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La représentation des bibliothèques en littérature jeunesse (mini thèse)

 
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    Mots-clés

    INTRODUCTION

    Malgré les actions culturelles, les animations et l’ouverture des lieux pour créer un espace chaleureux et accueillant, la bibliothèque ne parvient toujours pas à se débarrasser des clichés d’un lieu austère, aux livres poussiéreux, accompagnée de la bibliothécaire stricte à lunette et chignon, réclamant le silence.

    Quand on me demandait quel métier je voulais faire et que je répondais sans la moindre hésitation « bibliothécaire ! » mes camarades de collège me disaient « Quoi ? Mais tu vas t’ennuyer ! C’est nul ! ». Il n’est pas difficile de comprendre que c’est un métier qui n’attire pas du tout les adolescents d’aujourd’hui. Ainsi, je me suis interrogée sur la représentation des bibliothèques dans les livres destinés à la jeunesse. Je verrai dans un premier temps le désintérêt porté sur ce lieu par les héros des trois livres que j’ai lus, puis son côté mystérieux en finissant par la bibliothèque qui est par excellence, le lieu de l’imagination.

    I) Des personnages portant un désintérêt total pour la bibliothèque

    (JPG) Tout d’abord, je vais m’intéresser aux personnages principaux qui sont les héros des œuvres énumérée en bibliographie. Ce sont des enfants d’environ 9 ans, âge similaire à celui du lecteur pour lequel cet ouvrage est destiné. Ils dédaignent l’école, vont s’endormir sur la table de cours comme par exemple dans La bibliothécaire de Gudule. Ils ne collectionnent pas les bonnes notes et sont ce que l’on peut qualifier de mauvais élèves. Actuellement, la mode n’est pas d’être le premier de la classe. L’adolescent d’aujourd’hui peut donc facilement s’identifier et ça lui donne, d’ores et déjà, l’envie de savoir la suite. Mais ce qui ressort encore plus reste le désintérêt de la lecture.

    En effet, ce qui est traduit et clairement exprimé, c’est un rejet total de la lecture qui est décrite clairement par cette phrase de Xavier Armange, auteur de Le prisonnier de la bibliothèque : « allez à la bibliothèque, c’est to-ta-le-ment i-nu-ti-le ! ». Les auteurs sont vieux ou décédés. Les mordus de lecture passent pour bizarres ou pour des intellos. Ces personnages préfèrent sortir avec leur copain ou jouer aux jeux vidéo. La seule lecture qui leur semblent correcte, reste encore la bande dessinée. On prévient même le lecteur du danger de la lecture dans l’avertissement de ce même livre, que lorsqu’on le commence, on ne peut plus s’arrêter. Ceci crée une incitation pour le lecteur à poursuivre puis montrer à l’auteur qu’il ne se fera pas vaincre par un simple livre. Mais la lecture n’est pas la seule image négative décrite part les personnages, celle des lieux en souffrent également.

    Effectivement, la vision de la bibliothèque est décrite comme ennuyeuse. On n’y entre que parce qu’on est contraint et forcé par des événements extérieurs. C’est une corvée ou une obligation. Ce n’est pas une volonté qui vient du personnage en soi. On le fait pour quelqu’un comme dans l’œuvre de Ben Kemoun, pour suivre quelqu’un en référence à La bibliothécaire ou parce qu’une force incompréhensible nous y amène avec Le prisonnier de la bibliothèque. Ainsi, les personnages ne connaissent pas ces lieux et dès qu’ils y entrent, c’est la découverte d’un lieu fort mystérieux.

    II) Un lieu mystérieux

    (JPG) Lorsque que les personnages entrent à la bibliothèque, ils rencontrent un lieu où règne le livre dans tous ses états. On y voit pour tous un nombre incalculable de livres de toutes sortes et Gudule emploie même le terme « sanctuaire » pour désigner les lieux. Ceci ressort parfaitement sur la couverture de cet ouvrage avec des piles phénoménales de livres sur des étagères qui entourent de part et d’autre la bibliothécaire se trouvant en son centre. Dans les deux autres romans, on trouve une architecture un peu plus moderne mais qui renferme elle aussi de nombreux livres qui n’attendent qu’à révéler leur histoire. Mais ce qui ajoute au mystère, c’est l’intrusion des personnages dans la bibliothèque.

    En effet, l’entrée dans la bibliothèque, que ce soit pour l’histoire de Gudule ou celle de Ben Kemoun, se fait par l’intrusion. La bibliothèque est fermée et dans ce dernier, on s’y glisse par la fenêtre entr’ouverte des toilettes, alors que dans La bibliothécaire on y entre en pleine nuit par une petite porte mal fermée. On pourrait croire qu’avec Le prisonnier de la bibliothèque tout se passe normalement jusqu’au moment où il se retrouve malencontreusement enfermé dans les lieux à sa sortie des toilettes et sa présence devient donc illégale. Il faut croire que la bibliothèque est beaucoup plus intéressante lorsque les lieux sont fermés au public et que les bibliothécaires sont absents. Mais ceci donne une ambiance fort inquiétante.

    Effectivement, la bibliothèque renvoie une ambiance effrayante lorsque leurs responsables ne sont pas présents. On y trouve un silence encore plus pesant. Rien n’est fait pour nous tenir en vie comme dans Le prisonnier de la bibliothèque. Seule ici se trouve la nourriture de l’esprit et de l’imaginaire. Le moindre bruit paraît anormal et effrayant comme avec la présence du gardien de La bibliothécaire qui apparaît sur la couverture comme suspect. Mais on y rencontre aussi des personnages littéraires bien étranges avec le doute planant entre fiction et réalité.

