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VÉGÉTA au top 10 des plus grands méchants de tous les temps !

Le Joker en personne remet à Végéta le prix de la seconde place du top 10 des plus grands méchants !
 
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    Nous décernons aujourd’hui la deuxième place de ce top 10 exceptionnel des plus grands méchants de tous les temps ! Je suis votre présentateur, grand vainqueur de notre dernière édition, le Joker ! Tout juste second derrière notre gagnant de cette année, Hannibal Lecter, nous accueillons donc... Végéta, tout droit sorti du manga Dragon Ball !

    Fulminant de rage, je jette mon regard le plus noir en direction du Joker qui me répond par un sourire trop large et son habituelle remarque : « Why so serious ? » Je grimpe d’un bond leste sur la haute scène où le joker me jette un coup d’oeil moqueur. Je suis effectivement particulièrement petit et trapu, mais beaucoup plus musclé que lui. Furieux et bien décidé à lui prouver ma supériorité, je lui arrache le micro des mains et fais théâtralement face à l’audience triée sur le volet. J’aperçois Loki sur le côté, le capitaine Crochet dans les premiers rangs ou encore Double face et les toise fièrement.

    « Je suis Végéta, prince Saiyan ! »

    « Deuxième ? Crie-je d’une voix forte qui fait trembler les murs, Deuxième ? Je suis Végéta, membre de la famille royale de la planète Végéta, prince des Saiyans et guerrier super Saiyan ! Vous me connaissez tous et savez que ma planète est aujourd’hui détruite. Ma famille et mes amis sont morts durant son explosion, mais peu m’importe ! Je ne les ai jamais pleurés. Accompagné de l’un des rares survivants Saiyan, Nappa, nous nous sommes rendus sur la terre afin d’y chercher les Dragons Balls. Ces petites boules magiques permettent d’exaucer n’importe quel souhait une fois réunies. J’avais l’intention de devenir immortel grâce à elles, j’ai donc attaqué la terre et en ai détruit des villes entières. Échouant à découvrir les Dragon Balls, j’ai voyagé jusqu’à la planète Namek où vivent les créateurs des Dragons Balls, et ai exterminé plusieurs de leurs villages.

    _Mais tu t’es fait battre à plate couture, » me coupe malicieusement le Joker.

    Le regard meurtrier que je lui jette ne l’arrête pas, il poursuit :

    « Tu servais Freezer comme un esclave. Freezer, le guerrier très puissant qui a détruit ta planète. Et lorsque tu t’es rebellé contre lui, tu as échoué ! Tout penaud, tu es revenu sur la terre que tu voulais initialement détruire.

    (JPG)
    Moi en mode super Saiyan, vêtu de la tenue de combat traditionnelle, Dragon Ball, éditions Glénat, 1993

    _Je n’en reste pas moins un fier guerrier Saiyan ! Nous sommes une race de combattants, notre période juvénile est plus longue que celle des terriens afin que nous puissions nous battre plus longtemps. Je porte d’ailleurs en ce moment même l’uniforme de combat traditionnel des Saiyans, composé d’un justaucorps bleu et d’une armure blanche sur le haut du corps. Cet uniforme est incroyablement léger et spécialement conçu pour ne pas gêner mes mouvements lors de mes combats. Je possède également tout un panel de techniques incroyables. À chaque fois que je frôle la mort ma puissance augmente de 33% et, grâce à ma queue de singe, je me transforme en singe géant au clair de lune !

    _Oh, un singe-garou ?

    _Ne ris pas, car ma puissance augmente alors au centuple ! Poursuis-je, emporté par mon discours. Mais je deviens encore plus fort lorsque je me transforme en super Saiyan, le guerrier légendaire. Mes cheveux noirs deviennent blonds, mes yeux sombres deviennent vert et je suis invincible ! Au fil du temps, je suis même parvenu à atteindre le niveau 2 des supers Saiyan, devenant encore plus fort !

    _Et San Goku le niveau 3. »

    Le Joker me regarde en souriant et je dois me contenir de toutes mes forces pour ne pas me transformer en super Saiyan et le tuer aussitôt. Je suis un guerrier, pas un beau parleur !

    « San Goku est ton rival, continue-t-il, ton plus grand rival, également guerrier Saiyan. Tu n’es jamais parvenu à le vaincre, quoi que tu fasses, et la jalousie te consume ! De plus, San Goku est le héros principal du manga.

