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À tout jamais, de Nicholas Sparks

 
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    « L’amour est le miracle de la vie » (Stendhal)

    (JPG)
    © Pocket, 20O2

    Chaque mois d’avril, Landon Carter est assailli par les souvenirs de sa dernière année de lycée. C’était en 1958, dans la petite ville de Beaufort, en Caroline du Nord. Fils de bonne famille, il aimait retrouver ses amis en classe, inviter ses jolies filles à sortir, faire le mur de temps en temps, et se moquer de la fille du pasteur avec sa bible, son éternel pull et son dévouement sans faille envers Dieu, Jamie Sullivan avait le don de l’agacer. Pour le bal du lycée, Landon, qui se retrouve sans cavalière, est contraint de l’inviter. Elle le prévient : D’accord, mais promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi. La vie en décide autrement : entre les deux jeunes gens, c’est le coup de foudre. Mais Jamie apprend à Landon qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre...

    Après un article sur Et si c’était vrai de Marc Lévy, écrire sur ce roman m’a semblé instinctif... comme une évidence. Ce roman, profondément émouvant, parle d’une passion qui de par sa force arrive à surpasser la mort. La mort, un thème dur et fragile à traiter. Elle reste une énigme bien mystérieuse et incompréhensible pour chacun de nous...

    Tout était rassemblé pour que Landon Carter et Jamie Sullivan ne se côtoient pas. Au lycée, Landon était le “beau gosse”, la starlette en tête des classements, le garçon à avoir absolument dans ses contacts. Jamie incarnait son opposé direct, elle était timide, croyante, studieuse et discrète. Ces deux là n’avaient vraiment rien en commun, à part vivre dans la même ville et étudier dans le même lycée, rien ne les prédestiner à un tel avenir et Landon lui-même en était conscient : « Je n’ai jamais fréquenté Jamie en dehors de l’école. »

    L’élément déclencheur de cette fabuleuse passion n’est autre que le bal du lycée. Landon, malgré son phénoménal succès, s’est vu contraint d’inviter Jamie pour cavalière au risque de devoir y aller seul. Sa réaction a été immédiate à l’égard de cette “grande initiative” : « Je me suis mis à feuilleter l’annuaire du lycée, lorsque mon regard est tombé sur la photo de Jamie Sullivan. Je ne m’y suis arrêté qu’une seconde avant de tourner la page, furieux d’avoir laissé pareille idée m’effleurer l’esprit ! J’ai encore cherché pendant une heure, mais il me fallait bien admettre que j’avais épuisé toutes les possibilités. Je suis alors revenu sur Jamie pour l’étudier de plus prés : elle n’était pas vilaine après tout, et c’était une gentille fille. Elle accepterait sans doute mon invitation. (...) Jamie Sullivan ? La fille du pasteur ? Mes amis ne me le pardonneraient jamais. »

    Au moment de faire de lancer l’invitation, sa réaction n’a fait qu’empirer au point d’en devenir ridicule (comme quoi les filles, les garçons aussi peuvent être timides et maladroits !).

    -  Landon : Jamie m’a ouvert et pour la première fois de ma vie, j’ai vu à quoi elle aurait ressemblé si elle s’était habillée normalement. (...) Elle aurait pu être vraiment jolie si elle avait voulu s’en donner la peine.
    -  Jamie : « Landon, quelle surprise ! Tu as couru ? Ta chemise est trempée. » (...)
    -  Jamie : « Landon, tu n’es pas venu pour me parler du temps... »
    -  Landon : « Je voulais savoir si tu allais au bal du lycée. » (...)
    -  Landon : « Aimerais-tu m’accompagner au bal ? » (...)
    -  Jamie : « Avec grand plaisir, mais à une condition. »
    -  Landon : Je me suis raidi en espérant que ses exigences ne seraient pas trop dures. « Oui ? »
    -  Jamie : « Promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi. »
    -  Landon : « Je lui ai donné ma parole en souriant. »

    « Promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi »

    Cette phrase, élément clé de l’histoire, possède un double sens. En effet, Jamie l’utilise pour faire allusion aux nombreuses conquêtes de Landon mais elle l’utilise aussi comme moyen de prévention, pour éviter toutes souffrances à l’avenir. Le bal venu, Jamie avait beau avoir passé sa soirée à parler de religion, Landon se sentait déstabilisé face à elle comme intrigué. Pour lui, Jamie renfermait un petit quelque chose qui n’appartenait qu’à elle. En acceptant par la suite de participer à une pièce de théâtre avec elle, ils vont apprendre à s’écouter, s’entraider, se comprendre et au-delà du rôle de chacun, ils vont voir que le dicton : “Qui s’oppose, s’attire” sait prendre tout son sens. Jamie a toujours su que Landon n’était pas un mauvais garçon, qu’il avait des rêves enfouis et des blessures qui prenaient le dessus sur son quotidien. De son côté, elle se surprend à voir plus loin que sa vie bien rangée avec son père, elle se rend compte que l’amour n’est pas loin d’elle, elle se rend compte que l’imprévu a du bon finalement. En le laissant rentrer dans sa vie, Jamie a bouleversé ses codes éthiques pour devenir une adolescente heureuse et épanouie. Landon, lui, a su comprendre le mode de vie de Jamie, il s’est adapté et a réussi, sans le vouloir, à la changer. « Le lendemain, je suis passé la prendre à l’heure pile, heureux d’admirer se cheveux en liberté. Et comme promis, elle portait le pull que je lui avais offert. »

    « Je suis revenu et Jamie m’a souri. Je lui ai souri à mon tour en me demandant comment j’avais pu tomber amoureux d’une fille comme elle. » Dans la vie rien n’est fixé, rien n’est tracé, rien ne nous est destiné. Jamie & Landon l’ont bien compris. Au risque de subir les moqueries, les regards et ragots de leurs camarades, ils ont choisi de vivre leur amour au grand jour, de profiter et s’amuser. Qui aurait cru que les choses tourneraient à mal pour eux ? Un si joli couple, complice et sincère ne méritait pas cela, mais malheureusement parfois les choses ne sont pas aussi belles que l’on peut le croire. Un beau matin, leur rêve a pris une dimension toute autre et leur vie s’est vue chamboulée à tout jamais.

