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Tara Duncan ou mon premier voyage sur une autre planète

 
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    Certains livres ont le pouvoir de nous faire voyager, de nous emmener dans d’autres pays, dans des villes inaccessibles, par la simple pensée. Et d’autres, vont au-delà. D’autres, vous emmènent carrément sur une autre planète, dans un autre univers. Ça a été le cas pour moi, grâce à Tara Duncan. Voici le récit de mon premier voyage interstellaire.

    Parce qu’il faut un début à tout... Je n’ai pas réellement de souvenirs de mon tout premier livre. Mes parents ne m’ont jamais lu d’histoires, ni avant d’aller me coucher, ni jamais. Mon père n’aimait pas ça, et ma mère a sûrement préféré me transmettre sa passion pour la lecture en m’ouvrant très tôt, les portes de sa bibliothèque personnelle, me laissant faire mes propres choix en matières de livres. J’ai d’abord été attirée par les images, sans réellement comprendre l’histoire en elle-même. Les albums d’Astérix de mon père, l’odeur des vieux romans de ma mère aussi, le sentiment d’avoir accès à un trésor encore inconnu lorsque je tournais chaque page. Et puis, il y a eu l’école. Les collections de J’aime lire, plus tard mais avant, mon grand-ami Ratus.

    (JPG)
    © Seuil, 2003

    Ma passion pour la littérature - et encore plus, pour la fantasy - s’est révélée lorsque je suis entrée au collège, donc vers l’âge de onze-douze ans. Je me souviens du jour où j’ai osé franchir la porte du CDI seule. Sans ma bande d’amies autour de moi, j’avais déambulé dans les rayons, jusqu’à trouver les livres de littérature jeunesse. Ma grande découverte ce jour-là, fut Tara Duncan : Les Sortceliers par Sophie Audouin-Mamikonian. À cette époque-là, je ne lisais pas beaucoup. C’était Harry Potter qui m’avait poussée à m’ouvrir à la littérature. J’avais cette soif de voyage, ce désir de découvrir quelque chose de différent de mon quotidien si ordinaire.

    Par le Revelus...

    Tara Duncan, c’était l’histoire d’une adolescente se découvrant des pouvoirs. Incapable de les contrôler, elle découvrait alors qu’elle était originaire d’une autre planète. Parce que Tara n’était pas terrienne, elle était autremondienne. Une planète pas si différente de la Terre, au fond. Sauf qu’on y trouvait des Sortceliers [1], des Elfes, des Nains, des Dragons, des Tatris, des Vampyrs (qui ne brillent pas au soleil...), des Trolls et tout un tas d’autres races plus intéressantes les unes que les autres. Je pense que c’est cette diversité qui m’avait attirée en plus de ce côté magique. Tara avait donc découvert sa véritable nature, ainsi que celle de sa grand-mère, de son arrière-grand-père Manitou [2], et de tout un tas d’autres personnes qui veillaient sur elle, alors qu’elle vivait tranquillement sur Terre. Elle allait devoir apprendre à vivre avec ces changements - et d’autres qui arriveraient dans les tomes suivants et qui bouleverseraient encore plus son existence compliquée, tout comme j’ai dû apprendre avec un monde qui ne me convenait pas forcément à cette époque.

    Le goût de l’écriture

    Tara Duncan n’est certes pas le meilleur roman de fantasy jeunesse du monde, mais - comme le prouve le nombre de Taraddict, les fans de la série - il a cette facilité de lecture et un humour bien particulier qui touche forcément au cœur. Je pouvais me reconnaître en Tara parce qu’elle avait environ le même âge que moi. Parce qu’elle avait les mêmes difficultés à s’adapter à un monde qui lui paraissait effrayant et compliqué. Et si elle était blonde et moi brune, j’avais l’impression de trouver en elle, une sœur jumelle partageant mes doutes en l’avenir. Tout ça pour dire que Tara Duncan a joué un rôle essentiel dans mon adolescence. Son auteur, surtout, est devenu un modèle. Proche de ses lecteurs, elle a cette simplicité qui donne envie de devenir écrivain à son tour, de partager des aventures extraordinaires. D’elle, j’ai beaucoup appris en tant qu’écrivain en herbe. J’en ai tiré un humour vivace, un goût pour les univers fantastiques et des créatures imaginaires (quoi que... nous serions peut-être surpris !). Oui, sans aucun doute, Tara Duncan fait partie des œuvres ayant marqué la fin de mon enfance et le début de mon adolescence.

    © Cindy LAPAILLE,

    L3 Lettres Modernes, janvier 2013

    Post-scriptum

    AUDOUIN-MAMIKONIAN Sophie, Tara Duncan : Les Sortceliers, Erika PITTIS ill. Paris : Seuil, 2003. 471 p ; 14cm x 21cm. Fiction Ados. ISBN : 2020602164.

    Notes de bas de page

    [1] littéralement "Ceux-Qui-Savent-Lier-Les-Sorts", donc, ceux qui maîtrisent la magie

    [2] le sortcelier transformé en labrador noir immortel suite à un sort qui a mal-tourné