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Sacrées sorcières, une sacrée découverte...

 
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    C’est étrange de noter que les sorcières se ressemblent toutes. Dans l’imaginaire collectif comme dans mes souvenirs d’enfants, toutes les sorcières sont vieilles, aussi odieuses que cruelles et ne possèdent qu’un unique pouvoir capable de les rendre un peu plus sympathiques : la capacité de voler sur un balai. Comparé aux super héros, avouons que c’est bien peu de choses. Pourtant, ce sont ces femmes "moches", aigries et avec une verrue sur le nez qui resurgissent au moment d’évoquer un livre lié à un souvenir d’enfant.
    (JPG)
    Gallimard jeunesse, 2007

    Dans Sacrées Sorcières, le romancier et nouvelliste Roald Dahl a bouleversé tous mes repères en matière de sorcières, et c’est pour cela que son livre reste encore aujourd’hui une référence personnelle. Lors de ma première lecture, j’avais à peu près le même âge que Bruno, le héros du livre, c’est à dire huit ans. Je vivais chez mes parents, et lui chez sa grand-mère qui avait l’habitude de lui raconter des histoires. Grâce à elle, son petit fils avait étudié une manière de reconnaître une sorcière. Dans ce roman de Roald Dahl, et contrairement à ce que laissent penser toutes les légendes de sorcières, ces dernières ressemblent en fait à n’importe quelle femme, ou presque. Elles cachent leurs têtes chauves en portant une perruque et des gants pour cacher leurs griffes. Aussi, elles n’ont dans ce livre pas de doigts de pied.

    Jusqu’à cette lecture, j’avais été fascinée par cet univers qui plus tard m’amènerait à me passionner pour le travail de Tim Burton. Mais à l’époque, j’aurais comme Bruno moi aussi aimé savoir comment distinguer les sorcières de la masse. Peut-être même que j’aurais pu embrasser une carrière de chausseuse de sorcières si seulement je n’en avais pas eu aussi peur. Sans Bruno, sa grand-mère et plus largement Sacrées Sorcières, j’aurais été bien mauvaise dans ce travail, trop occupée à me concentrer sur la recherche d’un balai, d’un chapeau pointu et d’un vilain nez crochu pour les dénicher.

    Mais surtout, ce livre, parce qu’il montrait les sorcières sous un jour différent, faisait s’envoler au fil des pages la peur qui précédait chaque soir le sommeil. Ce moment où mes pensées se trouvaient envahies d’histoires de sorcières toutes plus sombres les unes que les autres et qui faisaient monter en moi les premières contradictions.

    Si elles m’effrayaient, pourquoi en même temps les trouvais-je si attachantes ?

    Elles étaient l’ennemi des enfants, auraient pu m’emmener au loin dans une maison perdue dans la forêt de Brocéliande et pourtant, à la lecture de Roald Dahl, j’aurais aimé les côtoyer .

    Le souvenir que m’évoque aujourd’hui ce livre, c’est tout simplement la disparition de la peur des sorcières.

    © J.LEVANT, L3 Culture et médias, octobre 2012

    Post-scriptum

    DAHL, Roald. Sacrées sorcières. Quentin Blake ill. Traduit de l’anglais par Marie-Raymond Farré. Gallimard jeunesse, 2007. 224 p. ; 18 x 13 cm. (Folio junior ; 613 ) ISBN 2070576973