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« J’aurais voulu être un artiste »

ou l’histoire du mulot rêveur
 
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    Il n’y a pas si longtemps, une amie me racontait qu’elle cherchait un livre pour une personne qui lui était chère. Un livre que cette personne avait lu pendant son enfance mais elle se souvenait seulement d’une souris qui faisait de la peinture. Immédiatement, un album a refait surface dans ma mémoire. Un mulot, plus précisément. Un mulot assis sur un caillou, une fleur à la main. Frédéric.
    (JPG)
    © L’École des Loisirs, 1975
    Frédéric, un mulot pas comme les autres

    Après relecture, il s’est avéré que mon souvenir était un peu faussé. Frédéric n’était pas un peintre (mais un autre rongeur de Leo Lionni). Frédéric était un poète. Frédéric voyait les couleurs, sentait la chaleur, jouait avec les mots. Frédéric était un artiste.

    Je venais d’une famille d’enseignants, une famille amoureuse des arts et des mots. C’est donc tout naturellement que je me suis retrouvée entourée de livres dès mon plus jeune âge. Mais de toute cette bibliothèque sans fin, seuls les mulots et souris de Lionni sont restés gravés dans ma mémoire.

    J’étais bien sûre trop jeune pour apprécier pleinement le message de Frédéric : l’importance de l’art dans une société. Mais je n’étais pas trop jeune pour apprécier les illustrations de l’auteur, entre papier découpé et peinture. Je ne me lassais pas d’admirer ces créatures de papier qui avaient pourtant l’air bien vivantes, se préparant à passer l’hiver, une fois de plus, dans leur vieux mur de pierre. J’aimais les couleurs vives des dernières pages, aussi vives que le souvenirs des mulots, aussi vives que les mots de Frédéric. Le jaune chaleureux dans la bouche du poète et sur les pierres de leur maison, rappel du soleil. Les couleurs - jaune, vert, bleu, rouge, mauve - fixées dans la mémoire de ses pairs.

    Je pouvais me voir en Frédéric. Moi aussi, surtout en grandissant, je restais un peu à l’écart des autres, préférant me plonger dans les mots et les images d’un livre. Je préférais me plonger dans les méandres de mon imagination. La vie était bien trop pratique pour moi. Je n’étais pas poète, mais j’aimais raconter des histoires, et encore plus en lire ou en entendre. J’aimais ce qui était beau et original.

    Et Frédéric l’était.

    © Chloé, L1 Langues Scandinaves

    UFR LCE Département des Etudes Germaniques, octobre 2012

    Post-scriptum

    Lionni, Leo. Frédéric. Paris : L’École des Loisirs, 1975. 28 p. ; 28 x 23 cm. ISBN 2211030262.