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Un parfum de meurtre, de Sarah K.

Le choc sera terrible !
 
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    « À présent, il n’est plus question d’écrits. Tu n’es pas sensible à mon talent d’auteur, tu vas l’être à mon talent de meurtrière. Il va me falloir du courage pour aller au bout de ce que je compte accomplir. Tu vas réellement me haïr cette fois... »
    (JPG)

    Le commissaire Joffre reçoit des lettres étranges : une femme se vante d’accomplir des crimes dont elle s’inspire pour écrire des nouvelles policières. En retour, elle l’oblige à lui raconter en détails son enquête sur ses agissements. Le commissaire se soumet à ses exigences, du moins en apparence...

    Sarah K. nous livre ici un roman noir ou réalité et fiction ne cessent de s’entremêler. En effet nous ne connaissons la meurtrière que sous de fausses identités. Le commissaire Joffre lui donne un pseudonyme qui est Agathe mais on ne connaît son véritable nom qu’à la fin de ce roman. De plus, la tueuse se travestit pour chaque meurtre, elle reste mystérieuse jusqu’au bout. Le fait de se travestir peut faire penser aux adolescents d’aujourd’hui. En effet les adolescents cherchent leurs propres identités ils sont un peu perdus d’où " la crise d’adolescence ". Ils essaient plusieurs styles que ce soit dans leurs façons de s’habiller où dans leurs coupes de cheveux. Ils vont ainsi se chercher afin de trouver leurs véritables identité et se sentir bien dans leurs peaux. Tout comme Agathe dans ce roman qui n’ose pas montrer son visage afin qu’on ne l’identifie pas et qu’on ne la retrouve pas. On ne connaît jamais vraiment la vérité, le commissaire et la meurtrière ne cessent de se piéger ce qui perturbe le lecteur qui pense connaître la vérité mais se rend compte que ne se trouvera dans les dernières pages du roman. Celui-ci est donc plein de rebondissements et se mêlent à la fois mystère, suspense, vérité et mensonge.

    La relation entre la meurtrière et le commissaire est assez surprenante puisque l’on remarque une certaine complicité et à la fois un certains mépris. La tueuse "Agathe" dit à plusieurs reprises au commissaire qu’elle l’aime et qu’elle souhaiterait avoir un rendez vous avec lui. Le commissaire n’éprouve pas du tout les mêmes sentiments envers cette femme au contraire il l’insulte en la traitant de "folle" et il lui dit clairement qu’elle doit se faire aider psychologiquement. Ici on trouve deux sentiments forts : d’un côté l’amour et de l’autre la haine, sentiments totalement opposés. Il y a tout de même une certaine complicité car ils correspondent régulièrement et se confient l’un à l’autre. Au début du roman on peut constater que c’est "Agathe" qui envoie une lettre au commissaire Joffre, c’est donc elle qui a engagé la conversation. On constate donc que c’est elle qui a fait le premier pas. De plus, ce qui est assez troublant c’est que la tueuse raconte au commissaire ses meurtres en détaillant chaque situation et en affirmant que c’est elle qui a commis ces crimes. En dévoilant cela on peut penser que "Agathe" se confesse au commissaire et qu’elle se libère moralement. On peut donc y voir une certaine référence religieuse de plus, le commissaire est un homme et peut être considéré comme le prêtre qui l’écoute et lui répond à chaque fois.

    Le rapport qui existe entre les victimes est intéressant puisqu’il y a toujours un lien entre l’argent et le roman. En effet si "Agathe" assassine des personnes c’est que celles -ci lui mettent en quelque sorte "des bâtons dans les roues". Son roman doit être écrit et publié, quiconque tentera de déjouer ses plans sera tué. Il y a également le désir de reconnaissance et donc de laisser une trace. Si le roman est édité il sera conservé comme son auteur... On constate une envie de laisser une marque, une trace de soi et de ne pas se faire oublier. C’est un peu le rêve de chacun que d’être reconnu même si comme nous montre un parfum de meurtre certaines personnes choisissent d’en passer par des actes abominables.

    Réalité et fiction ne cessent de s’entremêler dans ce roman épistolaire où s’élabore une étonnante relation entre une meurtrière et un commissaire. Un jeu pervers et déstabilisant se met ainsi en place mené par celle que le commissaire a décidé de nommer "Agathe" une femme de toute évidence frustrée par ses déconvenues littéraires. Ce polar atypique et habilement construit propose une intrigue complexe, retorse jusqu’au bout et joue sur les limites fluctuantes entre réel et imaginaire.

    K.Sarah. Un parfum de meurtre. Rageot,2007. 218 p. ; 13cm x 19cm x 1.5 cm. (Heure noire). ISBN 978-2-7002-3131-1.

    MOTS CLÉS :enquête, meurtre, mystère

    Léa TALVA, L1 HSI, UFR Langues et Culture Antiques, novembre 2010