    -  Jamie : « Il ne faut pas être amoureux de moi, Landon. Nous pouvons être amis, nous pouvons nous voir. Mais il ne faut pas m’aimer. »
    -  Landon : « Pourquoi ? me suis-je écrié d’une voix rauque sans rien y comprendre. »
    -  Jamie : « Parce que je suis très malade, Landon. » a-t-elle dit d’une toute petite voix.
    -  Landon : Je m’y attendais si peu que je n’ai pas saisi le sens de ses paroles.
    -  Landon : « Et alors ? Tu prendras quelques jours ... » Landon : Un sourire triste s’est dessiné sur son visage et j’ai compris brutalement ce qu’elle tentait de m’expliquer. Sans me quitter des yeux, elle a alors prononcé les mots qui m’ont transpercé le cœur...
    -  Jamie : « Je vais mourir, Landon ».

    Jamie était en réalité atteinte d’une leucémie et cela depuis toute petite. La leucémie, une maladie casi incurable, venait de briser le destin de ces deux êtres. Cette annonce a fait office de déclic pour Landon, Jamie avait son cœur rempli de rêve et il se devait des les accomplir. Jamie lui avait ouvert les yeux, elle lui avait appris à grandir, à devenir un homme digne de ce nom, il ne pouvait pas la laisser seule dans ce combat. Ce qui est paradoxal dans ce roman c’est que Landon est un jeune homme perdu qui retrouve foi en la vie grâce à une jeune fille qui se sait condamnée à court terme. Pour le temps qu’ils leur reste à vivre, nos deux tourtereaux vont filer le parfait amour, Jamie va exaucer ses plus grands rêves : elle va se trouver à deux endroits en même temps, elle va faire un tatouage mais elle va aussi se marier avec l’homme qu’elle aime plus que tout au monde. Puis elle s’en ira dans la paix et le repos éternel, fière d’avoir apporté son aide et sa présence sur Terre. Jamie a toujours rêvé d’être témoin d’un miracle et comme elle le dit si bien à son cher et tendre : « Tu es mon ange, mon miracle c’est toi Landon. »

    « L’amour est longanime et serviable. Il n’est pas envieux. L’amour ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas, il ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal, il ne se réjouit pas de l’injustice mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (Extrait des Corinthiens, La Bible) Ces mots ont fait office de messe lors de leur mariage. Jamie attachée à la Bible avait choisi ce passage en référence à sa défunte mère. Après leur mariage, Landon a toujours vécu avec le souvenir intense de Jamie. Tout ce qu’il a entreprit, il l’a fait pour elle, en sa mémoire, pour la rendre fière.

    Le roman est écrit du point de vue de Landon alors âgé de 57 ans et en guise de conclusion, je pense que les dernières phrases du roman conviennent tout à fait à l’aspect général de mon article. « Quarante ans plus tard, je suis peut-être plus mûr et plus sage. J’ai vécu une autre vie. Pourtant, lorsque mon heure viendra, les images de cette journée seront les dernières à me traverser l’esprit. Je l’aime toujours, vous savez, et je n’ai jamais retiré mon alliance. Depuis tout ce temps, pas une fois je n’en ai éprouvé le désir. J’aspire profondément l’air frais du printemps. Bien que Beaufort ait autant changé que moi, l’air y est resté le même, celui de mon enfance, celui de mes 17 ans. Quand je le laisse s’échapper de mes poumons, je retrouve mes 57 ans, mais ce n’est pas grave. Je souris légèrement, songeur, le regard tourné vers le ciel ; il y a encore une chose que je ne vous ai pas dite : maintenant, je crois aux miracles. »

    Leur amour est comme le vent, ils ne peuvent le voir, mais ils peuvent le sentir...

    Le film

    (PNG)

    Á tout jamais, de son titre original A walk to remember a été adapté au cinéma en 2002 par Adam Shankman sous le titre Le temps d’un automne. L’histoire est un peu modifiée comparé au roman mais le fil conducteur reste le même. Pour avoir lu et vu les deux œuvres, je peux affirmer que Nicholas Sparks a donné naissance à un véritable chef d’œuvre plein d’espoir, de joie, de pleurs et d’amour. Dans le film, l’actrice principale incarnant Jamie, chante à diverses reprises et le fait d’avoir insérer de telles mélodies donne au film un aspect encore plus émouvant.

    © Laura Debruyne, janvier 2013

    Post-scriptum

    SPARKS, Nicholas. À tout jamais. Christine Bouchareine trad. Paris : Pocket, 20O2. 213 p. ; 18 x 11 cm. (Pocket ; 11273)

    Voir la bande annonce ISBN 10 2-266-11110-8 Broché 6,10 EUR