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Iaorana e Maeva TAHITI (mini thèse)

Bonjour et Bienvenue à Tahiti
 
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    Mots-clés

    Aujourd’hui Tahiti est une destination de voyage synonyme de paradis sur Terre. Ses cartes postales et ses visions charmantes font rêver.

    Mais avant de devenir une île de rêve comme l’ont découverte les explorateurs européens au XVIIIe siècle, Tahiti était paraît-il un ... poisson très têtu et qui faisait trembler l’île bien trop souvent au goût de ses habitants.

    Ces derniers, que nous appelons Tahitiens, sont issus du peuple maori. Leurs mythes, légendes et leur culture vont nous guider afin de connaître leur Histoire et leurs coutumes.

    Iaorana e Maeva Tahiti

     [1]

    Contes et légendes polynésiennes

    Repères chronologies et géographiques

    Au tout début étaient des îles semées dans l’Océan Pacifique, inhabitées. Puis des pirogues venues du Sud-Est de l’Asie découvrirent ces îles, bien avant les explorateurs occidentaux, puisqu’on pense que la Polynésie a été peuplée aux environs de l’an 500 de notre ère. Très vite ce peuple, appelé Maori finit de découvrir toutes les îles de l’Océan, de Aetearoa [2] à Hawaii en passant par Rapa Nui [3] ; formant ainsi le triangle polynésien.

    Mythologie polynésienne

    Les contes de Tahiti de Martine Dorra reprennent quasiment depuis le début les errements des Polynésiens à la recherche de terres à peupler. Les Dieux de la culture maori ne sont pas sans défaut et rappellent ceux de la mythologie grecque. Les hommes sont autant respectueux des divinités que l’étaient nos ancêtres européens. Cependant, la différence que nous pouvons remarquer se situe sur la nature divine de ces personnages. En effet, dans la mythologie polynésienne, on ne naît pas forcément dieu ou déesse mais on le devient par ses prouesses, son courage, sa ténacité, sa ruse.

    C’est le cas du plus connu des héros devenu dieu : Tafa’i. C’est lui qui réussit après plusieurs générations de guerriers, à couper les tendons du poisson Tahiti.

    Chaque archipel a développé ses propres légendes après la dispersion des îles dans le Pacifique. Les animaux marins, autant que la mer elle-même, possèdent une place de premier choix dans les croyances polynésiennes, représentant des divinités qui protègent les familles et qui peuvent se venger lorsqu’elles sont maltraitées. Ainsi, le mythe de Teiki et Moetai marque son importance dans la mythologie marquisienne car il illustre le rôle du dauphin, comme personnage magique qui transforme le récit en mythe.

    Le mythe fictif

    La mythologie est une source d’inspiration pour tous les auteurs. Elle est souvent utilisée pour inventer une nouvelle légende avec tous les éléments que l’on retrouve dans les contes traditionnels : les héros, le personnage magique et un lieu bien particulier pour y nicher une histoire plus ou moins réelle. L’exemple le plus frappant s’illustre avec Les orangers de Tahiti, où l’on découvre l’arrivée des oranges à Tahiti. Cet album pourrait s’inspirer d’une ancienne légende, mais il n’en est rien. L’auteur, Roxane Marie Galliez a voulu offrir une légende pour grands et petits avec quelques notes véridiques, comme la culture et les fêtes traditionnelles comme le Heiva.

    La tradition polynésienne

    L’enfant Fa’a’mu

    Commençons par une définition de ce terme : en langue maori, cela veut dire « Donner à manger ». Il s’agit de donner son enfant à des parents qui ne peuvent pas en avoir et/ou qui peuvent offrir un milieu plus aisé à l’enfant. Ceci est vu comme un don sans rupture d’amour maternel et paternel et non comme un abandon. Le meilleur exemple se lit dans Le fils de l’Océan, récit émouvant d’un adolescent se découvrant adopté. Gustave se renseigne autour de lui pour comprendre pourquoi il aurait été « abandonné » et adopté sous quelles conditions... Cette histoire est surement celle de nombreux enfants adoptés en Polynésie et élevés en métropole loin de leurs racines. Après des recherches, Gustave retrouve sa mère Moana [4], il ne sent plus « déplacé ». Il sait d’où il vient mais surtout ce qu’il est.

    C’est bien la différence que l’on peut remarquer sur ce mode d’adoption. Le lien entre les parents biologiques et l’enfant est indéfectible dans la tradition, l’enfant fa’a’mu grandit en connaissant ses parents biologiques, il s’agit d’ailleurs parfois d’oncle, de tante, de grands-parents ou d’amie comme c’est le cas dans Fa’a’mu le petit secret de la nuit qui explique aux plus jeunes enfants, avec beaucoup d’amour et de poésie, le désir d’enfant de parents ne pouvant pas en avoir et néanmoins l’amour bien présent pour l’enfant quand il paraît. On découvre que le parent adoptant est symbole d’une grande confiance de la part des parents biologiques qui confient leur enfant.

