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Et si c’était vrai, de Marc Lévy

 
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    Un véritable conte de fée des temps modernes

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    © Pocket, 2011

    « Ce que je vais vous dire n’est pas facile à entendre, impossible à admettre, mais si vous voulez bien écouter mon histoire, si vous voulez bien me faire confiance, alors peut-être que vous finirez par me croire et c’est très important car vous êtes, sans le savoir, la seule personne au monde avec qui je puisse partager ce secret. »

    Voilà les dernières phrases qui finissent le roman Et si c’était vrai de Marc Levy. Vous vous dites surement que c’est une façon plutôt atypique de commencer mon article mais ces phrases traduisent toute la passion, le mystère, la confidence que dégage le livre. Et si c’était vrai n’est pas une histoire banale, l’auteur de par son inspiration et sa créativité arrive à mettre en page une véritable histoire d’amour surprenante et touchante, une histoire d’amour comme il n’en existe nulle part ailleurs...

    Lauren est une interne en médecine, jeune, jolie et talentueuse, elle se donne corps et âme dans son métier au point d’enchaîner les gardes de jour comme de nuit. Après une nuit passée à travailler aux urgences elle s’accorde un Week-end de détente chez des amis. Elle laisse sa chienne Kali à sa mère, monte dans sa vieille Triumph (voiture anglaise) et part au petit matin pour de belles vacances. Quelques rues plus loin, le destin a décidé d’en faire autrement. Lauren perd le contrôle de sa voiture et va s’écraser contre la vitrine d’un magasin. Pas loin d’elle, deux ambulanciers, témoins de l’accident, arrivent sur les lieux aussi vite que possible. Après maintes et maintes tentatives pour réanimer Lauren, rien n’y fait, ils doivent diagnostiquer sa mort. Après avoir remarqué qu’il s’agissait d’une interne du Mémorial Hospital de San Francisco, le cœur de Lauren reprit vie mais impossible de la sauver, celle-ci tomba dans un profond coma...

    Arthur est un jeune architecte, il vient de louer un appartement à San Francisco, cet appartement n’est pas habité par sa propriétaire car celle-ci est dans le coma (comme vous l’avez compris, il s’agit de l’appartement de Lauren). Arthur vit seul, il a une vie plutôt monotone et mise à part son boulot, peu de choses l’intéressent mais ça c’était sans compter sur Lauren. Un beau jour en ouvrant le placard il y trouve Lauren, recroquevillée, ignorée de tous. L’âme de Lauren a réussi à sortir de son corps, resté coincé à l’hôpital, mais nul ne peut la voir, elle ère... Seul Arthur peut la voir, la toucher, il est le seul à pouvoir partager son secret et l’aider ...

    Nos deux héros partagent les joies d’une vie à deux un peu particulière, l’amour fou, les tendresses quotidiennes, tout semble aller pour le mieux. Pourtant le lit d’hôpital où se trouve Lauren coûte cher et les médecins ne veulent plus garder en vie cette femme qui n’a a priori plus aucune chance de sortir du coma. La vie de nos deux amoureux bascule et il faut trouver une solution avant que Lauren ne s’endorme à tout jamais...

    Après avoir fermé le livre, mon ressenti a été immédiat : « Si seulement... Si seulement la vie pouvait être aussi belle et miraculeuse. » Entre nous, qui n’a jamais rêvé de vivre un conte de fée que ce soit dans sa carrière professionnelle ou amoureuse. On rêve tous de trouver LA personne qui ne nous laissera pas tomber, celle qui sera là pour nous épauler et nous aider coûte que coûte. Cela peut paraître fleur bleue mais je sais que cette envie nous a tous effleuré au moins une fois ! Ici Arthur qui ne demande rien à personne, hormis le fait de mener à bien son petit bonhomme de chemin, voit sa vie chamboulée par Lauren. Au fil des pages on remarque que ces deux là ne se rencontrent pas au hasard, tout est fait pour qu’ils s’assemblent. Même si la peur est présente de par l’épée de Damoclés qui pèse au dessus de la vie de Lauren, les deux personnages abordent leur aventure sereinement, et Arthur ne se cache pas de le dire : « Je vais te dire pourquoi je suis serein, comme tu dis. Parce que l’on ne peut pas tout vivre, alors l’important est de vivre l’essentiel et chacun de nous a son essentiel. »

