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Les orangers de Tahiti, de Roxanne Marie Galliez et Marie Diaz

L’oranger, fruit de l’amour d’Anani et Hangaroa
 
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    Sur l’île de Tahiti, aucune beauté n’égale celle d’Anani. Mais, elle est si orgueilleuse qu’elle refuse toutes demandes en mariage que ce soit celle d’un jeune cultivateur amoureux d’elle ou même celle du roi de l’île. Le sage de la tribu décide de la punir en la transformant en un arbre jamais vu auparavant : un oranger. Elle ne redeviendra elle-même que lorsqu’un homme tombera amoureux de cet arbre.
    (PNG)
    © Balivernes éditions, 2008

    Il était une fois ...

    ... sur une île au cœur du Pacifique, une jeune femme nommée Anani.

    Elle est la plus belle femme de l’île : rousse alors que les autres jeunes filles sont brunes, elle possède d’étonnants yeux verts et danse le Tamure [1] comme aucune autre danseuse. C’est une perle.

    Cependant, Anani n’est pas aussi parfaite que les perles, elle a un énorme défaut. Elle est très orgueilleuse, son père lui a si souvent répété : « le soleil et la lune auraient pu briller en même temps sur la terre, ils n’auraient pas eu ton éclat » qu’elle se place au-dessus de tout le monde. Elle ne veut appartenir à personne. Elle veut être libre et décide donc de n’accepter aucune demande en mariage, y compris celle de Hangaroa qui, pourtant, l’aime tendrement.

    Le Tahua [2] décide de la punir de sa vanité en la transformant en arbre. Il prononce alors cette sentence « [...] Anani, si un homme devient malgré tout amoureux de toi et te choisit pour épouse, alors dans toute ta beauté tu réapparaitras ». Aux yeux de tous, elle disparaît. Pourtant,un beau jour, alors que Hangaroa cueille des fruits, il découvre l’arbre ...

    « Comment naissent les légendes ? » Roxanne Marie Galliez

    C’est d’abord la beauté d’Anani par sa différence vis à vis des autres jeunes filles et par l’amour de son père qui la pousse à en jouer pour choisir sa vie. Sa beauté est la qualité mais c’est aussi son plus gros défaut. La légende se rapproche de la structure des contes de fées connus en Europe, et tout particulièrement La Belle et la Bête pour la réflexion infligée par le Tahua lorsqu’il transforme Anani en oranger. Elle devra donc user de ses charmes d’arbre pour se faire aimer d’un homme et être enfin délivré. Cette transformation est souvent le fruit d’une meilleure connaissance de soi.

    C’est pourtant une légende tout à fait fictive, créée par l’imagination débordante et l’amour de l’auteur pour la culture Mao’ri. Nous y retrouvons néanmoins des détails réels dont la fameuse course des porteurs de fruits du Heiva [3]. D’ailleurs la dernière page nous montre quelques esquisses de Marie Diaz accompagnées de mots tahitiens traduits, utilisés durant le conte.

    Un clin d’œil à la peinture

    D’un côté, il y a Marie Diaz, illustratrice talentueuse. De l’autre, il y a Roxanne Marie Galliez, auteur de cet album et de bien d’autres.

    En lisant, on découvre des paysages et des personnages colorés dans le style proche de celui de Van Gogh. Quand on sait que Van Gogh et Gauguin étaient proches et que Gauguin a vécu à Tahiti et dans les îles Marquises, peut-être est-ce un clin d’œil à l’histoire de cette partie du globe, visitée par nombre de peintres et artistes.

    Les illustrations de Marie Diaz nous plongent doucement dans la rêverie, au parfum des tiarés, des fleurs d’orangers, aux sons qui accompagnent cette légende, les toe’re, les ukulele, les oiseaux, les clapotis de l’eau dans le lagon. C’est une sensation unique que de parcourir ce livre. Les enfants aussi y sont sensibles, en essayant de poursuivre les dessins de chaque pages afin de créer le décor de l’histoire d’amour entre Anani et Hangaroa, ou en prenant part au chagrin de Hangaroa, d’avoir perdu son unique amour.

    Comment décrire la sensualité présente entre les lignes de cette histoire et sous les pinceaux de Marie Diaz ? Les couleurs chaudes des peaux des personnages, des couronnes de fleurs, les formes des visages et des corps vivants au soleil, le tout retransmis par le travail de l’acrylique qui permet un meilleur rendu quant aux différents camaïeux de couleurs (exemple sur le portrait d’Anani en arbre page 32). Les tatouages dessinés sur les bras, les jambes, les fesses, sont comme des bijoux. Les rondeurs et les couleurs nous laissent percevoir la chaleur humide qui existe aujourd’hui encore dans cette partie du Pacifique. Roxane Galliez présente elle-même ses ouvrages comme étant ouvert à un public très large et pas uniquement aux enfants.

    La dernière illustration montre Anani enceinte, entourée d’enfants, l’air paisible. Sa vie s’est stabilisée au contact d’Hangaroa.

    Voici une histoire sur le respect des sentiments de chacun, le partage et enfin le soutien entre les personnes qui sont dans le besoin.

    Flora BOUTELOUP, mars 2011

    Deust 2 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    Post-scriptum

    GALLIEZ, Roxanne Marie. Les orangers de Tahiti. DIAZ, Marie ill. Francheville : Balivernes Éditions, 2008. 47p. 30×25 cm. 978-2-35067-030-0 (rel)

    À partir de 7 ans et pour ceux qui aiment les contes et légendes.

    Mots-clefs : orange, Tahiti, orgueil, chagrin, amour, magie, légende, respect

    Pour en savoir plus sur l’illustratrice

    Pour en savoir plus sur la création de cet album

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    Notes de bas de page

    [1] Danse polynésienne, prononcé « tamouré »

    [2] Sorcier en langue ma’ohi, prononcé « taoua »

    [3] Grande fête annuelle sur la culture ma’ohi du triangle polynésien