    Aujourd’hui, ce mode d’adoption existe toujours mais pour éviter des faits divers inquiétants (vol d’enfant par exemple), les autorités sont intervenues, laissant la coutume en vigueur puisque c’est la tradition. Mais, elles permettent aux parents biologiques un délai de deux ans pour être totalement surs de leur choix de confier leur enfant à d’autres parents. Au bout de ces deux ans si rien ne s’est passé, l’enfant fa’a’mu reste dans sa nouvelle famille.

    Cependant, tout n’est pas comme dans le meilleur des mondes. De nombreux fa’a’mu sont coupés de leurs racines par la distance géographie entre la France métropolitaine et la Polynésie pour de multiples raisons : climatique pour Gustave dans Le fils de l’océan, ou pour des raisons bien moins reluisantes, de non respect de la culture maori par exemple. Beaucoup de polynésiens ne souhaitent plus confier leurs enfants à des popa’a [5] par peur de ne plus avoir de liens avec eux par la suite... C’est une vérité qui existe et qui est bien triste pour les trois parties qui jouent un rôle dans cette adoption.

    Grandir loin de ses racines

    L’enfant fa’a’mu n’est pas seul à partir loin de son fenua [6]. C’est le cas d’enfants que l’on appelle « demi », ils sont le fruit d’amour entre Métropolitains et Polynésiens. C’est le cas du héros de Taourama et le lagon bleu. Élevé par sa grand-mère, il doit rejoindre son père en métropole quand celle-ci ne peut plus s’occuper de lui. Taourama connaît son père, il y a toujours eu un lien entre eux, mais son arrivée en France le plonge dans une profonde mélancolie. Son vœu le plus cher : retrouver Rangiroa, son île et sa famille, le temps de vacances. Il n’est pas fa’a’mu mais le besoin de retrouver ses racines prédomine, dans le récit malgré l’amour qu’il porte à sa famille popa’a.

    La vie à Tahiti

    Sur cette île la langueur et la chaleur rythment le quotidien de ses habitants. Tahiti n’est plus un poisson depuis longtemps, pour autant l’île est une jungle pleine de mystère, abritant des marae [7], la végétation y est luxuriante et la vie s’écoule paisiblement.

    Toriki le petit tahitien, le héros de la bande dessinée qui porte son nom est un jeune garçon qui aime regarder la télé, s’amuser avec ses copains, faire du sport, ... Bref, comme un petit garçon métropolitain. Bien évidement, le décor, les histoires changent et on trouve un garçon qui vit à la mode tahitienne, parfois fiu [8], chapant [9] les cours pour aller surfer... Voici une belle illustration de la vie tahitienne quand on a 8 ou 9 ans et que l’on veut rester un petit garçon, comme Peter Pan.

    La littérature jeunesse sur le thème de la Polynésie

    L’importance de ces quelques titres se comprend par son originalité. En effet, peu d’ouvrage jeunesse traitent du thème de la Polynésie et pourtant que cela soit sur la mythologie, les traditions ou la vie quotidienne, l’intérêt des auteurs et des éditeurs est présent. Il est vrai que même pour les adultes, il faut chercher un peu avant de trouver un livre qui traite aussi de cette partie du globe. On sait pourtant que quelques noms célèbres se sont imprégnés de ces îles perdues dans la Pacifique, tel : Jacques Brel le chanteur belge, Paul Gauguin le peintre impressionniste ou encore l’acteur Marlon Brando. Leurs intérêts ont d’ailleurs porté celui de beaucoup d’autres ensuite, dont le mien. La Polynésie est malgré tout bien représentée sous la plume de Roxane Marie Galliez, ici présentée deux fois, et qui s’est intéressée aux traditions et mythes locaux avec beaucoup de poésie et d’amour pour la culture maori.

    Tahiti possède une maison d’édition qui commence à se faire connaître en dehors du Pacifique : Au vent des îles. Cette édition cache quelques merveilles en terme de livres jeunesse que je vous laisse explorer par le biais de leur site internet.

    http://www.auventdesiles.pf/notre-catalogue.html

    Pour en savoir plus sur Roxane Marie Galliez :

    http://www.roxanemariegalliez.com/bibliographie.html

    Bibliographie par ordre chronologique d’apparition

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    Tahiti était un poisson avant de devenir une île. Il était si chahuteur qu’il dispersa des terres partout dans le Pacifique. Puis il fallut le stabiliser en lui coupant les tendons qui le raccrochaient encore aux autres îles. Sur Tahiti vivait un homme Tafa’i, il était le fils d’une magicienne et d’un guerrier. Ses aventures sont celles que l’on peut découvrir dans ce recueil de mythes et légendes de la Polynésie. À partir de 10 ans.