    Lauren & Arthur sont un peu les Roméo & Juliette des temps modernes. Leur histoire est différente mais c’est la leur et personne n’est maître de leur destin. Personne ? Pas si sur, la chance n’a-t-elle pas mis son petit grain de sel pour la rencontre de ces deux êtres ? Telle est la question car après tout : « Pour que deux êtres vivent prés l’un de l’autre, il ne suffit pas qu’ils s’aiment, il faut qu’ils soient compatibles, il faut qu’ils se rencontrent au bon moment... ». Je trouve ça fascinant de voir Arthur s’accrocher et se surpasser pour Lauren même dans la douleur et la maladie. Après un vague sondage dans mes contacts masculins, ce qui ressort le plus c’est : « Moi, si la fille que j’aime tombe malade, je resterais avec pour faire en sorte que le temps qui lui reste à vivre (selon les cas) soit le meilleur possible pour qu’elle garde de moi l’image de quelqu’un qui la rendu heureuse » . L’auteur montre la crainte qui sommeille en Arthur mais il expose également avec quel sang-froid il prend le contrôle de la situation : « C ’est difficile, parce que l’impuissance engendre souvent la peur. Elle trompe nos réactions, notre intelligence, notre bon sens, ouvrant la porte à la faiblesse. Ce qui fait des nous des êtres humains, c’est le bonheur de partager. Celui qui ne sait pas partager est infirme de ses émotions. »

    La maladie n’est pas toujours bien perçue et comprise dans la littérature. Pour certains elle suscite la peur, la tristesse, pour d’autres elle réveille des douleurs enfouies. Ici, le coma de Lauren montre qu’il ne faut jamais laisser tomber, c’est un beau message d’espérance. La vie peut nous jouer de sacrés tours, la vie ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Elle est bien plus compliquée, elle est parsemée d’embûches et d’épreuves à surmonter. L’important dans toutes situations, c’est de profiter un maximum comme ci demain était le dernier jour de notre existence. « Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86400 secondes de vie pour la journée, et lorsque nous nous endormons le soir il n’y a pas de report à nouveau, ce qui n’a pas été vécu dans la journée est perdu, hier vient de passer. »

    Lauren, touchée par ce qui lui arrive, a du mal à profiter de sa vie d’âme vagabonde. Intriguée par sa perte d’identité et le fait de ne faire que deux avec son propre corps, elle ère un peu sans savoir quel chemin donner à sa vie : « Lauren avait peur de “ce qui n’existait pas encore ”. Arthur pour la rassurer lui dit que le jour suivant serait à l’image de ce qu’elle voudrait en faire. Elle vivrait au gré de ce qu’elle donnerait d’elle et de tout ce qu’elle accepterait de recevoir. »

    Et si c’était vrai, un roman unique en son genre. Et si c’était vrai, un roman qui vous bouleversera. Et si c’était vrai, un véritable coup de cœur littéraire.

    Bonne lecture !

    © Laura Debruyne

    Post-scriptum

    LÉVY, Marc. Et si c’était vrai...Vous revoir. Paris : Pocket, 2011. 600 p. ; 19 x 13 cm. (Pocket. Best, n° 14828). ISBN 978-2-266-21881-8 Broché 11,90 €

    LÉVY, Marc. Et si c’était vrai... Paris : Pocket jeunesse, 2012. Nouv éd. 211 p. ; 18 x 11 cm. (Pocket jeunes adultes, n° 925) ISBN 978-2-266-23418-4 Broché 6,70 € À partir de 15 ans.

    Le livre a été adapté au cinéma en 2005 par Mark Waters. Voir la bande annonce sur allociné