    « Akira Toriyama, mon créateur et mangaka »

    _Un héros n’est rien sans son pendant maléfique ! Akira Toriyama le savait en dessinant ce manga d’arts martiaux publié à partir de 1984 au Japon, édité en France depuis 1993 aux éditions Glénat. Afin de s’approcher davantage de l’original japonais une réédition française s’est étendue de 2003 à 2008. Mais on peut trouver aussi des éditions presse et des éditions en doubles volumes. Je suis présent dans presque chacun des quarante-deux tomes de ce manga, et même dans chacune de ses adaptations en dessin animé, en film et en jeu vidéo. Les États Unis ont également adapté ce manga en film, mais sans suivre la trame narrative ce qui a causé une grande déception parmi les fans. Bien sûr, il existe également de nombreux autres produits dérivés tels que des cartes à collectionner, des figurines ou encore des vêtements. Le manga en lui-même s’est écoulé à près de trois cents millions d’exemplaires, dépassant Tintin, ce qui fait de lui l’un des plus vendus à travers le monde. Il est aussi le point de départ de l’explosion du manga en France à partir des années 1993, nous avons ouvert la voie aux mangas et j’en suis le méchant attitré !

    _Ah non, il y aussi Piccolo, les Cyborgs, Boo... D’ailleurs, tu as souvent perdu contre chacun d’entre eux.

    _Mais ils sont aujourd’hui tous morts ! Nous les avons vaincus.

    _Nous ? C’est très juste de préciser que tu n’étais pas seul. Et puis, toi aussi tu es mort et les dragons Ball t’ont ressuscité plusieurs fois. Tu t’es aussi bien attendri pour un méchant. Tu étais, au début du manga, d’une fierté démentielle, impulsif, orgueilleux, ton seul désir était de devenir le plus fort et tu n’admettais jamais la défaite. Tuer des innocents ne te causait aucun problème. Lorsque ton fils est revenu du futur pour tenter de sauver la terre, tu t’es montré avec lui d’une froideur et d’une indifférence remarquable. Et pourtant, ne t’es-tu pas marié à une amie de San Goku, une simple terrienne ? ?

    Oui, Bulma. Mais mon fils, Trunks, est beaucoup fort que le cadet de San Goku !

    _Et ta fille, Bra ?

    _Le manga se termine avant que l’on puisse parler d’elle. Mais je suis certain qu’elle deviendra une grande guerrière !

    Voici donc, mesdames et messieurs les méchants, celui qui monte sur la deuxième marche de notre podium, Végéta, prince Saiyan ! Venez par ici, nous allons maintenant annoncer...

    _Venez par ici ? Non, non, j’ai une petite chose à faire avant. »

    Je souris, pas de cette manière malicieuse caractéristique du Joker, mais d’une façon beaucoup plus machiavélique qu’accentue mon regard sévère.

    « Si je n’obtiens pas le premier prix, personne ne le pourra ! Canon Garric ! »

    (JPG)
    Canon Garric ! Dragon Ball, éditions Glénat, 1993

    Je crispe mes mains l’une contre l’autre et dans un énorme flash de lumière lance l’une de mes attaques favorites, le Canon Garric, en direction du podium. Un trait de lumière puissant et éblouissant détruit la scène entière et le Joker disparaît en hurlant de terreur ! Dans la salle, c’est le chaos ! Penser que moi, Végéta, je vais accepter une simple seconde place ? Un rire guttural s’arrache de ma gorge comme je contemple mon oeuvre. Le plus grand méchant de tous les temps, c’est moi !

    Une main, d’abord, parvient à se dégager du tas de gravats fumants et noircis. Un Joker grommelant entre ses dents, d’une humeur exécrable, la suit rapidement :

    « Sans danger qu’ils disaient, sans danger ! J’aurais mieux fait de me méfier de cette histoire de présentateur. Ah... Végéta... ! »

    Mon ombre le surplombe lentement, alors que je me glisse derrière lui, et le fait taire.

    « Alors ? Je suis premier maintenant ?

    _...Oui, oui ! »

    Le joker sort de quelque part en dessous des ruines les restes d’un trophée d’or à demi fondu pour me le tendre. Enfin satisfait, je me détourne tranquillement en lui lançant :

    « À l’année prochaine Joker ! »

    © Imaginé par Claire KRUST,

    L3 Lettres Modernes, Mars 2013