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Trois enfants, une fortune, un sucrier et d’affreuses mésaventures

Les Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire
 
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    « Si vous aimez les histoires qui finissent bien, vous feriez mieux de choisir un autre livre. Car non seulement celui-ci finit mal, mais encore il commence mal, et tout y va mal d’un bout à l’autre, ou peu s’en faut. »

    C’est sur ses mots éloquents que débute le premier tome des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire. Nous voilà prévenus dès les premières lignes, cette saga n’est pas là pour nous faire rêver de licornes, princesses ou autres sorciers gentillets. C’est une histoire où tout va mal de bout en bout. Sur la quatrième de couverture, l’éditeur insiste : d’après l’auteur, le curieux qui tient un de ses livres doit le lâcher, ou il doit se préparer à lire des choses affreuses arrivant à des enfants innocents...

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    Il faut croire que Lemony Snicket ne m’a pas convaincue de choisir la première option,puisque, après avoir vu le film éponyme, j’ai reçu en cadeau de Noël les trois premiers tomes de cette saga. J’ai tout de suite adoré le ton bien personnel de Lemony Snicket : ses sous-entendus, ses monologues et surtout ses mystères, que ce soient les siens ou ceux qu’il distillait au fil de l’histoire.

    J’ai commencé par lire cette saga sans plus d’intérêt que, étant obnubilée à cette époque par Harry Potter. Mais à partir du tome 6, j’ai vraiment été transportée par l’univers cynique et même sombre de l’histoire. De plus, j’étais assez surprise de voir que les personnages principaux étaient facilement distinguables les uns des autres, et je m’étais particulièrement attachée à Klaus. La raison était simple : c’était que nous avions tous les deux des lunettes et une passion dévorante pour la lecture. J’avais emporté ce fameux tome 6 en vacances en Normandie : je crois que mon intérêt n’est pas passé inaperçu aux yeux de mes parents puisque, en quatre jours, j’avais acheté et lu les quatre livres suivants, et ainsi dépensé tout mon argent de poche !

    Même si les thèmes abordés à travers les treize tomes étaient durs, car tournant essentiellement autour de complots et d’odieux assassinats, il y avait toujours une lueur d’espoir et surtout, beaucoup d’humour noir. Le mystère principal, qui n’était toujours pas résolu à la fin de "La Fin" est pluriel : est-ce que les parents Baudelaire étaient-ils toujours vivants ? Que pouvait-il y avoir de si important dans un sucrier ? Qui était la mystérieuse "Béatrice" à qui l’auteur dédicace tous les tomes ? Jusqu’à quel point celui-ci était-il immergé dans les événements qu’il nous conte ? Et surtout, oui, surtout que se cachait-il derrière les initiales "VDC", dispersées un peu partout au fil des pages ?

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    Mais ce qui a énormément différencié Harry Potter des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, c’est avant tout le style d’écriture de Lemony Snicket. Alors que J.K Rowling se contente de narrer une histoire, l’auteur ici joue avec nous. On voit des jeux de mots, des jeux de typographie, dans les illustrations et surtout un scénario parsemés de mystères qui continuent bien au-delà de la simple lecture. Il y a aussi un côté très cynique et "anti-héroïque" pour parler de tous les personnages, même les trois jeunes protagonistes. J’étais agréablement surprise de voir que l’on pouvait avoir des héros qui n’étaient pas blancs comme neige, fidèles représentants du bien ni "élus" pour quelconque quête comme Harry et d’autres. C’était des personnages hauts en couleur, formidablement dépeints dans les défauts même les plus cachés, associés à ces aventures horribles, fantasques et pourtant si proches de la réalité que je voyais. Ce qui m’a convaincue de la préférence pour cette saga par rapport au géant Harry Potter, c’est la fin : bien que celle du sorcier était tachée de morts de personnages aimés, elle était prévisible. A l’inverse, le dernier tome des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire m’a totalement surprise. Quand j’ai lu le dernier mot ( qui est aussi,ironiquement,le premier d’entre tous), j’ai lâché "La fin" et je n’ai pas dit un mot pendant dix bonnes minutes.

    Ce qui m’a fait vraiment aimer ces livres, c’est le parti pris de l’auteur d’être sincère et de ne pas créer un monde fantastique, sûr. A son image, le trio de protagonistes n’est pas extraordinaire par des aptitudes irréelles, mais parce qu’ils doivent être inventifs face à l’adversité. Ils apprennent à vivre à travers des aventures plus ou moins fantasques (mais toujours "désastreuses") dont ils sortent plus forts, plus grands et toujours ensemble. Je les aime chacun de façon égale, et j’aime également tous les personnages de second plan car ils font tous partie d’un univers sombre mais dont je suis arrivée à rire. Mais si je n’avais qu’une chose à avancer pour donner une bonne raison à quelqu’un de lire cette saga, c’est qu’elle est intelligente et pleine de mystères, dont la plupart non-résolus.

    Comme à beaucoup d’autres lecteurs qui cherchent encore à résoudre tous les secrets de cette saga. "Les Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire" sont tellement ancrées en moi que je pense, un jour, me les faire encrer : le logo des VDC, sur la cheville, comme le Comte Olaf.

     [1]

    © Alice Watroba, L3 Culture et Médias, 2013 UFR DECCID

    Post-scriptum

    Encore aujourd’hui, des années après la fin des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, nombre de fans se penchent encore sur les nombreuses zones d’ombre que Lemony Snicket (de son vrai nom Daniel Handler) laisse, et cela à l’aide de sites communautaires, notamment sur le blog de Daniel Handler ou le wiki qui lui est consacré

    L’auteur lui-même participe au mystère et à sa résolution en sortant des livres annexes tels que sa "Biographie non-autorisée" ou encore les "Beatrice Letters" (non-traduit en français).

    Notes de bas de page

    [1] SNICKET Lemony (HANDLER Daniel. Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire  : tout commence mal ; la fin .Brett Helquist ill.Rose-Marie VASSALLO,trad.Paris : Nathan, 2002. 190p, 22x14.ISBN 2-09-2823531,broché.