Site littérature jeunesse de lille 3

Pleine Lune, d’Antoine Guilloppé

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Quel est ce bruit qui réveille ainsi les habitants de la forêt ? Ces mots présents sur la quatrième de couverture de Pleine Lune ont éveillé ma curiosité. L’histoire est simple et très minimaliste sur le plan du récit que l’on peut le résumer en une ou deux phrases. C’est un soir de pleine lune. Des bruits inhabituels réveillent tour à tour les animaux de la forêt qui se demandent ce qui peut bien se passer.
    (JPG)

    Une histoire effrayante ?

    Antoine Guilloppé a publié Pleine Lune en 2010 et a reçu pour cet album le prix de "La nuit du livre" en 2011, qui récompense aussi bien l’auteur que le fabricant.

    Rien qu’en observant la couverture, on entre dans un univers angoissant. Une tête de loup nous fait face avec un regard profond et une allure de défi. Cette posture n’est pas sans rappeler celle du loup de L’Oeil du loup de Daniel Pennac (publié d’ailleurs dans la collection Pleine Lune de Nathan Jeunesse en 1994). La technique du papier découpé donne un aspect piquant à la fourrure de ce loup et ne le rend pas attirant.

    (GIF)
    L’oeil du loup de Daniel Pennac

    Et la promesse de la couverture est tenue jusqu’à la dernière page. Même si il n’y a pas beaucoup de texte, celui-ci est toutefois dans la lignée inquiétante de la couverture. L’auteur entretient cette inquiétude grandissante en maintenant un suspens. Il ponctue le récit de questions comme : "quel est ce bruit qui réveillent ainsi les habitants de la forêt ?" ou "Est-il en danger ?". La phrase qui marque le milieu de l’album : "le mystère reste entier", tient également le lecteur en haleine. Par ces petites phrases Antoine Guilloppé installe cet univers troublant et énigmatique. À chaque phrase, un mot est mis en valeur en grossissant son corps par rapport au reste de la phrase. On trouve par exemple les mots "lune", "loup", "danger" qui sont accentués mais cela n’apporte pas vraiment une intensité au récit car celle-ci se trouve dans la puissance des images.

    Sans révéler la fin et lever le voile sur le mystère, on peut dire que la dernière phrase de l’album adoucit tout un coup cet univers effrayant. Le récit prend même des allures de berceuse.

    Un éveil artistique

    (JPG)

    On retrouve dans l’univers de Pleine Lune, la patte d’Antoine Guilloppé. Un ouvrage avec seulement deux couleurs ; le noir et le blanc. Ce principe bicolore existait déjà dans Loup Noir (2004) et dans Prédateurs (2007).

    Un place importante est donnée à l’image dans cet ouvrage. Le texte est réduit à quelques mots par pages. Cela permet une plus grande imprégnation du monde que veut donner à voir l’auteur.

    Le noir et le blanc s’opposent continuellement au fil des pages. C’est un jeu entre l’obscurité de la nuit et les reflets de la pleine lune. Il y a également une dimension ludique puisque l’enfant peut projeter les ombres des illustrations aux murs et faire sortir les animaux de la forêt.

    L’originalité de cet ouvrage tient aussi de la technique utilisée. Car ici, les dessins sont créés par découpage. On appelle cela parfois un livre dentelle car la précision et la finesse du découpage s’apparente à la délicatesse de cet art. Les illustrations ainsi obtenues font apparaître tantôt un loup, tantôt une chouette, tantôt un renard. Cette technique plutôt inhabituelle permet d’éveiller l’enfant à une forme d’art puisque l’image est l’élément principal de l’album. Il y a également une dimension ludique puisque l’enfant peut projeter les ombres des illustration aux murs et faire sortir les animaux de la forêt.

    Le seul bémol de ces illustrations découpées, bien que très originales et esthétiques est qu’elles semblent un peu fragiles pour être manipulées par des mains d’enfants.

    Antoine Guilloppé a cependant réutilisé cette technique dans ce qui pourrait s’apparenter à la suite de Pleine Lune puisqu’il s’agit de Plein Soleil. Le mystère est transposé cette fois-ci dans les plaines africaines.

    © Lucie LALLIER, L1 Lettres Modernes, 2013

    Post-scriptum

    GUILLOPPÉ, Antoine. Pleine Lune. Paris, Gautier-Languereau, 2010. 29 x 32 cm. ISBN 978-2-01-393375-9

    GUILLOPPÉ, Antoine. Pleine Lune. Paris, Gautier-Languereau, 2013. 32 p. ; 16 x 18 cm (Les petits Gautiers). ISBN 978-2-01-394138-9

    GUILLOPPÉ, Antoine. Plein Soleil. Paris, Gautier-Languereau, 2011. 29 x 32 cm. ISBN 978-2-01-393505-0

    GUILLOPPÉ, Antoine. Prédateurs. Paris, Thierry Magnier, 2007. 19 x 23 cm. ISBN 978-2-84420-554-4

    GUILLOPPÉ, Antoine. Loup Noir. Bruxelles, Casterman, 2004. 25 x 31 cm. (coll. Les albums Duculot) ISBN 2-203-55306-5

    PENNAC, Daniel. L’oeil du loup. Catherine REISSER (ill). Paris, Pocket Jeunesse, 2002. 92 p. ; 18 x 11 cm. ISBN 2-266-12630-X

    Public : 0-5 ans

    Mots-Clés : nuit, animal de la forêt, Antoine Guilloppé

    Pour aller plus loin

    • le site d’Antoine Guilloppé

    • d’autres critiques sur le même auteur : Quelle est la couleur ?