    III) Le lieu de l’imagination

    (JPG) Le héros du Prisonnier de la bibliothèque, rencontre des fantômes dans la bibliothèque et ses souterrains. Mais pas n’importe quels fantômes, ce sont les esprits des grands écrivains décédés qui errent de bibliothèque en bibliothèque. Nous y trouvons Rousseau, Boris Vian, Nathalie Sarrault ou encore Agatha Christie. Ces personnes célèbres qui sont étudiées pour certaines de manière très scolaire, permettent une rencontre avec les auteurs en soi. Grâce aux chamaillerie, rivalités et passions, ils sont humanisés et donnent au lecteur l’impression de vraiment faire leur connaissance. Sachant que ce sont les auteurs eux-mêmes qui parlent de leur écrits, le personnage peut analyser leurs textes de manière distractive. Mais ce ne sont pas les seules rencontres extraordinaires qu’il soit.

    Effectivement, en entrant dans la bibliothèque de La bibliothécaire de Gudule, il suffit au personnage d’ouvrir un livre pour plonger dans l’histoire. Il vit pour de vrai le récit de la révolution à celle de Poil de carotte. Dans N’allez jamais à la bibliothèque pour la fille que vous aimez, la bibliothèque se change carrément en jungle avec la barrière de l’escalier qui se transforme en serpent. Un torrent d’eau se déverse rempli de sangsues et autres créatures dangereuses qui font que le personnage est réellement meurtri physiquement. Il vit pleinement l’histoire du volume un des Aventuriers de la Haute Île en allant chercher le tome deux. Il faut donc lire les collections dans l’ordre au risque de passer à coté de quelque chose. La couverture du livre illustre parfaitement les rencontres dangereuses que fait le garçon emporté par les vagues avec sur la droite, une étagère remplie de livres qui rappelle que toute cette aventure se passe au cœur même de la bibliothèque. On pourrait s’imaginer que le danger que représente la lecture par le biais d’histoire qui ont une incidence sur la réalité, forceraient le lecteur à prendre la fuite. Cependant c’est l’inverse qui se produit.

    Cette aventure vécue par les personnages est une véritable réconciliation avec la lecture. On a une évolution influencée par des auteurs célèbres comme dans Le prisonnier de la bibliothèque, où les émotions fortes vécues en plongeant au cœur de l’histoire de la bibliothèque de Gudule ou de Xavier Armange. Il se crée en eux la curiosité, l’envie de découvrir d’autres histoires pour leurs connaissances personnelles mais aussi pour que l’aventure extraordinaire qu’ils ont vécues ne s’arrête pas ou leur fasse revivre d’autres histoires. On peut ajouter que lire un livre en commun avec une autre personne permet un véritable échange entre les individus comme dans l’œuvre de ce dernier, qui rapproche Hugo de Garance par le biais du livre et de son histoire. C’est avec plaisir que tous décident de revenir à la bibliothèque qui est devenue un lieu extraordinaire où l’imagination est reine.

    CONCLUSION

    Ce sont l’atmosphère, le lieu, les livres et probablement la magie de l’imaginaire qui arrivent à convaincre le personnage de s’intéresser à la lecture. Le bibliothécaire n’apparaît que pour enseigner le fonctionnement de la bibliothèque avec les notions d’inscription, de gratuité, d’emprunt et de classement. Il n’est jamais présent lorsque les personnages pénètrent dans les lieux. Alors la bibliothèque se suffit à elle seule. Ainsi nous pourrions ouvrir notre sujet en s’interrogeant sur le rôle du bibliothécaire.

    Anne-Claire TITEUX, janvier 2011

    Deust Métiers des bibliothèques et de la documentation

    Post-scriptum

    Bibliographie

    ARMANGE, Xavier. Le prisonnier de la bibliothèque. Xavier ARMANGE. Château d’Olonne : éd. D’Orbestier, 1996. 126 p. ; 17 x 12 cm. ISBN 2-84238-004-5

    Victor est un jeune garçon qui ne porte pas les livres dans son cœur. Mais alors qu’une force irrésistible l’attire dans l’établissement, en sortant des toilettes il se rend compte qu’il est enfermé dans la bibliothèque pour le reste du weekend. Que va-t-il devenir ? La question de sa survie l’oppresse alors que du fond des souterrains, des bruits et des apparitions étranges vont changer sa vie. À partir de 9 ans.

    GUDULE. La bibliothécaire. Christophe DURUAL. Paris : Hachette jeunesse, 2005. 187 p. ; 17,8 x 12,5 cm. ISBN 2.01.321865.6

    Guillaume est un jeune collégien qui ne collectionne pas les bonnes notes à l’école. La nuit, il veille pour observer la vielle dame qui écrit sur son bureau et une mystérieuse jeune fille apparaît. Obsédé par la demoiselle, il décide de la poursuivre et apprend qu’elle recherche un grimoire magique au dans la bibliothèque. C’est avec son ami Doudou qu’il entreprend de l’aider et se retrouve emporté dans le monde de l’imaginaire, au cœur des livres.

    BEN KEMOUN, Hubert. N’allez jamais à la bibliothèque pour plaire à la fille dont vous êtes amoureux. Dominique PEYSSON Paris : éd. Poket jeunesse, 2005. ISBN 2-266-14222-4

    Hugo est terriblement épris de Garance, une lectrice affranchie. Prêt à tout pour lui plaire, il accepte d’aller lui chercher le livre dont elle a besoin à tout prix. Malgré sa réticence pour tout ce qui touche aux livres, il pénètre illégalement dans la bibliothèque fermée pour ce jour. Le jeune amoureux ne s’attendait pas à ce qui allait lui arriver.

    À partir de 9 ans.

    Mots clefs : bibliothèque / mystère /aventure / rencontre littéraire / partage / imagination / livre / lecture