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Une utopie arboricole, par Lucas Noyelle

 
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    Quel petit garçon n’a jamais rêvé de vivre des aventures extraordinaires de pirates ou de chevaliers ? En théorie, aucun. Sauf que voilà, moi, l’air du grand large ou les jeunes princesses en détresse, ça ne m’a jamais attiré. Au contraire, moi ce que je préférais, c’était d’être à la maison, tranquille et bien au chaud. Et si une jeune demoiselle avait besoin d’aide, mieux valait s’adresser à quelqu’un d’autre.

    (PNG)
    © GP Rouge & Or, 1988.

    Faites la sieste, pas vos devoirs

    Ce petit livre qu’est Le grand arbre, c’était un peu ma vie idéale entre trois et six ans. Tout petit, voilà ce à quoi je rêvais : vivre dans un arbre, en toute simplicité. C’est un peu étrange, certes, mais j’ai toujours aimé les arbres. Parce que mon grand frère grimpait à l’immense cerisier qui trônait au fond du verger, et que moi aussi j’aurais aimé faire le singe. Et aussi parce que l’idée de voir le monde de si haut me faisait terriblement envie. Mais surtout, quand on est tout en haut d’un arbre, on ressent une sensation d’apaisement, on est seul et tranquille. Voilà pourquoi j’ai adoré ce livre, parce que c’était mon rêve : j’aurais voulu être un de ces animaux qui vivait dans cet arbre, hâvre de paix où l’on ne travaillait pas. Oui parce que, j’ai beau avoir réussi ma scolarité jusqu’à présent, cela ne m’empêchait pas de trouver l’école légèrement... agaçante. Non pas que je n’aimais pas ça, mais entre rester tranquillement dans un arbre et étudier, mon choix était vite fait.

    J’ai toujours été un peu fainéant sur les bords. Depuis toujours, l’une de mes occupations favorites, c’est de dormir. Dormir, c’est être au calme, au chaud sous une couette bien douillette, oublier ses problèmes... En bref, c’est être serein et heureux. Du moins, c’est comme ça que je le ressentais quand j’étais petit.

    L’école, ça m’a toujours angoissé. Travailler, travailler, travailler... quand est-ce qu’on s’arrête ? Travailler c’est bien, dormir c’est mieux. Moi, le travail j’ai toujours eu l’impression que c’était une perte de temps. Même aujourd’hui, j’ai parfois du mal à m’y mettre. Mais à l’époque, quand venait l’heure d’aller au lit, j’étais déjà angoissé et épuisé rien qu’en pensant à la journée d’école suivante. Heureusement, mon antidépresseur de livre était là, sur ma table de chevet. Un souci, une anxiété ? Hop, en route pour l’hôtel du grand arbre ! C’est quand même mieux que ces cochonneries de pilules que nous donnent les médecins.

    La vie rêvée des animaux

    C’est que tout de même, ils avaient la vie belle ces animaux dans leur hôtel. Au fil des saisons qui passaient, Jeannot le blaireau accueillait ses pensionnaires. Casse-Noisette l’écureuil et ses voisins Maître Hibou, Monsieur Souriceau et la famille Oiseaux. La cohabitation était parfois difficile, mais la discorde laissait vite place à la paix et l’amitié. Chacun vivait comme il lui plaisait et surtout, mis à part Jeannot, personne ne travaillait. Et encore, moi, si on m’avait proposé de prendre le boulot de Jeannot, j’aurais accepté sur le champ. Comme le disaient les clients : « Cet hôtel est un rêve ».

    Regardez un peu ce paradis de l’oisiveté. Un écureuil qui passait son temps à écouter de la musique. Un hibou qui lisait le journal et un souriceau qui dormait. Et ça, c’est quand ils ne jouaient pas aux cartes, faisaient un bonhomme de neige ou dînaient tous ensemble avec la famille Tire-Bouchon, une famille de cochons qui habitait dans les environs.

    Quel pied ça aurait été de vivre dans cet arbre avec tous ces amis chaleureux. Finie l’école, finis les devoirs et bienvenue dans mon arbre ! Mais en fin de compte, l’école c’était pas si mal. Sans elle, je ne serais pas là à vous raconter mes rêves d’enfants. Et puis, elle m’a permis de devenir mature. La preuve, au moment où vous lirez ceci, je serai probablement dans un arbre.

    © Lucas NOYELLE, L2 HSI

    Langues et Cultures Antiques, octobre 2011

    Post-scriptum

    BOLDORINI, Maria Grazia, Le Grand Arbre. Geneviève CARPOCINO trad. Paris : Éditions GP Rouge & Or, 1988. Collection Série trois ans. Non-paginé [20], cartonné ; 12×11 cm. ISBN : 2-261-02283-2