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Arthur Rackham, l’enchanteur bien-aimé, par James Hamilton

 
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    Avant que l’on ne me propose d’étudier cet ouvrage, je n’avais jamais entendu parler d’Arthur Rackham. Grave lacune ! tant certaines de ses œuvres méritent, osons le dire, autant d’attention que celles de Blake, de Schiele, de Hopper ou bien sûr de Gustave Doré duquel on le rapproche inévitablement, mais pour mieux l’en différencier...
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    James Hamilton s’en excuse presque dans l’introduction : il est véritablement obsédé par Rackham. Le souci d’exhaustivité de son livre, en tout cas, en témoigne. Sur la forme, rien à redire. Les éditions Corentin ont fait du bon boulot. Magnifique emballage, des illustrations abondantes, dont beaucoup en pleine page, qui servent à la perfection cette biographie extrêmement détaillée. Les détails biographiques ne manquent pas, c’en est presque trop ! On en apprend même beaucoup sur le père, sur la famille, sur tout l’entourage d’Arthur Rackham...

    On peut cependant un poil regretter que cela soit un peu au détriment d’une analyse stylistique plus approfondie... qu’Hamilton n’épouse pas suffisamment un point de vue macro, qu’il ne contextualise pas plus l’œuvre de Rackham dans son époque artistique, pourtant ô combien bouillonnante. Mais soit, l’ouvrage est très documenté, à un tel point que ça force le respect. L’intérêt principal du livre, comme de la vie de Rackham en elle-même d’ailleurs, ce sont avant tout les illustrations. Et là, on est gâté !

    Né à Londres en 1867 dans une famille nombreuse (douze marmots tout de même !) mais pas forcement miséreuse, le petit Arthur croque très vite tout ce qu’il voit : sa famille, son jardin, les pays qu’il visite... Étape par étape, il réussira une brillante carrière glanant des prix prestigieux au fil des ans (médailles d’or aux expositions universelles de Milan 1906 et Barcelone 1911...), des expositions dans des lieux mythiques (la Royal Academy dés 1888, le Louvre en 1914...) et un titre honorifique de master of Art Worker’s Guild en 1919. Derrière son apparence austère et conservatrice, réticent face au progrès, notamment face à l’émergence de la photographie qui a mis fin à son activité dans les journaux (comme quoi certains débats liés à la modernité refont régulièrement surface sous différentes formes) on découvre un artiste pictural quasi complet.

    Mystère et onirisme

    Entre les aquarelles sous l’influence impressionniste de ses débuts, les différents portraits de ses proches qu’il effectuera tout au long de sa vie et surtout à travers son travail d’illustrateur si reconnaissable - grâce à une technique de dessin toute personnelle - et si reconnue, on voit que l’on a affaire à un artiste important. Ses illustrations toujours empreintes de mystère et d’un onirisme inquiétant furent mise au service d’œuvres de Shakespeare (Le songe d’une nuit d’été en 1908, La Tempête en 1926), de AL Hayden (Le roman du roi Arthur en 1905), d’Edgar Allan Poe (Nouvelles histoires extraordinaires en 1935) et même de Richard Wagner (L’or du Rhin et La Valkyrie en 1911).

    Un art lugubre et fascinant

    Mais c’est surtout avec ses illustrations de contes pour enfant que le côté lugubre et fascinant de son art prend paradoxalement tout son sens. Avec Rip van Winkle (1905) par lequel le succès arriva, avec sa version d’Alice au pays des merveilles en 1907 rompant avec les traditionnels dessins de John Tenniel, avec les Contes des frères Grimm ou ceux d’Andersen ou bien encore avec Peer Gynt d’Ibsen (1936), les aspects sombres des récits pour enfant (que l’on a tendance a éluder aujourd’hui, effets pervers des adaptations Disney ?) étaient parfaitement mis en exergue par ses dessins... Bref une production riche tant par sa quantité que par sa qualité.

    Le livre de Hamilton est idéal pour quiconque voudrait (re)découvrir Arthur Rackham qu’il soit néophyte ou non. Outre les informations biographiques très précises, on trouve ici moult dessins privés, brouillons, esquisses etc. qui permettent de mieux comprendre la manière de travailler de l’artiste anglais. De toute façon ce type est cité comme « influence » par Guillermo Del Toro, il ne mérite donc que le plus grand intérêt.

    M.R.

    Deust 2 métiers des bibliothèques et de la Documentation Idist, 11/01/2012

    Post-scriptum

    HAMILTON, James. Arthur Rackham : l’enchanteur bien-aimé. Texte de James Hamilton, traduit de l’anglais par Marie Paule Page. Pau (Pyrénées-Atlantiques) : Corentin, mai 2011. Nouv. éd. 1 vol. 199 p. : illustrations en noir et en couleur ; relié avec sa jaquette au format + glossaire et bibliographie sélective ; 31 x 23,5 cm. 29,50 €.

    ISBN 978-2-909771-46-5 Le site des Éditions Corentin

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