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Matilda, c’était un peu mon oxymore

 
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    Petite, je n’aimais pas les histoires de princesses. Petite, je détestais ces jeunes filles un peu sottes qui se laissaient pertinemment berner par le méchant. J’avais une préférence pour les marâtres diaboliques, pour les monstrueuses sorcières ou encore pour les ogresses maléfiques et non pas parce qu’elles étaient malveillantes mais parce que ces femmes étaient décidées et sûres d’elles. Elles avaient un plan, un objectif à atteindre, elles étaient fortes et ambitieuses. Cela me subjuguait, me fascinait. Mais comment faire mes premiers pas dans le monde avec une vision aussi bancale et aussi sombre ? Heureusement, une rencontre allait bouleverser ma vie.

    (GIF)
    © Gallimard-Jeunesse, 2007

    Petite dernière d’une famille de quatre enfants, j’ai dû me battre pour exister, pour trouver ma place. Mes frères et ma sœur ont bien dix ans de plus que moi et cela n’a en rien facilité ma vie d’enfant. Au contraire, je devais perpétuellement me débrouiller seule et malheureusement pour moi, j’étais peu encline à aller vers les autres. Je me réfugiais donc dans la littérature. Je hantais presque ma bibliothèque, j’errais dans les rayons à la recherche d’aventures et d’amis. J’ai ainsi pu faire la connaissance de Charlie et de sa chocolaterie, j’ai pu faire des bêtises aux crochets de Tom-tom et Nana, voyager aux côtés de Gulliver et grandir avec Martine... Mais ma plus belle rencontre, ce fut avec Matilda.

    Je devais avoir sept ou huit ans quand j’ai fait sa connaissance. Comment détester Matilda ? Elle incarnait tout ce qui me manquait. Elle avait la force que je n’avais pas, les pouvoirs que je n’avais pas, l’ingéniosité et la précocité que je n’avais pas. Matilda était une petite fille solide et forte, c’était mon oxymore. Pourtant j’aspirais tant à lui ressembler.

    Elle a guidé mes pas dans les moments difficiles, elle m’a insufflé le goût pour la lecture et m’a donc orientée vers des lectures plus adultes. Elle m’a enseigné ce qu’étaient l’amitié, le partage, la compassion. J’ai eu peur à ses côtés, pleuré à ses côtés et aussi beaucoup ri.

    Matilda, c’était bien plus qu’un roman, bien plus que mon livre préféré, bien plus que mon livre de chevet, c’était une véritable amie.

    © Cathy, Deust 1 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    Octobre 2011

    Post-scriptum

    DAHL, Roald. Matilda. Quentin BLAKE ill. , Henri ROBILLOT trad. Paris : Gallimard-Jeunesse, 2007. 253 p. ; 18 x 13 cm. ISBN 978-2-07-057696-8 (Broché)