droit qui ne doit jamais être oublié.

    En conclusion, je recommanderais ce roman pour toutes les raisons citées plus haut et pour la découverte et la vision intéressante de la communauté pakistanaise en Angleterre, en faisant toutefois attention de ne pas généraliser les propos et la vision que l’auteur partage.

    Hélène, L1 HSI

    UFR LCA, novembre 2010

    Post-scriptum

    VARVELLO,Marco Oublie les mille et une nuits. Séverine ASSOUS ill., Jacques BARBERI trad. Montrouge : Bayard jeunesse, 2009. 271 p. ; Millézime . ISBN 978-2-7470-2259-0 Titre original : Dimentica le mille e una notte

    À partir de 12 ans

    Pour en savoir plus

    Site de l’association anglaise "karma nirvana" qui lutte contre le mariage forcé (en Anglais)

    Site des éditions Bayard Jeunesse