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Mes propres contes de fées

ou comment je n’en suis jamais vraiment sortie...
 
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    - Je te lis une histoire ce soir ?

    - Non, je veux regarder les images.

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    © Nathan, 1994

    J’ai appris à lire assez tôt, vers cinq ou six ans, et à partir de ce moment-là, j’ai lu tout ce qui me tombait sous la main. Je lisais à haute voix les journaux, les livres de botanique trouvés dans la bibliothèque du salon, et même les panneaux publicitaires.

    Quelque temps après mon entrée en primaire, mes parents m’ont offert mon premier album illustré. C’était un simple recueil de contes dits traditionnels ou classiques, mais la différences était de taille en comparaison de tous ceux que j’avais pu lire jusque là : LES ILLUSTRATIONS.

    J’avais bien sûr déjà lu des livres de contes et pour cause, on en trouvait à la pelle dans les bacs de la BCD de l’école. De gros ouvrages aux images criardes et chamarrées ou bien de tous petits albums souples dont on me disait qu’ils étaient destinés aux maternelles. « Pourquoi aux maternelles ? me demandais-je. Ce sont ceux-là les plus jolis. »

    On m’avait répondu qu’il y avait très peu de texte, et que moi, en tant que "grande de CP", je devrais choisir les livres plus fournis en écriture. Mais ce livre-là comportait beaucoup de texte, aussi me sentais-je un peu moins coupable de le lire.

    Même si je nourrissais une passion dévorante pour l’écrit, j’avais été littéralement scotchée par les images du livre car des pages entières y étaient consacrées. Il ne s’agissait plus de personnages seuls s’agitant sur un fond blanc entre deux paragraphes mais de vignettes riches, aux décors travaillés et pleines d’un millier de petits détails que je pouvais passer des heures à observer, à retrouver, à redessiner du bout des doigts. Ensuite j’ai commencé à les dessiner pour de vrai, en les recopiant consciencieusement sur une feuille de papier. J’ai changé de sujets, de décors, de technique, mais je n’ai jamais vraiment arrêté depuis.

    Il y avait dans ce livre une grande illustration par conte ainsi que d’autres, plus petites, se glissant entre les lignes du texte. Chacune me semblait un trésor de perfection et de rêve, et je les aimais d’autant plus qu’elles étaient réalistes et qu’elles restaient fidèlement attachées au texte qui les accompagnait.

    J’aimais les décors, les personnages et leurs costumes, les traits fins et précis, et surtout, SURTOUT l’idée que je pourrais me glisser dans l’image et me promener dans les forêts ou les parcs sans y paraître décalée pour autant. Tous les personnages qui y vivaient semblaient après tout si réels qu’ils auraient pu surgir dans ma chambre sans que cela m’étonne plus que ça.

    Je ne sais combien de fois je l’ai relu, feuilleté, regardé, toujours est-il qu’au bout d’un moment, je connaissais le texte quasiment par cœur mais les images, jamais. Il y avait toujours un détail que je découvrais : le motif dessiné sur un coffre, une souris cachée dans un coin... Puis avec le temps, je l’ai laissé de plus en plus souvent sur son étagère, jamais très loin, mais supplanté par d’épais romans la plupart du temps fantastiques.

    (JPG)
    © Nathan, 1994
    Illustration intérieure de Carol Lawson

    Ce n’est que très récemment que je suis retombée dessus, que j’ai feuilleté de nouveau avec tendresse ces images. Sur l’une d’entre elles, je suis tombée sur de petites initiales dessinées sur le mur derrière Raiponce. « CL » Bien sûr, Carol Lawson. Bien sûr que quelqu’un avait imaginé, pensé, dessiné tout cela, évidemment, mais cela ne m’a traversé l’esprit que des années plus tard.

    J’ai alors fait des recherches sur Carol Lawson, puis de fil en aiguille, sur d’autres illustrateurs. J’ai découvert Beatrix Potter, Quentin Blake qui se promenait entre les pages des livres de Roald Dahl, Pauline Baynes et d’autres encore, avant qu’une autre révélation ne me tombe sur la tête : c’était un métier d’illustrer des livres. Un vrai métier, sauf qu’on faisait des livres, ce qui pour moi n’avait pas vraiment de sens puisque je ne concevais pas que cela puisse être contraignant en quoi que ce soit que de créer ces petits bouts de rêve. Illustratrice... Ca va faire deux ans que j’y pense maintenant, deux ans que je recrée des histoires et des personnages en remplissant frénétiquement les pages de mes carnets de croquis.

    Il est peut-être temps maintenant de me jeter à l’eau et d’écrire Mes Contes...

    © K.B., L2 Culture et Médias, 21 mars 2012.

    Post-scriptum

    CRESSWELL, Helen, LAWSON Carol ill. Mes Contes de Fées. Catherine JARDIN trad. Paris : Nathan, 1994. 62 p. : ill. en coul. ; 24 x 24 cm. ISBN:2.7242.6030.9