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L’acceptation de la MORT D’UN AMI chez l’enfant ou l’adolescent

 
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    Il est difficile d’être confronté à la mort d’un proche, membre de la famille ou ami, particulièrement quand on est enfant ou adolescent. On ne comprend pas toujours ce qu’il se passe. À l’âge où se construit la personnalité, le moindre changement peut être assez perturbant. Quels que soient le statut ou la raison de la perte, il faut faire face au deuil. L’acceptation n’est pas toujours évidente car il est dur pour le jeune de se faire à l’idée que la personne partie ne reviendra jamais et la notion de « mort » est toujours délicate à aborder chez les enfants. Cette acceptation entraîne parfois une évolution de la personnalité et une prise de conscience.

    Pour mieux parler de ce sujet, voici une sélection de trois livres qui abordent chacun la mort et des façons de réagir différentes.

    La mort naturelle

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    Quand je ne serai plus là...

    Quand je ne serai plus là..., d’Anette Bley

    Lisa peut poser toutes sortes de questions à Auguste. Il sait compter jusqu’à mille et même après ! Il connaît la nature, les coutumes des Indiens et trouve toujours les mots pour expliquer à Lisa le début et la fin des choses. Tous deux passent des heures ensemble dans le jardin. Mais un jour, Auguste ne peut plus jouer ni se promener. Il va bientôt mourir.

    Source : La Procure

    Référence bibliographique : BLEY, Anette. Quand je ne serai plus là.... Paris : Hachette jeunesse, 2009. 24p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 25 cm. ISBN 978-2-01-226302-2 : 7,90€.

    Lisa, une petite fille, se lie d’amitié avec un vieil homme, Auguste. Mais avec l’âge de ce dernier apparaît également la maladie et après quelques temps de lutte, celle-ci l’emporte. Lisa ne sait d’abord pas comment réagir, elle se dit qu’il faudrait se comporter comme Auguste aurait voulu qu’elle se comporte. Elle a du mal à accepter qu’il ne sera plus là et se demande pourquoi il n’est plus de ce monde. À la fin de l’album, Lisa comprend, qu’il faut continuer à vivre, même si Auguste va lui manquer.

    Cette première forme d’acceptation n’est pas toujours facile, car l’enfant ne comprend pas bien le fait que la maladie puisse enlever quelqu’un de ce monde. Pourquoi est-ce tombé sur cette personne ? Pourquoi une maladie peut nous conduire à la mort ? Pourquoi les médecins ne peuvent-ils pas tout soigner ? Tant de questions qui restent sans réponses même à l’âge adulte. Mais les adultes apprennent aux enfants à accepter, à leur dire qu’on peut pas toujours tout guérir, et que parfois, en fonction de l’âge d’une personne, il est temps pour eux de partir car leur corps n’est plus forcément assez fort pour continuer à supporter la vie. Il leur faut juste le temps de comprendre, que la personne malade ne reviendra malheureusement pas mais qu’il faut continuer à être heureux, car être heureux ne signifie pas forcément oublier la personne.

    Le suicide

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    Treize Raisons

    Treize raisons, de Jay Asher

    Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...

    Source : Wiz - Albin Michel

    Référence bibliographique : ASHER, Jay. Treize raisons. Paris : Albin Michel Jeunesse, 2010. 288 p. : couv. ill. en coul. ; 22 cm. ISBN 9782226195531 : 13,50€.

    Hannah Baker, une jeune adolescente a décidé de se suicider. Geste que personne ne comprend. À travers ce livre, ou plutôt à travers le personnage de Clay Jensen, on découvre ce que peut ressentir une jeune fille de son âge, et qu’une parole, un geste, un regard, peuvent tout changer. Ce roman fait prendre conscience que parfois nos actes peuvent blesser énormément.

    L’adolescent, ici, ne comprend pas. L’incompréhension et la colère sont ce qui dominent le plus dans ce roman. Clay ne comprend d’abord pas comment son amie a pu mettre fin à ses jours et quand il apprend les raisons de son suicide, il est en colère contre les personnes qui lui ont fait du mal et donc poussé Hannah à cet acte.

    Il n’est pas toujours facile de comprendre et d’expliquer à un enfant ou adolescent qu’une personne s’est donné volontairement la mort. On ne comprend jamais vraiment ce genre d’acte, même à l’âge adulte, car le plus souvent la personne qui s’est suicidée explique rarement les réelles raisons de son acte. Ce roman est une bonne façon d’expliquer que beaucoup de choses qui peuvent nous paraître anodines sont d’une grande importance pour l’autre, qu’elles peuvent détruire une personne sans qu’on s’en rende compte et parfois même les pousser à commettre un acte irrémédiable.

    Le meurtre

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    Peter Pan

    Peter Pan tome 4 Les mains rouges, de Loisel

    Déjà trois tomes de Peter Pan parus et le suspense est toujours à son comble. Nous avons pourtant traversé bien des péripéties, guidés par la plume de Régis Loisel qui ne ménage aucun détail pour nous tenir en haleine. C’est ainsi que nous allons découvrir comment le petit protégé de Clochette devient Peter Pan, le capitaine Crochet hérite de sa main d’argent, et le crocodile se tire d’un terrible piège, un réveil collé aux entrailles, tous ces multiples détails que ni le roman original de Barrie ni le dessin animé de Disney ne révélaient... Avec cet immense talent de narrateur qu’on lui connaît, Régis Loisel n’a pas fini de nous surprendre.

    Source : Amazon

    Références bibliographiques

    LOISEL, Regis. Peter Pan : les mains rouges. Vents d’Ouest, 1996. 63 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 33 cm. ISBN 9782869675209 : 13,50€.

    Dans cette bande dessinée, Peter est confronté à la mort de son ami Pan. Celui-ci s’est fait tirer dessus par le Capitaine et malgré ses tentatives, Peter n’a pas réussi à sauver son ami.

    Le meurtre est sans doute la chose la plus difficile à vivre car la personne qui a commis cet acte l’a fait volontairement et la victime est donc arrachée à la vie. Il est difficile de l’accepter, et encore plus quand, comme dans le cas de Peter, on essaye de sauver, en vain, la personne. Ce doit être également moins facile à accepter, et dans ce cas il faut que les proches soient là pour aider et s’épauler mutuellement. Comme dans tous les cas, mais dans celui-ci, c’est particulièrement important, car le plus souvent les personnes culpabilisent. Et chez l’enfant, il est très difficile d’accepter que quelqu’un ait pu ôter la vie volontairement.

    La mort peut survenir de différentes façons et peut engendrer un choc chez le proche. Chacun a sa façon d’assumer le choc et de réagir. Ici, dans les trois documents nous avons observé des réactions différentes :
    -  faire ce que l’on pense que la personne aurait voulu et faire comme si elle se trouvait toujours parmi nous.
    -  essayer de comprendre pourquoi la personne n’est plus là.
    -  et enfin le regret et le déni, la non acceptation de la perte associée à la culpabiliation.

    Il y a aussi d’autres façons de mourir tout aussi douloureuses comme l’accident par exemple et qui entraînent souvent le regret. Mais l’on a pu s’apercevoir également que suite à cette acceptation s’en suit une remise en question sur, à la fois nos actes mais aussi notre façon de vivre. Et cela aide, dans un sens, l’enfant à gagner en maturité et à grandir.

    Katalyn VERMONT, UFR Idist, Deust 2 métiers des bibliothèques et de la Dcoumentatio, avril 2011