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La place des drogues dans les publications jeunesse (mini thèse)

 
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    Destinées autant à faire grandir que rêver les enfants, les ouvrages destinés à la jeunesse ne sont pas passés à côté du thème des addictions et de la drogue. Que ce soit volontairement dans un but de prévention ou comme thème de fond à l’intrigue, la drogue s’affirme comme sujet à part entière. Mais à une thématique il y a plusieurs moyens et objectifs, nous verrons plusieurs exemples les illustrant. Comment est abordée la drogue dans les ouvrages proposés à la jeunesse.

    I Parler aux plus jeunes avec un texte court

    Le cousin de Max et Lili se drogue, de Dominique Saint Mars et Serge Bloch

    Victor, cousin de Max et Lili, les deux protagonistes de la série, passent quelques jours de vacances chez eux. Mais son comportement intrigue les deux enfants. Après ne pas avoir rendu la monnaie du pain il va retrouver deux jeunes, d’apparence assez suspecte, pour fumer et acheter un petit paquet. Après enquête, Max et Lili se rendent compte que leur cousin se drogue, il fume du cannabis. Victor avoue et leur explique que dans sa famille sa mère prend des médicaments et son père boit, alors pourquoi lui n’aurait-il pas le droit d’oublier avec la drogue, surtout si cette dernière est dite douce. Aussitôt les deux enfants vont en avertir leurs parents qui demandent conseil à un ami médecin. Celui-ci explique les dangers des drogues pour la santé comme la sociabilité. Victor finira par accepter l’aide proposée.

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    Max et Lili

    Ici la consommation de cannabis est abordée de façon un peu caricaturale. Celui qui se drogue est un jeune adolescent qui fume pour oublier ses problèmes. Les dealers sont louches et poussent à effectuer de mauvaises actions. Mais il faut reconnaître que cette série d’albums vise les sept ans et plus, comment ne pas grossir le trait pour faire passer le message ou adapter les faits. Si une consommation addictive de cannabis coûte financièrement il faut donner un exemple adapté à l’âge du public, ici voler la monnaie du pain. Mais cette méthode présente un inconvénient majeur : le publique cible est réduit. Un lecteur de 12 ans trouvera ridicule de voler quelques menus centimes pour acheter du cannabis, la monnaie du pain ne suffirait évidemment pas.

    Le cousin de Max et Lili se drogue. DE SAINT MARS Dominique, BLOCH Serge (Ill.) éditions Calligram, Ainsi va la vie, 2002

    II Série de BD plutôt ancienne actuellement proposé à la jeunesse

    Les aventures de Tintin, d’Hergé S’il est des moteurs des aventures de Tintin, la drogue en fait partie. Dépeinte comme de mauvaise influence, aux mains de trafiquants violents et autres personnages cupides voire manipulateurs. Elle figure comme trame de fond d’au moins trois ouvrages.

    Les cigares du pharaon

    Dans ce quatrième épisode des aventures du reporter belge il est confronté pour la première fois à la drogue. Premièrement on cache de la cocaïne sur lui pour le faire emprisonner, par les Dupont et Dupond. Arrivé en Inde il tente de démanteler un gang de trafiquants d’opium caché dans des cigares.

    Le lotus bleu

    Ceci est la suite des Cigares du pharaon, Tintin est toujours aux prises avec les trafiquants d’opium. Ici les trafiquants usent toujours de méthodes mafieuses pour faire taire le reporter belge : empoisonnement, attentat, enlèvement ... Il rencontre peu après les fils du dragon, organisation qui lutte contre l’opium. Avec l’aide de ces derniers il parviendra à ses fins.

    Le crabe aux pinces d’or

    Après la découverte d’un marin mort de façon suspecte dans un port Tintin se lance avec pour seul indice Karaboudjan , le nom d’un bateau. Ce dernier servait au transport d’opium en cachant la drogue dans des boites de crabe. C’est à cette occasion que le reporter du Petit vingtième se liera d’amitié avec le capitaine Hadock, alors aux commandes du Karaboudjan.

