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Lettre à mon ravisseur, de Lucy Christopher

 
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    Lucy Christopher nous présente ici un roman, ou plutôt une longue lettre écrite par Gemma pour son ravisseur Ty.
    (JPG)
    © Gallimard jeunesse, 2010

    La couverture suggère bien l’idée d’un endroit isolé de tous le reste, un désert perdu dans du sable rouge. De plus, si on joue avec la lumière on peut voir une silhouette en surbrillance au premier plan à gauche, cette silhouette appartient peut être à Ty, pour le représenter dans l’endroit où il vit.

    Gemma, seize ans est une adolescente ordinaire. Elle va à l’école, a des amis, et se dispute de temps à autre avec ses parents. Lors d’un voyage au Vietnam, elle rencontre Ty, vingt quatre ans et boit un café avec, puis sa vie va basculer. Elle se réveille quelque jours plus tard dans une maison, au milieu du désert, sans rien à l’horizon à part du sable rouge.

    La vision de l’enlèvement

    Dans ce livre, c’est Gemma qui se fait enlever, elle se retrouve donc seule au milieu du désert Australien. Elle se rend tout de suite compte à son réveil que ses parents ne sont pas là et qu’elle est dans un endroit inconnu. Elle est en effet dans une chambre, en petite tenue, encore sous les effets de la drogue. C’est à ce moment que le personnage de Ty réapparait, et qu’on voit que la relation entre les deux protagonistes change. On passe en effet, d’une relation amicale, voire charmeuse à une relation où la peur de Gemma domine. Où trouver la confiance dans une personne qui nous a enlevé ?

    On ne trouve dans ce livre que le point de vue de Gemma qui explique la vision qu’elle a eu de son enlèvement. C’est une lettre destinée à Ty, et on le ressent dès les premières lignes : « C’est toi qui m’as vus en premier. Tu avais une drôle d’expression dans le regard ce jour d’août, à l’aéroport ; on aurait dit que tu voulais quelque chose de moi et que tu le voulais depuis longtemps. [...] Des yeux tellement, tellement bleus, d’un bleu si froid, qui me regardaient, espérant peut- être que je les réchauffe. Ils ont un pouvoir terrible, tes yeux, tu sais, et beaux avec ça. » p.7

    Elle va expliquer comment elle a ressenti et vécu cet enlèvement en commençant par la peur, les tentatives d’évasion, puis la confiance qui finit par arriver petit à petit. On a ici une vision de l’enlèvement au plus proche avec un point de vue interne, celui de la victime. L’écriture, les mots nous font vraiment ressentir ce que Gemma ressent au cours de cet épisode de sa vie.

    Le syndrome de Stockholm

    Le syndrome de Stockholm, est un phénomène psychique qui voit se développer des sentiments amicaux voir amoureux d’une victime d’enlèvement face à son geôlier. C’est un phénomène qui pourrait être du à l’intimité que partage la victime et son ravisseur (source : pause.pquebec.com).

    Ici, Gemma au fur et à mesure de la vie dans le désert, se rend vite compte que la seule personne en qui elle peut avoir confiance après elle est Ty. Ty qui va partager avec elle toute sa vie, lui raconter ses secrets et lui montrer combien il tient à elle. Suite à cela, Gemma va développer une certaine empathie vis-à-vis de Ty, elle va même finir par lui faire confiance. Gemma passe donc de la peur, à la colère, puis à la résignation pour arriver à une certaine affection pour Ty.

    Une fin heureuse ?

    Tout le long du livre on espère une fin heureuse. Mais comment qualifier la fin d’heureuse ? En effet, est-ce que le fait que Ty se fasse arrêter constitue une fin heureuse ou alors, il faut préférée les voir rester ensemble dans le désert ? On ne peut dire, car en fermant le livre, il y a une fin, heureuse ou malheureuse seul le lecteur peut le juger. En fermant le livre, on se pose d’innombrable questions, car on finit par s’attacher au personnage de Ty, qui il ne faut pas l’oublier à quand même enlevé une jeune fille de seize ans et l’a fait vivre avec lui dans le désert. Alors est-on satisfait de cette fin ? Mais en même temps, la possibilité d’une autre fin nous parait incongrue, en effet, rien n’aurait été mieux que cette conclusion là.

    On est aspiré par le récit dès la première page où le point de vue interne de Gemma fascine. On a envie de savoir comment cela se termine, comment elle va survivre à cet acte que personne ne souhaite voir arriver à l’un de ses proches ou à sois même. Il y a une certaine émotion à lire ce livre et à comprendre ce que Gemma ressent envers Ty, l’évolution de ses sentiments. On ne ressent pas le besoin du point de vue de Ty tout le long du récit, car Gemma avec ses émotions nous montre ce que lui ressent en l’observant.

    Ce n’est pas une lecture facile, non pas par le texte, mais par le sujet, Lucy Christopher sait nous tenir tout le long du livre pour que la seule fois où on le lâche c’est quand on l’a fini, et même après la fin du livre, les questions continuent à tourner dans nos têtes. Je conseille ce livre à un public de plus de 14 ans que ce soient filles ou garçons même si je pense qu’il s’adresse à un lectorat féminin.

    © Mélanie DUSAUTOIS, décembre 2011

    DEUST 2 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    Post-scriptum

    CHRISTOPHER, Lucy. Lettre à mon ravisseur. Trad. de Catherine Gibert. Gallimard jeunesse, 2010. 340 p. (Scripto). ISBN 978-2-07-062844-5

    Mots clés : enlèvement, adolescent, syndrome de Stockholm

    Site de l’auteur (en anglais) Le syndrome de Stockholm