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Le baiser de la Subure, de Pierre Grimbert

 
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    Liés à jamais...

    (JPG)
    © Bayard Jeunesse, 2001

    Pour remercier Goderic de lui avoir sauvé la vie, une jeune Subure, Lisi, lui offre le baiser du Partage. Désormais il ressentira toutes les souffrances de cette dernière. Or, Lisi est poursuivie par les guerriers d’élite de son peuple, pour avoir dérobé un dé magique capable de multiplier les objets à l’infini. Goderic n’a donc pas le choix : pour éviter une guerre entre les deux peuples et garder la vie sauve, il doit protéger Lisi et convaincre ses poursuivants de ne pas la jeter au fond du Gouffre...

    Goderic, âgé de quatorze ans, vit avec son oncle Ugo dans une des plus belles régions de Dragonia, La Métairie. Un jour alors que Goderic pêchait, il sauve une jeune Subure, Lisi, être fantastique aux yeux et aux dents de chat, enfermée dans un tonneau à la dérive. En effet, l’eau provoque de graves brûlures à cette peuplade. Pour remerciemen, elle lui donne le baiser du Partage. Dorénavant, toutes les blessures que Lisi ressentira, il les ressentira également. Les voilà liés à jamais... Il la ramène dans son village mais Lisi lui a caché qu’elle est poursuivie par son peuple pour avoir volé un dé à six faces en ivoire capable de multiplier les objets à l’infini, l’Hexahydre, et avoir échappé au jugement des Grands Prêtres qui l’avaient condamnée à être jetée dans le Gouffre.

    Goderic, malgré les objections de Lisi, décide d’aller rendre le dé aux Grands Prêtres, afin d’éviter une nouvelle guerre entre les deux peuples ennemis. Ils prennent donc tous les deux la route en direction de La Frontière-des-Colonnes. Ils doivent certes échapper aux gardiates, des guerriers d’élite Subures, qui les repèrent facilement à l’odeur de Lisi, mais également à l’hostilité des humains. Néanmoins, c’est seulement à la vue des Colonnes parfaitement identiques que Goderic comprend qu’il ne peut que mourir pour avoir découvert le secret de l’Hexahydre. " Dans un éclair, Goderic eut une vision du passé. Les Grands prêtres des Subures, multipliant les rochers en remerciant leur dieu. Des centaines de manœuvres aux yeux fendus s’occupant de les mettre en place. Et les terribles gardiates patrouillant alentour pour massacrer tous les témoins de la scène. Les premières légendes répandues sur leur compte. Les premières guerres entre les deux peuples " (p. 96).

    Désormais au cœur du royaume Subure, le danger est de plus en plus grand. Tétanisée par la peur, Lisi avoue à Goderic que le partage ne peut en aucun cas être brisé et que c’est l’amour qui l’a envahi dès leur première rencontre qui l’a poussé à l’embrasser. Les larmes qui coulent sur son visage à ce moment-là révèle son côté humain (son grand-père était humain) et efface petit à petit son odeur de Subure. Face aux Grands Prêtres Goderic prétend avoir cacher l’Hexahydre sous une pierre carrée dans le royaume Subure après s’être dédoublé en cinq grâce au dé. Ses sosies parcourraient actuellement la Dragonia pour diffuser leur secret. S’ils les laissent partir en paix, il s’engage à retrouver ses doubles et à les exterminer. Les grands prêtres acceptent le marché. Le stratagème fonctionne, Lisi et Goderic repartent pour la Métairie ensemble, plus que jamais amoureux et enrichis d’un dé en ivoire à six faces que Goderic a copié pendant la nuit...

    Quête d’idéal...

    Pour toile de fond la tolérance, ce roman met en scène deux êtres issus de deux peuples ennemis : Goderic, un Humain et Lisi, une Subure. Ainsi si les livres d’Héroïc-Fantasy sont généralement destinés aux garçons, Pierre Grimbert dans Le baiser de la Subure réconcilie les filles avec ce genre littéraire : l’héroïne est entreprenante, ensorcelante, intrépide, effrontée, malicieuse, belle et amoureuse. Sa physionomie étrange : canines de vampires, cheveux noirs de jais, larges oreilles, peau pâle, yeux de chat, la rend d’autant plus énigmatique et attachante. Quant aux garçons ils peuvent s’identifier à Goderic, garçon au fort caractère qui n’hésite pas à franchir la Frontière-de-Colonnes pour éviter une guerre et sauver la vie de son amie. L’incompréhension de Goderic devant la personnalité de Lisi et son amour naissant pour la jolie créature, rappelleront sans doute des souvenirs à de nombreux adolescents !

    Outre les histoires de cœur de nos deux amis, se dessinent tout au long du roman deux mondes (le pays des Humains, Dragonia et le royaume des Subures séparés par la Frontière-des-Colonnes) avec des systèmes sociaux et politiques différents (le chef du village La Métairie pour les Humains et la toute puissance des Grands Prêtres chez les Subures). Pour avoir bravé la loi Subure, Lisi est condamnée à être jetée dans le Gouffre comme une meurtrière. Etre singulier, à cause de ses origines humaines (son grand-père était humain, c’est pourquoi toute sa lignée est désormais méprisée), Lisi est mal insérée dans la société où elle vit et à laquelle elle ne réussit pas à se conformer : elle ne supporte pas de vivre enfermée dans une caverne au milieu du désert, elle veut contempler le ciel bleu et respirer l’air pur de la Métairie. Etre solitaire, elle trouve en Goderic la sincérité et la tendresse qu’elle n’a jamais rencontrée parmi les siens. Le Partage lui permet de garder Goderic près d’elle toute sa vie. Bien sûr, la psychologie des personnages n’est pas très fouillée, comment le pourrait-elle en seulement 123 pages, et le lecteur se doute que les héros vont s’en sortir à la fin et s’aimer. Ce produit est malgré cela agréable à parcourir, mais sans une lecture attentive : la révolte de ces deux attendrissants héros contre les idées reçues (légendes autour du peuple des Subures : ils tueraient les humains pour leur sucer la cervelle, ils mangeraient les bébés...) et leur lutte contre l’injustice (rejet de Lisi par les habitants de la Métairie et châtiment attribué à l’héroïne par les Grands Prêtres), qui leur permettent de se découvrir et de tendre à la construction de leur personnalité, nous échappent et seule l’histoire d’amour nous saute aux yeux.