    Dans les aventures de Tintin il est plus question de trafic de drogue que de sa consommation, du transport plus que la revente. Centré exclusivement sur l’opium, drogue coloniale par excellence. Si cette publication n’est, à l’origine, pas prévue pour un public jeunesse elle est devenue un des classique souvent mise entre les mains des enfants. Cela aussi explique l’absence de prévention quant au danger des drogues. Lus à l’origine par des adultes, ils sont supposés être informés et conscient. Cela peu aussi s’expliquer par le fait que les jeunes publiques n’étaient pas, à la parution de ces BD, les cibles prioritaires dans la lutte contre les stupéfiants.

    III Documentaire avec soutient institutionnel

    Cannabis, mieux vaut être informé, de David Pouilloux

    Cet essai de la collection Oxygène est destiné à informer les 11-13 ans sur le cannabis. Ouvrage de prévention, il aborde le chanvre indien sous plusieurs aspects : l’origine, la production, les différents produits extraits, les usages, effets pour le corps, conséquence à court et long terme, ... Une autre partie est consacrée aux témoignages d’adolescents dans plusieurs cas, leurs réactions et problèmes. Les spécialistes de la santé s’expriment aussi à travers ce documentaire et le rappel à la législation n’est pas oublié non plus. À la fin sont donnés les chiffres de 2003 sur le cannabis, consommation, production, décès dû à cette drogue ....

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    Cannabis, mieux vaut être informé

    Présenté avec humour, ce guide à l’usage des jeunes est l’exemple même des productions jeunesse à but préventif. Il est adapté pour répondre aux questions de son public, plus explicite par son format documentaire. Le but est de proposer des pistes de réflexion aux adolescents sans trop de dramatisation. Sous peine de rebuter comme le cas des livres sur le cannabis édité par le MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie), moralisateur et basé sur la lutte plus que la conciliation. Amener le public à créer sa propre réponse aux questions posées par le cannabis est une des voie les plus efficace, intérioriser.

    Cannabis, mieux vaut être informé POUILLOUX, David La Martinière jeunesse, Oxygène 2004

    IV Roman destiné aux adolescents

    Junk, de Melvin Burgess

    « Au milieu des années 80, en Angleterre, la vie de deux adolescents va changer quand il décide de s’enfuir de leur petite ville, Minely-sur-Mer, pour rejoindre Bristol. Un père qui le bat, une mère alcoolique ; la vie de Nico est devenue un calvaire. Sa seule issue est de fuir. Il est rejoint par sa petite amie, Gemma, révoltée contre ses parents et contre l’autorité. Comment s’en sortir à 14 ans, sans ressource et sans abri ? Leur quotidien va vite se résumer à squatter des maisons abandonnées avec d’autres jeunes... L’engrenage de la drogue va les rattraper. La première dose d’héroïne les précipite dans une longue descente vers les enfers. Nico et Gemma deviennent des junkies. Ils n’en sont pas encore conscients. » Tiré de la page Wikipédia du livre

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    Junk

    Mêlant drogue, fugue et histoire de sentiment, Junk concentre en quelques centaines de pages les maux des adolescents. Si l’histoire est fictive elle parle sans mal au public cible. Les points de vues des protagonistes se succédant au fur et à mesure de la descente au enfer. Ce livre peut être associé à l’adaptation cinématographique d’Uli Endel de Moi, Christiane F., droguée, prostituée...

    Junk Burgess, Melvin Gallimard jeunesse, scripto 2002

    Conclusion

    Ainsi l’on parle de drogue dans les publications destinées à la jeunesse. Les buts sont différents, en fonction des époques, des supports et de l’âge ciblé. Que l’on veuille faire de la prévention ou trouver une trame de fond à une histoire. Mais il ne faudrait pas perdre de vue que l’apprentissage se fait aussi par l’expérimentation. Dire qu’une substance est nocive ne suffit pas à l’enfant, il veut se forger sa propre idée sur le sujet. L’école tente d’initier la curiosité chez les enfants, ils se demandes alors pourquoi on la bride sur certains sujets. L’expérience est positive si on y survit assez pour en tirer des conclusions, aux parents et aux institutions de trouver la juste part de protection. Quant à la prévention elle pourrait n’être qu’accessoire si l’avenir était, ou était perçu, comme meilleur. Les paradis artificiels ne sont attractifs que lorsque l’enfer est présent.

    Antoine Rio, janvier 2013

    Deust 2 métiers des bibliothèques et de la documentation

    Post-scriptum

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    Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée... sur Movie Dataase

    Page Wikipédia sur la guerre de l’opium