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Souvenir littéraire d’une trouillarde

 
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    En grande section, à l’école maternelle, il y avait un livre. Le premier dont je me souvienne et le premier à avoir touché l’enfant trouillarde que j’étais. Ce livre, Il y a un cauchemar dans mon placard de Mercer Mayer est certainement celui qui à le plus marqué mon enfance...

    (JPG)
    © Gallimard jeunesse, 2010

    C’était l’histoire d’un enfant qui avait peur du cauchemar ou plutôt du monstre qui se cachait dans son placard et qui avait décidé de s’en débarrasser.

    Petite, cette histoire m’effrayait. Pour moi c’était la confirmation qu’il y avait bien des monstres dans les placards et que mes peurs étaient justifiées. Et puis, quelle idée de vouloir combattre le monstre ? J’étais impressionnée. Moi j’aurais eu bien trop peur pour le faire. N’était-ce pas plus facile d’appeler papa au secours. Les monstres n’avaient-il pas toujours peur des papas ?

    Il me paraissait aussi fou que courageux de s’attaquer seul au monstre, mais d’accord, l’enfant de l’histoire avait décidé de le faire. Il s’attaquait donc au cauchemar, qui sur les illustrations du livre ne faisait pas vraiment peur. Je le trouvais même plutôt mignon, mais ça restait un cauchemar et aussi mignon ou drôle qu’il fût, ça restait un peu effrayant.

    Après l’offensive, le monstre se mettait à pleurer, il avait eu peur et mal. Mais alors, un monstre ça pouvait être sensible et avoir peur, comme un enfant ! On pouvait alors devenir le cauchemar de son cauchemar ! Le petit garçon, l’installait donc dans son lit gentiment et se couchait à côté de lui pour dormir, n’ayant désormais plus peur de son cauchemar.

    Cela me paraissait très rassurant jusqu’à la dernière page, où un autre monstre passait sa tête par la porte du placard. Pour moi, c’était très inquiétant, je pensais que chaque placard n’avait qu’un seul monstre. Maintenant j’avais peur qu’il y en ait plus, mais au moins j’étais rassurée car d’après le livre, il n’y en avait pas sous mon lit.

    De plus, si les cauchemars étaient comme les enfants, alors bien sûr certains étaient gentils mais d’autres étaient terribles. Que se serait-il passé il si l’un des cauchemars de mon placard était un sale gosse ? La maîtresse en nous lisant ce livre rassurant n’avait certainement pas conscience que le soir, les enfants peureux comme moi feraient sans doute un caprice pour ne pas aller dormir.

    Aujourd’hui, la note sur la couverture : « Un livre tellement réconfortant : à prescrire absolument... » prend le sens que je ne lui avais pas trouvé enfant.

    © Charlotte Pluss. L3 Sciences et métiers de l’éducation

    UFR DECCID, 10 décembre 2012.

    Post-scriptum

    MAYER, Mercer. Il y a un cauchemar dans mon placard. Jean-Pierre Delarge. Gallimard jeunesse, 2010. (L’heure des histoires). ISBN 978-2-07-063229-9