    Toutefois nous ne serions pas dans un roman d’Héroïc-Fantasy si un changement mystérieux, magique voire surnaturel ne s’opérait pas en cette incroyable créature qu’est Lisi et si Goderic n’était pas entraîné dans une dangereuse quête. Lisi va donc réussir à perdre son odeur de Subure, grâce à l’eau, le pire ennemi de son peuple. En effet, l’amour qu’elle porte pour Goderic va faire ressurgir ses origines humaines : elle va pleurer. Ses larmes vont permettre d’effacer son odeur et lui donner une chance de vivre heureuse auprès de celui qu’elle aime. Goderic quant à lui, il va être amené à quitter la Métairie pour sauver son peuple d’une guerre certaine contre les Subures en ramenant l’Hexahydre aux Grands Prêtres et en les dupant pour garder la vie sauve.

    Roman facile d’accès pour les collégiens (chapitres courts et écriture lisible), il est un premier pas vers le genre Héroïc-Fantasy et peut plaire, je pense, aux filles comme aux garçons.

    Charline Collet (avril 2002)


    Pour ou contre les subures ?

    Avis d’autres lecteurs

    Un baiser... empoisonné. Une histoire d’amour dans un monde fantastique où nos héros sont pourchassés par d’étranges subures... tout un programme...

    Godéric sauve Lisi d’une mort certaine. Comme remerciement, elle lui donne le baiser du partage : ils ressentiront les souffrances de l’autre. Ils sont donc devenus inséparables et doivent se protéger l’un l’autre. Quel cadeau ! D’autant plus que Lisi est menteuse, capricieuse, voleuse... et subure...

    Le Baiser de la Subure a été pour moi un baptême dans le monde de la Fantasy. D’abord réticente à cet univers, je suis entrée, grâce à Pierre Grimbert, dans un monde coupé en deux : peuplé d’humains d’une part et de subures - êtres merveilleux, aux oreilles pointues, craignant l’eau... mais ayant beaucoup de ressemblances avec nous - d’autre part. Et j’en suis ressortie enchantée et avec une seule envie ; replonger dans un autre univers de Fantasy.

    Bref, à tous les hésitants, à tous ceux qui ne connaissent pas la Fantasy, n’hésitez plus ! Pour les autres, je crois qu’ils ne sont plus à convaincre... Alors bonne lecture !

    Laetitia Patin (04/2002)

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    Je vote contre les Subures, qui sont visiblement des êtres malfaisants envers la race humaine qui s’en méfie d’ailleurs comme de la peste. C’est d’ailleurs la première réaction du jeune héros qui menait une vie bien calme et tranquille au bord de son étang avant de croiser le chemin de Lisi, moitié-subure moitié humaine. Le baiser qu’ils échangent alors, ou plutôt qu’elle lui impose, même s’il est agréable sur l’instant, lie le jeune garçon au destin de cette étrange fille, insupportable et déroutante. A plusieurs reprises, on se dit que le plaisir fugace d’un baiser ne compense pas tant de déboires futurs ! En effet, Goderic est désormais obligé de protéger cette jeune créature car il subit, dés l’échange du fatal baiser, toutes les douleurs physiques qu’elle peut être amenée à ressentir. Ce baiser du partage parait bien injuste et entraine les deux enfants (car ils n’ont que 14 ans) dans un tourbillon d’aventures plus subies que gérées et dont je suis ressortie sceptique et insatisfaite. Pas plus que Goderic, je ne suis tentée par la rencontre avec un subure. Malgré tout, il se dégage de ce livre une leçon de tolérance et d’humanité indéniable qu’il ne faut pas négliger par les temps qui courent ! Dommage que les efforts pour résoudre et aplanir les difficultés soient toujours faits par le héros et non par celle qui déclenche le cataclysme. Il faut assumer ses bétises, non ? Ce baiser du partage échangé au début de l’histoire me paraît trop à sens unique... Et j’en arrive à plaindre ce jeune homme qui a l’imprudence de tomber amoureux d’une jeune égoïste, il se réserve bien d’autres désillusions !

    Anne Dassonville (05/2002)


    Vos analyses m’ont donné envie de lire Le Baiser de la Subure et je ne suis pas déçue. L’histoire est tout à fait sympathique et les héros bien campés. Je reconnais que c’est un peu sommaire mais bien écrit et cela permettra d’offrir une gamme de romans de différents niveaux dans un genre nouveau pour l’édition jeunesse. Du même auteur, j’avais lu aussi La Reine des Amazones. Le roman possédait les mêmes qualités - court, simple et bien écrit - mais l’intrigue était moins attachante.

    Annick Briois (05/2002)

    Post-scriptum

    GRIMBERT, Pierre. Le baiser de la subure. Illustrations Laurent Miny. Bayard Jeunesse, 2001. 128 p. : illustrations en noir et blanc ; 18 x 13 cm. (Les mondes imaginaires, n° 206). ISBN 10 2-227-06802-7 Broché 5,80 €

    Mots-clés : Fantasy / amour / être imaginaire, aventure, amitié, différence, guerre, convoitise