    DORRA, Martine, Contes de Tahiti. SAILLARD , Rémi ill. 2ème éd. Paris : Syros, 2005. 95p. 17X13 cm. (Tempo) 978-274-850366-X

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    Cette histoire se passe dans l’archipel des îles Marquises. On dit là-bas, que les dauphins peuvent se montrer très joueurs ou têtus. On dit aussi que Moetai, une belle jeune femme, se serait transformée en dauphin pour sauver Teiki son amoureux, prisonnier d’une tribu voisine. Il est donc de coutume de dire dans cet archipel, que les dauphins sont tous un peu des amoureux qui cherchent leur moitié... À partir de 8 ans.

    CHASTEL, Patrick, Teiki et Moetai. CHAVAILLON, Catherine ill. Pirae : Au vent des îles, 2003. 26p. 23X20 cm. 978-2-909790-44-4

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    Anani, belle et orgueilleuse vahine, ne veut pas se marier, pas même avec Hangaroa qui l’aime tellement. Pour la punir, le sorcier du village la transforme en arbre aux fleurs odorantes et aux lourds fruits oranges. Magnifique histoire d’amour sur fond de légende tahitienne. À partir de 5 ans et sans limite d’âge...

    GALLIEZ, Roxanne Marie, Les orangers de Tahiti. DIAZ, Marie ill. Francheville : Balivernes Éditions, 2008. 47p. 30×25 cm. 978-2-35067-030-0 (rel)

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    Le jour de ses 13 ans, Gustave découvre qu’il a été adopté. Il décide de partir à la recherche de sa mère : Moana. Sa quête le mènera jusqu’à Rangiroa, une île du Pacifique. Un vrai dépaysement où se mêlent les questions de l’adolescence et les aventures qui attendent Gustave pour retrouver sa famille. À partir de 11 ans.

    HAMMER, Béatrice, Le fils de l’océan. GUILLOPE, Antoine ill. Paris : Rageot, 2005. 123p. 19X13 cm. (Cascade) 978-2-7002-3076-0

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    Hine nui te po (la nuit) vivait entouré de Orama (la lune), de Mahana (le soleil), de Mata’i (le vent) et de plusieurs petites étoiles, les enfants d’Orama. La Nuit, elle, ne pouvait pas avoir d’enfant, son ventre était froid alors que son cœur était brûlant. Orama créa, une nuit une nouvelle étoile et la donna à Hine nui te po. Elle s’appelle Marama (la lumière) et est celle qui brille le plus fort. À partir de 3 ans.

    GALLIEZ, Roxane Marie, Fa’amu le petit secret de la nuit. BERNIER, Nicolas ill. Pirae : Au vent des îles, 2003. 42p. 20X17 cm. 978-2-909790-37-1

    (GIF) Taourama vit en France mais il n’en a pas toujours été ainsi, avant qu’il ne vive avec son père, il vivait à Rangiroa avec sa grand-mère. Il connaissait le lagon comme personne, il pêchait avec son copain Isidore et passait ses journées à vivre au jour le jour, sans s’inquiéter. Mais un jour, sa grand-mère dut aller à l’hôpital et lui dut aller vivre avec son père en France. Son insouciance s’envola... Mais Rangiroa n’était pas si loin, son cœur en était plein de souvenirs et d’odeurs ! A partir de 8 ans.

    TEISSON, Janine, Taourama et le lagon bleu. TRUONG, Marcelino ill. 3Ème éd. Paris : Syros, 2006. 125p. 18X11 cm. (Tempo) 978-2-74-850455-2

    (GIF) Bande dessinée humoristique qui raconte la vie d’un jeune garçon de 9 ans. Son quotidien, ses loisirs et ses copains, une version de la bande dessinée Cédric mais à Tahiti... A noter une page sur le thème du jeu vidéo en simulateur, pas en avion ou en voiture, mais en pirogue ! Ainsi qu’une autre page sur l’origine des Tiki (statues en pierre sculptées) sur les îles et qui aurait un lien avec les extra-terrestres... Bref beaucoup d’humour ! À partir de 8 ans.

    RIQUET, Damien, Toriki le petit tahitien. Pirae : Au vent des îles, 2005. 28p. 30X22 cm. 978-2-909790-30-4

    Mots-Clefs : Polynésie, Tahiti, légende, adoption, amour, humour

    Flora BOUTELOUP Deust 2 Métiers des Bibliothèques et de la Documentation UFR Idist, Mars 2011

    Notes de bas de page

    [1] Bonjour et Bienvenue à Tahiti

    [2] Nouvelle-Zélande

    [3] Ile de Pâques

    [4] Océan en langue polynésienne, d’où le jeu de mots : Le fils de l’Océan

    [5] Métropolitains

    [6] Pays

    [7] lieu de culte des ancêtres polynésiens, avant l’arrivée des européens

    [8] Se sentir las, envie de ne rien faire

    [9] sécher les cours