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Oscar, une leçon de vie...

 
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    Un livre a changé ma façon de voir les choses et l’expression n’est pas exagérée, loin de là. En effet, Oscar et la dame Rose d’Éric-Emmanuel Schmitt m’a donné une véritable leçon de vie !
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    © Albin Michel, 2002

    J’avais environ treize ans quand j’ai découvert ce livre. Durant mon année de 4ème, nous l’avons étudié en Français dans le cadre de l’étude du genre épistolaire.

    Je me souviens d’emblée la réaction que j’avais eue en lisant le résumé : « Ah ! un livre qui parle de maladies ? On ne va pas rire tous les jours. » J’avais dit ces mots avec une telle innocence que je n’aurais jamais pensé qu’il m’aurait autant bouleversée .

    Oscar le personnage principal, appelé aussi crâne d’œuf, était hospitalisé à cause de son cancer. Il n’avait que dix ans et pourtant j’avais l’impression qu’il savait tout de la vie. Il se voyait sans arrêt comme un malade qui ne « faisait plus plaisir ». À plusieurs reprises, il mentionnait : « Depuis ma greffe osseuse, je sens bien que je ne fais plus plaisir. Quand le docteur Dusseldorf m’examine le matin, le cœur n’y est plus, je le déçois. Il me regarde sans rien dire comme si j’avais fait une erreur... J’ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine, c’est formidable. »

    Rien que ces quelques phrases m’avaient chamboulée à l’époque. Je me demandais et je me demande encore, comment un petit garçon de dix ans à peine pouvait être aussi lucide, aussi réaliste dans ses propos.

    Le fait de repenser à ce petit garçon fictif me donne encore des frissons.

    Dix ans ... À dix ans chaque enfant est sensé jouer, profiter, s’amuser. Le cours des choses ne veut pas qu’à dix ans l’on fréquente les hôpitaux et que l’on pense à la mort. Dans le récit, Oscar savait qu’il allait mourir et en « petit homme » qu’il était, il ne supportait pas que ses propres parents ainsi que les médecins lui mentent sur sa santé.

    Il était le seul à appréhender l’avenir sans cachotteries. Ce sentiment persistant était présent en lui jusqu’à l’arrivée de Mamie Rose, une grand-mère bénévole pour les grands malades. En Mamie Rose, il trouvait une confidente, une amie. Elle incarnait le rêve dans ce milieu fait de scanner, d’IRM et de chimiothérapie. Pour redonner le sourire à Oscar, elle avait inventé tout un monde. Elle n’était plus Mamie Rose mais l’Étrangleuse du Languedoc ! Ce qui avait le don de me subjuger aussi dans ce livre c’était ce rapport à la religion si mystique, mais si attachant, à la fois. Elle avait convaincu Oscar d’écrire à Dieu afin de lui dire quotidiennement ce qu’il pensait, ce qu’il faisait. Le petit garçon qui prenait ça pour un jeu avait fini par prendre goût à cette « correspondance ». On passait d’un Oscar athée, à un Oscar inquiet qui avait trouvé un réconfort et une stabilité auprès de Dieu.

    Oscar a vraiment été pour moi un exemple à suivre face à la maladie. Un zeste d’humilité, de réalisme, de courage, avec une force inimaginable pour un enfant de cet âge. Je me souviens encore de la réaction de ma grand-mère quand je lui avais fait lire ce livre car il n’est pas destiné qu’aux enfants. Elle avait eu les larmes aux yeux et elle m’avait dit : « Tu sais Laura, le courage est une grande qualité à notre époque. Souviens-toi toujours du comportement de ce petit garçon dans n’importe quelle situation. Ne baisse jamais les bras, marche la tête haute et peu importe ce qui t’attend : Donne ton sourire, c’est ton plus beau cadeau d’amour ! »

    Oscar, un livre qui n’est pas destiné qu’aux petits. Oscar... un petit garçon qui a changé ma vie et qui peut changer la vôtre.

    © Laura, L1 Lettres Modernes, mars 2012

    Post-scriptum

    SCHMITT Éric-Emmanuel. Oscar et la dame Rose. Marcelino TRUONG ill. Albin Michel, 2002. 21 x 13 cm. ISBN : 2-226-13502-2

    Mots clefs : Oscar, maladie, hôpital, courage.

    Lire aussi sur Lille3jeunesse la critique du roman par Gaëtan