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"Je veux un livre sans images !"

Blondine, Bonne-Biche et Beau-Minon, mon premier voyage de lectrice
 
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    « Moi ce que je voudrais, ce serait un livre sans images, comme celui d’Alice ! »

    Voilà la demande que j’ai faite alors que je ne savais pas encore lire, c’était un peu... étrange,non ? Eh bien, en comparaison du monde fou que venait de me donner à voir Alice au pays des merveilles, je ne voyais là rien d’étrange. Les aventures d’Alice, que j’avais découvert par l’adaptation de Disney, avaient déclenché en moi l’envie de lire. Le tour de magie génial de l’histoire d’Alice est de faire comprendre ce qu’est la lecture à quelqu’un qui n’a encore jamais fait l’expérience de lire. Dès lors qu’Alice s’était laissée entraîner par le lapin blanc, elle lisait n’est ce pas ? N’était ce pas évident ? Dès lors, j’avais voulu partir, comme Alice, en voyage dans un mystérieux livre sans images.

    (BMP)
    © Hachette 1968

    Le premier livre que j’ai eu [pas ’lut’], MON livre sans images... n’était pas du tout Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, pour tout dire je ne l’ai pas lu avant mes vingt ans ! Suite à mon étrange demande j’ai reçu un livre intitulé La Belle et la Bête, il s’agissait du texte de Mme Leprince de Beaumont, ah, quel nom extraordinaire ! Mais ce n’est pas non plus le sujet de cet article ... ce livre de la Bibliothèque Rose était un recueil de plusieurs histoires dont la première était Blondine et Beau-minon, un conte qui n’était même pas de Mme Leprince de Beaumont et qu’on trouve normalement dans le recueil de la Comtesse de Ségur, Les nouveaux contes de de fées. Peut être pensez vous que c’est plutôt une erreur de ma part d’avoir placé ce conte dans le recueil de Mme Leprince de Beaumont mais peu importe, mon livre était le livre d’Alice, c’était un livre hors du commun. Évidement il ne s’agit que de mes souvenirs de petite fille, peut être ais je vraiment fait erreur. Mais à l’époque il était très important pour cette petite fille que son histoire préférée ait été écrite par cette fée, ou cette reine que devait être Mme Leprine de Beaumont, un autre nom n’aurait pas fait le même effet.

    (JPG)
    © Hachette 2007

    J’ai adoré ce livre d’abord comme un objet magique, sans le lire. Puis on me l’a lu, puis je l’ai lu, puis je l’ai relu encore et encore même si je connaissais par cœur l’histoire de Blondine et Beau-minon.

    C’était une histoire très proche de celle d’Alice et le voyage imaginaire espéré s’est déroulé très facilement. La forêt des Lilas, le château féerique de Bonne-Biche, la rose maléfique et de tous les décors de l’histoire m’apparaissaient avec l’évidence de la véritable magie.

    Comme Alice, Blondine était une petite fille blonde et rêveuse du même âge. Par inadvertance, elle passa dans un autre monde en s’enfonçant dans la forêt des Lilas, une forêt enchantée dont on ne peut pas ressortir. Elle y rencontra heureusement un chat blanc qui la comprit et la guida jusqu’à une bonne fée. Les profondeurs de la forêt se révèlèrent un monde de facilité et de rêve où en dormant pendant sept ans Blondine apprit sans efforts la lecture, la musique et le dessin. Mais ce cocon se révèla être aussi un monde de dissimulation et de mensonge qui s’effondra tel un château de carte dès que Blondine rencontra un inconnu et se laissa tenter par l’extérieur. Face à son chagrin, une fée tortue l’aida à retrouver son monde et ses amis. Au lieu d’accuser Blondine pour ses bêtises, la vérité lui fut théâtralement dévoilée : c’était grâce à elle et à sa désobéissance que son prince charmant avait retrouvé sa forme humaine ! Blondine épousa donc Beau-minon et l’histoire finie bien.

    Le chapitre qui m’avait le plus marqué était celui du voyage sur le dos de la tortue. Pour retrouver ses amis Blondine devait voyager sur le dos d’une tortue pendant six mois au cours desquels elle ne devait pas descendre ni parler. Son voyage ne semblait pas très difficile ni spectaculaire. Avait on déjà vu dans un conte épreuve aussi ennuyeuse ? C’était cela même qui était surprenant à en laisser songeur. Pour atteindre son objectif Blondine dut s’y atteler patiemment, en acceptant de sacrifier certaines choses pendant un certain temps.

    Voilà la morale que j’ai tiré de cette histoire, la simple clef de mon souvenir. ... Nous avons tous notre livre ou notre citation ou notre film dans lequel nous trouvons cette certitude : « Ne perds pas courage ni espérance. Si tu te concentres sur ton objectif avec toute ta sincérité, les choses avanceront, tu recevras l’aide qu’il te faudra et tu atteindras certainement ton objectif. » ... Après tous les shonen-mangas que j’ai lu ( !) il m’arrive toujours de penser à Blondine pour illustrer cette pensée ( !), y’a pas à dire : les lectures d’enfance laissent des souvenirs pour la vie !

    (PNG)
    illustration de Jules Didier

    Conformément à ma fantaisie, mon édition était un livre sans images mais l’édition originelle était illustrée de 46 vignettes par Gustave Doré et Jules Didier.

    © Lisanne Jacobson, L2 LLCE-japonais, janvier 2013

    Post-scriptum

    Comtesse de SEGUR née Sophie Rostopchine, Les nouveaux contes de fées, Marianne Clouzot (illustrations), Hachette (1968), 184 pages, format In-12, Collection : Nouvelle Bibliothèque Rose

    Comtesse de SEGUR née Sophie Rostopchine, Les nouveaux contes de fées, Iris de Moüy (illustrations), Hachette Roman (9 mai 2007), 249 pages ; 17,4 x 12 x 1,4 cm, Collection : Les classiques de la Rose ISBN-10 : 2012014151 - ISBN-13 : 978-2012014152