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JÉRÉMIE PÊCHE-À-LA-LIGNE : moi, Jérémie Pêche-à-la-ligne, crapaud aristocrate

 
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    Alors que Mademoiselle Beatrix Potter était très certainement assise au bord d’un étang écossais, elle eut la magnifique idée de me dessiner. Mon nom est Jérémie Pêche-à-la-ligne, Jeremy Fisher pour les autochtones. Je suis un crapaud aristocrate. Je suis très fier de faire partie des histoires les plus belles de Beatrix Potter et mon univers est on ne peut plus charmant, teinté de jolies aquarelles.

    Quelques mots sur Mademoiselle Potter

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    Mademoiselle Potter trouvait une plénitude absolue lorsqu’elle nous dessinait mes amis et moi. Issue d’une famille bourgeoise du barreau londonien, Beatrix Potter vécut jusqu’à l’âge de trente-six ans dans l’ambiance triste et ennuyeuse de la haute bourgeoisie victorienne. Pauvre Mademoiselle Potter, si je l’avais su plus tôt, je l’aurais invitée à une partie de pêche, peut-être se serait-elle plus amusée. Comme toutes les jeunes filles de la bourgeoisie anglaise de l’époque, elle n’allait pas à l’école. Elle n’avait donc pas de véritables amis...

    La famille Potter avait pour habitude de passer les mois d’été à Wray Castle, à la campagne dans la région des lacs au nord de l’Angleterre. Souffrant d’une immense solitude, elle se réfugia dans la nature auprès de nous, les animaux, qu’elle se mit à croquer, à dessiner. Elle publia ses premiers dessins d’animaux dans des cartes de vœux en 1890. Elle décida plus tard de rassembler tous ses dessins dans un recueil au petit format révolutionnaire (15cm) afin que les enfants puissent le tenir dans leur poche. Mademoiselle Potter pensait à tout. Elle veilla à insérer des illustrations sur chaque page pour plonger davantage nos petits lecteurs dans ses histoires.

    C’est grâce à Norman Warne qu’elle connut un grand succès, il la publia en 1901. Pendant treize ans, elle écrivit près d’une vingtaine de livres pour enfants tous aussi charmants les uns des autres, mon histoire y compris. Après tant de combats pour faire connaître son œuvre, la chère Mademoiselle Potter connaît encore aujourd’hui une renommée extraordinaire. Un dessin animé a même été réalisé en 1992 intitulé Pierre Lapin et ses amis et rend fidèlement l’atmosphère dégagée par l’auteure. Plus tard également, en 2007, The Royal Ballet reprend les contes de Beatrix Potter avec une chorégraphie de Sir Frederick Ashton avec des costumes très semblables à ceux peints à l’aquarelle.

    Le parcours éditorial de ma petite histoire

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    Avant que mes aventures ne fussent véritablement publiées en 1906, j’apparus tout d’abord en 1893 dans une lettre illustrée pour le petit Eric Moore sous le nom de Jeremy Fisher. Eric était le fils de la gouvernante de Mademoiselle Potter. Il était également le frère de Noël Moore auquel mon auteure avait envoyé une lettre la veille racontant la fameuse histoire de Pierre Lapin. Mademoiselle Potter était une femme talentueuse. Elle parvenait à créer des atmosphères charmantes grâce à ses dons pour le dessin et la peinture. Les mots qu’elle nous faisait dire étaient également d’une grande finesse. En 1894, ma chère Beatrix Potter dessina alors une série de petites grenouilles comme moi qu’elle publia dans un album pour enfants. Ainsi mon auteure travaillait dur pour créer mon histoire.

