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Mia, la princesse que j’aurais pu être...

 
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    Mia était une princesse des temps modernes qui aurait préféré avoir une vie normale... On aurait toujours pu échanger nos vies si la sienne ne lui plaisait pas !

    Une jeune fille qui avait la vie dont je rêvais...

    « On échange ? »

    C’est la première question que j’ai eu envie de poser à Mia en lisant les premiers chapitres du livre.

    Elle avait des parents sympas, bien que divorcés, elle vivait à New York, ville que j’avais toujours voulu visiter. Quant à ses amis, ils étaient tout simplement géniaux ! Personnellement, à dix ans, je ne pouvais pas me vanter de posséder une émission télévisée sur une chaîne du câble, comme Lilly, sa meilleure amie, je ne jouais pas du violon comme Joshua Bell, à l’instar de Boris, ni d’être le rédacteur en chef d’un journal en ligne, comme le frère de sa meilleure amie. Je n’arrivais même pas à gagner un concours local de nouvelles pour enfants !

    (JPG)
    CABOT, Meg. Journal d’une princesse. PERRON Marie ill. CHICHEPORTICHE Josette trad. Paris : Hachette Jeunesse, 2001, 280 p. 17.8 x 12,7 (Livre de poche jeunesse). ISBN : 978-2013218535

    À moi dont la vie était plus que banale, celle de Mia me semblait donc plutôt sympa... Elle l’a semblé encore davantage lorsque j’ai découvert, avant elle, puisque j’avais lu la quatrième de couverture, que Mia était princesse ! Elle était même l’héritière d’un tout petit pays d’Europe, Genovia, dont personne n’avait jamais entendu parler.

    Entendons-nous bien : j’avais largement passé l’âge des princesses et des dragons, ou du moins je le pensais. J’étais déjà une bonne lectrice. Il n’empêche que j’ai eu une bouffée de jalousie en découvrant que Mia était une princesse. Je n’avais que dix ans, on pouvait me le pardonner ! Comme elle vivait à notre époque, elle ne portait pas des froufrous et des dentelles, mais elle aurait pu se permettre d’acheter des vêtements sur mesure, la vie dans un palais sur une plage d’Europe, et les rencontres avec les plus grandes stars.

    ... et qui se plaignait quand même !

    Mais Mia trouvait encore le moyen de se plaindre ! Je n’ai toujours pas compris pourquoi elle se mettait immédiatement à pleurer quand elle apprenait la vérité sur sa naissance. C’était là que j’avais vraiment envie d’échanger ma place avec la sienne. Parce que, croyez-moi ou non, je n’aurais pas craché sur son avenir ! Même si ça peut sembler un peu bête maintenant, j’étais jalouse d’elle.

    Cependant, j’ai vite compris que la vie de princesse, à notre époque, était loin d’être facile...

    Mia voyait sa grand-mère européenne débarquer à New York, et ça, ça ne l’enchantait pas vraiment : au lieu d’aller réviser ses maths, le cauchemar de la jeune fille. Sa haine des mathématiques nous faisait un point commun, elle allait désormais devoir prendre des « leçons de princesse ». Ces leçons étaient tellement pénibles qu’elle finissait même par envoyer une lettre à qui de droit pour vérifier si elles étaient conformes aux droits de l’homme ! En cela je n’étais vraiment concernée, mais ça me faisait penser aux cours de danse que je détestais.

    Les ennuis de Mia ne s’arrêtaient pas là. Car, si elle avait des soucis typiquement princiaux,comme savoir s’il fallait installer des parcmètres dans sa petite principauté, elle avait aussi les préoccupations habituelles de toutes les adolescentes, et c’était là que je me retrouvais en elle. Elle s’amusait d’ailleurs à faire des listes de ses tracas :

    1. Elle était nulle en maths, et sa mère sortait avec son prof... Puis faisait un bébé avec lui. Personnellement, mes parents n’étaient pas séparés, mais j’étais nulle en maths, et ça me faisait dédramatiser de voir que Mia s’en sortait, alors qu’elle, elle était vraiment nulle !

    2. Elle attendait désespérément qu’un garçon s’intéresse à elle, mais lorsqu’elle sortait finalement avec un de ses amis, elle ne cherchait que la meilleure façon de rompre, puisqu’elle était amoureuse du frère de sa meilleure amie.

    3. Elle était complexée parce qu’elle était trop grande quand moi je complexais sur ma petite taille.

    4. Sa pire ennemie ne se gênait pas pour exploiter les complexes sus-nommés. De mon côté aussi, certains “amis” ne se privaient pas de me faire remarquer mes défauts.

    5. Elle n’arrivait pas à arrêter de mentir.

    Un héritage pas si princier qu’on pourrait le croire

    J’ai hérité de Mia l’habitude de faire des listes quand je m’ennuie. Des listes en tous genres, allant de listes de prénoms, de films, aux énumérations de mes chansons préférées...).

    Bien que j’ai mis du temps à le choisir, je pense que ce livre m’a marquée parce que le problème de Mia finissait toujours par se résoudre, parfois même de lui-même. Cependant, la plupart du temps, elle essayait quand même de mettre à profit ses leçons de princesse. Pour m’amuser, j’essayais de penser à ce qu’elle ferait à ma place... pour faire le contraire dans la minute qui suivait ! Parce que Mia était trop gentille et se faisait toujours avoir et que je ne voulais pas lui ressembler sur ce point.

    Finalement, c’était peut-être ça qui me plaisait chez Meg Cabot : elle me laissait croire que j’étais une princesse, moi aussi... Mais sans les inconvénients.

    Et parce qu’on n’a jamais envie de se séparer des héros de son enfance, je vais encore parfois faire un tour sur le blog de Mia :

    http://www.miathermopolis.com/

    Valentine, L2 HSI, UFR LANGUES ET CULTURES ANTIQUES, octobre 2011