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Un petit creux avant d’aller dormir ?

Rien ne vaut Histoire à croquer avant d’aller se coucher !
 
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    Histoires à croquer fut le premier livre lu seule durant mon enfance. Au départ réticente à toutes formes de lecture, comme certains enfants, ce livre m’a réconcilié avec ce loisir qui est devenu dès-lors mon passe-temps favori. Très léger, il abordait divers sujets qui trouvaient un écho dans mon quotidien. De même, il me dévoilait des anecdotes imaginaires tels que : La chèvre qui voulait boire une limonade au bord de l’eau ou Le collier de la tourterelle.
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    © Hemma, 1998

    Ce recueil était composé de 22 histoires, très brèves, mais très accessibles aux enfants par un style simple, clair, et des synopsis très légers qui s’inséraient parfaitement dans le monde innocent qu’était l’enfance. Elles étaient illustrées par François Ruyer, qui me plongeait dans son univers grâce à un style fluide, des couleurs vives qui attiraient naturellement l’œil et des dessins qui ne faisaient qu’un avec les histoires racontées. L’usage d’une gamme colorée m’avait particulièrement plu car je trouvais, et je trouve encore, que cela rendait le récit plus vivant et donnait un réel dynamisme aux images qui étaient aussi attractives que le texte. Ces 22 histoires, de deux ou trois pages, étaient écrites par différents auteurs tels qu’Emma Derégnaucourt, Martine Legrand ou Janine Gollier. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’une histoire en particulier qui m’a profondément touchée.

    Cette histoire, écrite par Marion Laclaverie s’intitulait : Pourquoi les roses ont-elles des épines ?

    La trame était simple : une petite fille Marine, s’était liée d’amitié avec une rose. Chaque soir, en rentrant de l’école, la petite fille racontait sa journée à la fleur tout en prenant soin d’elle. Le jour de son anniversaire, elle reçut de ses parents un hérisson qu’elle baptisa Pimpon. Elle s’amusait, s’amusait et riait avec son nouvel ami mais en oubliait la fleur qui dépérissait petit à petit. Un jour de beau temps, alors qu’elle jouait à cache-cache avec son nouvel ami, celui-ci se fit dévoré par un loup. La petite fille, très peinée, ne retrouva de lui que les « piquants ». Retournant auprès de son ami la rose, elle découvrit avec stupeur que celle-ci se parait désormais d’une horrible couleur jaunâtre et avait diminué de plusieurs tailles : elle mourrait lentement et s’inclinait doucement vers le sol... Marine courut chercher un arrosoir et essaya de « réanimer » son amie. Ce fut une tâche difficile mais avec ardeur elle y parvint. La rose reprit sa belle teinte mais se parait désormais d’épines :

    « Et depuis ce jour, toutes les roses portent des épines. Et chaque personne qui s’y pique se souvient qu’il y a bien longtemps, à l’époque où les rosiers n’avaient pas encore d’épines, une rose avait voulu, pour faire plaisir à une enfant, lui rappeler un hérisson ».

    J’ai trouvé cette petite anecdote touchante et sympathique. La rose, symbole de douleur et de piqûres pour moi, avait prise depuis ce jour un autre sens, plus poétique : celui d’une amitié sincère entre deux personnages qui avaient contribué à me transmettre l’amour de la lecture. Malheureusement, mes parents n’ont jamais voulu m’offrir un hérisson et les roses dont je m’occupais ont toutes fané ! Cette anecdote m’avait permise de répondre à la question correspondant au titre de l’histoire, soit l’une des nombreuses questions que je me posais durant l’enfance. Néanmoins aujourd’hui, alors que les épines restent un mystère pour moi, je ne m’interdis pas de songer à cette amitié, car bien qu’elle soit fictive ; elle m’avait cependant bouleversé.

    L’histoire était fausse, mais m’avait paru naturelle étant enfant. Savoir d’où venaient les épines des roses me permettait de connaître un peu plus le monde si vaste qui m’entourait. Il était réconfortant de pouvoir mettre un nom sur des mystères, des phénomènes banals issu de la nature. Ce recueil m’a longtemps accompagné en tant que livre de chevet et de moteur pour l’imaginaire. Les personnages étaient particulièrement touchants par leur simplicité et leur naïveté. De plus, les histoires me semblaient fraîches et m’attiraient d’avantage que les histoires lues et relues tels que Blanche Neige ou Cendrillon. J’avais ressenti un véritable coup de cœur pour ce recueil qui m’apprenait beaucoup, tout en ne m’apprenant rien de vrai me direz-vous, mais qui me permettait de voyager avec mes « compagnons » imaginaires. Les illustrations avaient aussi joué un énorme rôle dans mon adoration pour le recueil. En repensant à cette période, une vague de nostalgie me revient chaque fois que je me souviens de mon émerveillement face à ce trésor de lecture qu’était Histoires à croquer. Une chose est sûre, ce livre m’accompagne toujours, bien que je le feuillette rarement, en souvenir de cette période de l’enfance où je croyais à l’amitié du hérisson. Aujourd’hui en pensant à toutes ces anecdotes, une seule chose me vient en tête : l’imaginaire est vraiment un outil extraordinaire !

    © Caroline, L1 HISTOIRE, janvier 2013

    Post-scriptum

    DEKELPER, Irène. Histoires à croquer. François RUYER ill. Hemma, 1998. 30x23 cm. Cartonné. ISBN : 2-8006-6319-7

    Résumé : « Connais-tu l’histoire extraordinaire de la chèvre qui voulait boire une limonade, de Maigrelette, plus légère qu’une feuille, ou de la gentille pipistrelle ? Non ? Alors, ouvre vite ce joli recueil illustré par le talentueux François Ruyer, et savoure ces contes d’aujourd’hui...Tu y découvriras une foule de personnages et d’animaux attachants, campés au cœur d’histoires passionnantes. En route pour ce merveilleux voyage par monts et par vaux, à travers les bois, les villes, et dans les airs ; il te suffit d’un lit moelleux...et de délicieuses petites histoires à croquer ! »