    En 1902, elle mena un rude débat avec Norman Warne (son éditeur) à propos de mes aventures. Finalement mon histoire fut publiée par le frère de Norman, Harold alors convaincu par mon personnage. Mademoiselle la dédicaça ainsi à Stéphanie Hyde Parker, « de la part de la cousine B ». Je suis cependant déçu que l’on ait tant douté de moi. Bien qu’il me soit arrivé un malheur, je pense tout de même être intéressant... Mais les choses se sont arrangées grâce à Monsieur Harold. Pour le remercier, Mademoiselle Beatrix Potter lui dit « je crois que mon travail et votre gentillesse seront mon plus grand réconfort ». Douce Mademoiselle Potter. Je la remercie également moi-même. Derrière la figure emblématique de Pierre Lapin, j’ai moi aussi bénéficié d’un succès remarquable. Des petits objets ont été réalisés à mon effigie. Je peux voir mon image sur de la vaisselle, des petites poupées et des jouets que les enfants chérissent et toutes sortes de petits objets qui me ravissent.

    Au cœur de mon histoire, celle d’un crapaud malchanceux

    (JPG) Sur ces belles paroles, commençons mon histoire. Moi, Jérémie Pêche-à-la-ligne, suis un crapaud de bonne éducation. En habit de jour, je porte une jolie veste rouge au-dessus d’un pourpoint fleuri et un col blanc très raffiné. Je garde toujours mon traditionnel pantalon rayé d’orangés, en harmonie avec mon teint, bordé par des chaussettes blanches distinguées contrastant avec mes chaussures noires brillantes. J’aime manger des sandwichs au papillon lorsque je pars à la pêche sur mon bateau nénuphar. J’habite près d’un étang dans une petite maison humide au sol flottant où l’eau monte presque jusqu’aux chevilles. Les jours de pluie sont les plus fabuleux selon moi, enfin pas tous en vérité...

    Un jour, alors que quelques gouttes de pluie commençaient à tomber, j’eus la merveilleuse idée de partir pêcher quelques vairons afin de les cuisiner ensuite pour mes amis : le conseiller Ptolémée Tortue et le professeur Isaac Newton. J’enfilai alors mon habit de pluie blanc avec de beaux boutons et des bottes en caoutchouc. J’emmenai mon panier de pêche, ma canne et des provisions. J’attendis près d’une heure sans avoir aucune prise... Cependant, les orteils dans l’eau, alors que je mangeais mon sandwich au papillon, je ne sais quel animal incorrect me pinça le pied ! Et ce n’est pas tout. Pensant attraper un vairon, je péchai Jackie Lapointe qui m’écorcha la main avec son dos épineux qui me mordit. A peine eussè-je eu le temps de sucer mes doigts ensanglantés que je me fis sauvagement emporter par une truite jusqu’au fond de l’étang. Heureusement que mon imperméable n’était pas très savoureux, la truite préféra manger mes bottes : j’en ai ainsi gardé la vie sauve. Malheureuse journée... J’y perdis toutes mes affaires. Je retournai bredouille dans ma maison humide pour me bander les doigts et préparer un autre plat que du vairon pour recevoir mes chers invités Isaac Newton et Ptolémée Tortue. Je renfilai ma belle tenue de jour avec mon joli pourpoint afin de les recevoir comme il se doit. Tous deux étaient très élégants et apprécièrent tout bonnement mon rôti de sauterelle à la sauce de coccinelle. Peut-être aurais-je dû garder une part pour Mademoiselle Potter, cela lui aurait sûrement fait plaisir. - L’auteure affirma bien au contraire que cela devait être très mauvais ! - Je l’inviterai à dîner une prochaine fois personnellement et commanderai pour l’occasion un beau costume à Monsieur le Tailleur de Gloucester. Ce brave homme et sa petite équipe de souris travaillèrent merveilleusement pour le mariage de monsieur le maire. Je convierai bien entendu Madame Tavita Tchutchut qui apportera des pâtisseries succulentes pour le dessert. Je ferai en sorte que ses enfants soient gardés par la serviable Madame Piquedru afin que nous ne soyons pas dérangés par leurs bêtises. Cette dame ne manque pas de piquant et se fera un plaisir de jouer à cache-cache avec eux entre les draps de sa blanchisserie.

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    ©JB, L3 Histoire de l’art, novembre 2012

    Post-scriptum

    Pour retrouver l’univers de Beatrix Potter

    Le site officiel

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