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Les Guerres du miroir : Alice en exil, de Frank Beddor

La véritable histoire d’Alice au pays des Merveilles
 
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    On peut observer sur cette première de couverture l’héroïne, dite « Alyss » ou tout simplement « Alice » selon le monde auquel son interlocuteur appartient alors qu’elle était enfant. On remarque aussi en arrière plan une partie de la carte du l’univers dans lequel se déroule une grande partie de l’intrigue de ce Roman. Ces représentations ainsi que le titre de l’œuvre nous laissent déjà à penser que nous avons à n’en pas douter affaire à un Roman de Fantasy. En effet, Les Guerres du miroir laisse tout de suite présager un quelconque recourt à un miroir magique. En outre, les termes que nous pouvons déchiffrer sur la carte tels que le « Bois murmures », « Merveillopolis », ou encore la « Fôret immortelle » sur la quatrième de couverture nous renvoient immédiatement au Merveilleux et à la Fantasy. C’est donc sur ces impressions que notre lecture commence...
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    Le contexte

    Nous nous trouvons à « Merveillopolis » le jour du septième anniversaire de la Princesse Alyss de Coeur, qui se trouve être également le jour de la « Parade des Inventeurs » pendant lequel tous les inventeurs du pays défilent pour présenter à la famille royale leurs invention. Une paix, fragile mais effective est en place depuis 12 ans. Ceci grâce à la Reine Genièvre, qui n’est autre que la mère d’Alyss et à son Imagination, pièce maîtresse du pouvoir au Pays des Merveilles. C’est ce jour là que choisit la maléfique Redd (sa sœur), qui fait l’Apologie de l’Imagination Noire, pour attaquer pendant les festivités et reprendre le trône à sa sœur. Alyss, impuissante et désarmée assiste au meurtre de sa mère et à la prise du pouvoir de sa tante. Tout bascule en une seule journée au Pays des Merveilles et les défenseurs de l’Imagination Blanche sont tous pourchassés et exterminés. Pour survivre la Princesse est contrainte de fuir et de trouver refuge dans un autre monde, en Angleterre. Parviendra-t-elle à reconquérir son trône et à libérer son peuple du joug de la Démoniaque Redd ?

    Un clin d’œil à Alice au pays de Merveilles

    C’est en effet ce qu’est ce Roman, puisque Franck Beddor le décrit lui même dans son avertissement aux lecteurs comme étant la « véritable histoire du pays des merveilles ». Il intègre même la création de l’œuvre de Lewis Carroll dans son livre en la faisant passer par une erreur de compréhension entre l’auteur et Alyss alors piégée dans notre monde, en Angleterre. En effet, celle-ci raconte l’histoire de sa vie au pays des Merveilles au révérend Charles Dogson. Elle estime qu’il est le seul à la croire lorsqu’elle affirme être une Princesse d’un autre monde et lorsqu’il lui propose de se servir de son récit pour écrire un livre elle accepte donc avec joie pensant prouver sa sincérité au monde entier. Cependant le révérend aurait pris tellement de liberté, n’imaginant pas qu’Alyss croyait réellement en ce qu’elle racontait que le résultat final aurait été Alyss au pays des Merveilles : La vie de la jeune fille dénaturée par Lewis Carroll. Les références au livre de ce dernier sont d’ailleurs foisonnantes dans l’ouvrage de Beddor, ce qui est logique étant donné qu’il s’en est fortement inspiré pour le « parodier » en quelques sortes.

    Ainsi on retrouve des soldats cartes : des deux, des trois. Également les quatre familles de cœur, de carreau, de pic et de trèfle qui forment la noblesse et ne manquent pas d’éveiller en nous ce sentiment de « parodie » comme dit plus haut.

    Ainsi que le voulait certainement l’auteur, ce livre rappelle à ceux qui les ont lues les aventures originales d’Alice, et ne manque pas de donner envie à ceux qui ne l’ont pas fait d’y jeter un œil.

    L’imagination : notion centrale dans le Roman

    C’est en effet le concept le plus important ici. Elle régit la vie au Pays des Merveilles et fait partie intégrante de l’Histoire dès le tout début, on comprend donc immédiatement que c’est ce qui jouera un rôle déterminant dans le dénouement. Pour se distraire, la jeune Alyss n’a qu’à imaginer qu’une paire de bottes se met à danser sous ses yeux, ou encore qu’un parachute se couvre de fourrure, et la nature lui obéit instantanément. On pourrait toutefois presque qualifier l’Imagination simplement de Magie, puisque penser à quelque chose pour le faire apparaître, c’est un peu cela.

    Quelle que soit la manière dont on l’appelle, elle est d’autant plus importante qu’elle est également le moyen de faire la guerre, en témoigne le duel final entre Alyss et Redd où leur propre imagination est leur seule arme. Enfin, elle possède une qualité non négligeable : Elle permet de faire rêver le lecteur car qui ne rêverait pas de pouvoir faire tout ce qu’il désire en utilisant son Imagination ?

    C’est à coup sûr un moyen d’intéresser les plus jeunes car ceux-ci sont friands de ce genre de choses, qui ne sont pas sans rappeler les contes de fées.

    Amour, mensonge et famille au cœur de l’intrigue

    L’amour est également un thème abordé dans l’œuvre de Frank Beddor. Les sentiments qui lient Alyss et Dodge, le fils du chef des gardes semblent étonnamment forts puisque même après des années passée en Angleterre la Princesse se souvient toujours de lui et ne parvient pas à éprouver quelque chose pour le prince Leopold qui pourtant à tout pour la rendre heureuse. L’enfant pourra aussi comprendre que tout le monde n’est pas honnête, par exemple en observant le personnage de Jack de carreau : menteur, hypocrite et machiavélique au possible puisque prêt à tout pour s’enrichir comme trahir les deux camps malgré la peur que Redd peut lui inspirer. Il est donc l’incarnation parfaite de ce thème.

    La notion de famille est ici abordée sous un jour assez mauvais, puisque la famille de cœur est régie par la trahison et le meurtre. L’enfant qui n’est pas trop jeune pourra comprendre le déchirement d’une famille et le fait qu’elle n’est pas toujours loyale.

    En conclusion...

    C’est un Roman assez divertissant, facile à lire qui d’un côté fera penser le lecteur aux véritables aventures d’Alice au pays des Merveilles mais de l’autre lui fera découvrir un univers totalement diffèrent, où la guerre, l’amour et la trahison sont entremêlés. Ce qui le ravira sont les petites touches d’humour et de clin d’œil qui alimentent le Roman, presque imperceptibles toutefois parfois.

    Je l’ai pour ma part beaucoup apprécié. Parce qu’il est à la fois simple et distrayant, et qu’il permet de passer un bon moment, je le conseillerais à tous à partir de l’âge de 10 ans.

    Beddor, Frank. Les Guerres du miroir : Alice en Exil. Bayard Jeunesse, 26 octobre 2006. 352 pages ; 13 cm x 18 cm ISBN 2-7470-1799-0

    Romain, L1 HSI, UFR Langues et culture antiques

    Voir en ligne : Alice au pays des merveilles