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    À la fin de l’année 1998, alors qu’il faisait froid, que la petite fille que j’étais découvrait l’école et que celle-ci éveillait chez elle un intérêt certain pour les livres, j’ai fait la connaissance de l’un de mes plus vieux amis.
    (BMP)
    © Gallimard-Jeunesse, 1999

    C’est papa et maman qui ont commencé par m’apprendre qui il était et pourquoi tout le monde connaissait son nom parce que moi, du haut de mes quatre ans, je regrettais amèrement de ne pouvoir le lire par moi même. On peut dire en ce sens que le désormais si célèbre Harry Potter, m’a appris à lire, m’a convaincue d’y consacrer le plus clair de mon temps pour qu’un jour enfin, je puisse la recevoir mais surtout la lire seule cette maudite lettre d’inscription à Poudlard qui n’est jamais arrivée.

    C’est ainsi, les enfants pensent ce qui les arrange, se réfugient dans ce en quoi ils croient. Tant pis si ce n’était pas rationnel, j’y aspirais tant. J’y pense encore parfois, mais avec le recul, je crois que les messages véhiculés dans chacun des ouvrages, plus particulièrement dans Harry Potter à l’Ecole des Sorciers et les rêves qui en ont découlé abusent encore de leur influence sur ma vie d’aujourd’hui.

    Harry, je l’admirais parce qu’il partait de rien. Et quand ma vie à moi m’était insupportable, que les obstacles étaient insurmontables, je pensais : « Harry, lui, il n’a pas de papa ni de maman et dans son placard à balais, il dort avec des araignées... Finalement j’ai quand même beaucoup de jouets » et j’ai tant rêvé de lui en donner quelques-uns. Il m’a ainsi ouvert aux autres. La notion de partage n’est pas toujours évidente chez les enfants. Il m’a rappelé que je n’étais pas le centre du monde mais aussi que je n’étais pas seule au monde.

    L’apprenti sorcier n’avait pas beaucoup d’amis non plus, mais ils étaient vrais et ils ont tout comme lui traversé les âges. J’ai par ailleurs la conviction qu’ils continueront à enchanter les réalités. Harry et ses compagnons d’aventures, c’était comme une échappatoire. La complexité de l’histoire ne me permettait aucune lassitude quand les jeux vidéos, de société ou encore mes poupées, mes voitures mais aussi les simples conversations finissaient toujours par m’ennuyer. Avec le temps, cette faculté s’est étendue à toute ma bibliothèque et c’est ainsi que j’ai appris à rester concentrée des heures durant.

    Harry, il a su m’apprendre sans trop de brutalité qu’il existait des gens mal-intentionnés, qu’ils étaient sûrement plus forts que moi mais que ce n’était pas une solution de se laisser faire. Il m’a rendue combative, perfectionniste, un brin courageuse. Il a surtout fait de moi quelqu’un d’étonnement optimiste. Peut-être que j’en fais trop mais je vous l’ai dit, les enfants pensent ce qui les arrange, c’est leur propre définition du mot « Espoir » et Harry Potter possède cette faculté que seuls les vrais amis ont, il vous fait espérer et ce même lorsqu’on se retrouve sur « le chemin de travers » [1]

    Pour conclure, je dirais simplement que Harry Potter, pour tous, c’est avant tout quatre maisons : Gryffondor, Serpentard, Poufsouffle et Serdaigle. Cependant, ce que tous ne savent pas, c’est qu’on ne peut intégrer aucune d’entre elles dès les premières pages ou bien par l’intermédiaire des autres car c’est en lisant que j’ai fini par acquérir les qualités, les défauts mais surtout les valeurs qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

    © Julie Piquant, L1 HSI, octobre 2012

    Post-scriptum

    Références de l’édition 1999

    ROWLING, J. K. Rowling. Harry Potter à l’école des sorciers. Traduit de l’anglais par Jean-François Ménard. Gallimard-Jeunesse, 1999. 232 p. ; 23 x 14 cm. ISBN 2-07-054127-4

    Notes de bas de page

    [1] Allée hasardeuse empruntée par Harry au début du tome 2 alors qu’il désirait se rendre sur le « chemin de Traverse », pour y acheter ses fournitures scolaires.