Site littérature jeunesse de lille 3

L’arbre sans fin : paysage intérieur

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    (JPG)
    © L’École des loisirs, 1992

    Je ne sais pas à quand remonte ma première lecture de L’arbre sans fin. Le souvenir est flou et bien diffus. Il fait en tout cas partie des premiers livres lus, et des premiers souvenirs associés à ces lectures. D’autres livres sont dans ce cas, Les trois brigands de Tomi Ungerer par exemple, ou encore La fugue de Yvan Pommaux. Tous ces livres ont été très importants dans ma jeunesse, mais L’arbre sans fin a une place particulière parmi eux. Plus que toute autre lecture de cette époque, il m’a accompagné dans mon évolution. Je pense m’y être souvent référé, consciemment ou non.

    Avec le recul, je pense que les premières lectures se concentraient sur l’émotion que procuraient les images, les illustrations en tant que telles ou les images poétiques contenues dans le texte. Plus tard, des lectures ultérieures se sont attachées au récit, aux thèmes développés. Par exemple, celui de la mort de la grand mère et du deuil d’Hippollène et de sa famille. Plus tard est venue la compréhension de l’histoire en elle même, et de certaines touches d’humour dans le texte. Par exemple lorsque Hippollène est à l’intérieur de l’arbre, et « rencontre trois portes qui cherchent aussi la sortie » [1], ou lorsqu’elle « est entourée de miroirs qui se promènent en réfléchissant à voix basse » [2].

    Ces considérations étaient absentes des toutes premières lectures. Celles ci devaient plus être la lecture d’un état d’esprit que d’un texte ou d’un récit. Comme tous les enfants, je pense que je lisais d’abord dans ma tête avant de lire un livre. Le livre était le support d’une émotion contenue en moi mais qui se révélait seulement devant le livre. De ces premières lectures, je retenais qu’une feuille d’arbre pouvait être un monstre, qu’une ombre contre l’écorce d’un arbre devenait un trou et que l’on pouvait alors entrer à l’intérieur de l’arbre, ou encore que l’on pouvait chatouiller une graine et que cela la faisait exploser. L’imagination pouvait alors se déployer, ainsi qu’une certaine identification : j’habitais moi aussi l’arbre sans fin, et à mon tour de me perdre dans l’immensité des branchages et des feuilles. Par l’imagination, par la rêverie.

    Cet album a sans aucun doute favorisé et orienté mon destin de lecteur. Mais plus que cela, il a surtout permis une certaine connaissance de moi-même. Sans mot, connaissance non formulée, mais première attache à certains états d’esprits, à une certaine poésie face au monde que Claude Ponti a si bien su raconter et illustrer. Au fond, quelque chose en moi habite sûrement encore l’arbre sans fin...

    © A.G., DEUST 2 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    décembre 2011.

    Post-scriptum

    PONTI, Claude PONTI. L’arbre sans fin. Paris : L’École des loisirs, 1992. 48 p. : ill. en coul. ; 26 x 32 cm. ISBN : 2 211 061 56 7.

    Mots clés : arbre ; Ponti, Claude

    L’album a été réédité en 2007, toujours chez L’École des loisirs, avec l’ISBN 978-2-211-08673-8.

    Notes de bas de page

    [1] C. Ponti. L’arbre sans fin. p. 27

    [2] ibid. p. 30