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Snoopy & les Peanuts : 1950-52, Charles Schulz

 
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    "Ce bon vieux Charlie Brown... je le déteste !" Le tout premier strip de Snoopy & les Peanuts, cette oeuvre majeure du comic-strip américain issue de la plume de Charles Schulz, sonne comme une bien étrange prémonition. En effet, les aventures de Charlie Brown et de sa bande d’amis auront duré un demi-siècle, et plus de 17,000 strips, dans lesquels le pauvre Charlie Brown a inlassablement mené son éternelle vie d’enfant. Quant à la haine qu’exprime à voix haute Shermie pour son camarade, elle est probablement symptomatique de ce que ressentait Schulz à propos de lui-même, à travers le prisme du personnage de Charlie Brown qui partageait tant de caractéristiques avec son créateur.

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    Charles Schulz était à l’origine réticent à l’idée de republier les premiers strips de Peanuts, jugeant que ses personnages n’étaient pas encore suffisamment définis et aboutis. Fort heureusement pour nous, il a fini par céder, et grand bien lui en prit, car malgré ses hésitations, cette compilation des strips de 1950 à 1952 est tout simplement délectable de bout en bout.

    Il est vrai que cette première période des Peanuts se place tout logiquement dans une optique de vives évolutions : Charlie Brown, Shermie, Violette et Patty sont rapidement rejoints par un chiot qui deviendra avec le temps le Snoopy que nous connaissons, et par Lucy, Linus et Schroeder. Toute cette petite bande va vivre des situations qui, dans des histoires de quatre cases et avec un graphisme minimaliste mais d’une précision extrême (qui fait penser au style des nouvelles de Raymond Carver ou à la musique minimaliste de John Cage), expriment le malaise et l’aliénation que ressentait Schulz vis à vis de la société américaine d’après-guerre, la confrontation d’idéaux avec la dureté de la réalité.

    Ce qui fait la qualité de Peanuts, et a suscité l’admiration tant de pointures de la littérature comme Umberto Eco que d’un public populaire, c’est la sincérité et la simplicité avec lesquelles Schulz distillait ses doutes et ses espoirs dans un univers d’enfant, rendant accessible à tout le monde des raisonnements sur de grandes questions métaphysiques. Parce qu’on rit des mésaventures et des gaffes de Charlie Brown , mais soyons francs, on a aussi un petit pincement au coeur à chaque fois que le sort se retourne contre lui. Et on s’étonne autant qu’on se réjouit de son infinie persévérance.

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    Il n’y a pas grand chose à rajouter, il faut se plonger dedans pour cerner la richesse de l’univers de Schulz, et il ne reste donc à dire que cette réédition par Dargaud des premières aventures des Peanuts est une bénédiction pour les amateurs de strips, qui se délecteront de la qualité de ce tirage mais aussi de l’essai sur et de l’entrevue avec Schulz inclus dans ce très bel ouvrage.

    François-Xavier MORSEAU, Deust 2, décembre 2011

    Post-scriptum

    Schulz, Charles. Snoopy et les Peanuts : 1950-1952. Paris : Dargaud, 2005. 337p. : ill. En noir et blanc ; 18x21 cm. ISBN 978-2205057874 (br.) 29€