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Sombres citrouilles, les cucurbitacées de mon enfance

 
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    Lorsque j’étais petite, il n’y avait ni ordinateur ni télévision à la maison. Afin de me distraire, mes parents me lisaient des quantités de livres. Ce furent d’abord des albums illustrés, puis des contes, et enfin de petits romans qui ont éveillé mon attrait pour les belles histoires. Dès que j’ai été en mesure de lire par moi-même, j’ai pris l’habitude d’emprunter des livres à la bibliothèque. Chaque mercredi matin, je me précipitais entre les rayonnages afin de choisir de nouveaux romans. Je lisais de tout, mais j’avais cependant mes petites préférences.

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    © L’École des loisirs, 1999

    La collection Médium de L’École des loisirs a bercé mon enfance et j’en ai gardé nombre de souvenirs émus. Il n’est pas rare que je replonge avec nostalgie dans ces romans de ma jeunesse. L’un d’eux, intitulé Sombres citrouilles, a été pour moi une lecture décisive. Ma rencontre avec son auteur, Malika Ferdjoukh, a marqué une étape importante de mon apprentissage littéraire et aujourd’hui encore, elle reste l’un de mes écrivains fétiches.

    C’était l’histoire d’un meurtre, mais c’était également une histoire d’amour, de mensonges, de secrets de famille. Le roman s’articulait autour de plusieurs personnages qui, chacun à leur tour, allaient endosser le rôle de narrateur. Cette pluralité des voix narratives me plaisait énormément, car elle donnait à voir une seule et même histoire sous des angles différents. De plus, la diversité des personnalités, des âges, des opinions de ces multiples personnages me permettait de m’identifier tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Au fur et à mesure que je grandissais, ma compréhension du livre évoluait, mais je ne cessais pas de l’adorer. Je devais avoir huit ans quand je l’ai découvert, mais je l’ai si souvent lu par la suite que je ne saurais dire avec exactitude ce que j’en ai pensé à ma première lecture. L’impression générale que j’ai conservée est celle d’une intrigue complexe et émouvante. L’atmosphère du roman, relativement sombre, a contribué à me charmer.

    L’intrigue se déroulait à la Collinière, une grande demeure familiale cerclée de forêts et d’étangs. Toute la famille s’était réunie afin de fêter l’anniversaire de Papigrand, qui avait lieu le jour même de Halloween. Alors qu’ils allaient chercher des citrouilles dans le potager, les enfants découvraient un cadavre gisant au milieu des feuilles mortes. Terrifiés à l’idée de gâcher la fête, ils décidaient de le dissimuler. Deux adolescents allaient alors mener l’enquête afin de découvrir qui était le meurtrier.

    Ce roman est sans doute le premier polar que j’ai pu lire. Je me souviens d’avoir passé des journées entières à le dévorer, savourant à chaque fois, avec un plaisir toujours renouvelé, l’écriture troublante de justesse, d’émotion, mais surtout pleine d’humanité, de Malika Ferdjoukh. Je lui dois certainement mon goût pour le suspense et, d’une certaine façon, mon amour de la littérature.

    © Alice, L3 Lettres modernes, février 2012

    Post-scriptum

    Références bibliographiques

    FERDJOUKH, Malika. Sombres citrouilles. Photographie de Dan Sherwood. Paris : L’École des loisirs, 1999. 19 x 13 cm. (Medium). (broché) ISBN 10 2-211-04851-X