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BETTY BOOP, l’icône sexy du XXe siècle nous ouvre son album photos

À travers les photos demeurent nos plus beaux souvenirs...
 
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    Nostalgie, quand tu nous tiens... Aujourd’hui, Betty Boop a 82 ans ! C’est qu’elle n’est plus toute jeune, la célèbre pin-up... Mais c’est le sourire aux lèvres qu’elle se remémore ses années de gloire et nous livre gentiment quelques anecdotes personnelles en feuilletant les pages de son album-photos souvenirs. Résumé de sa vie de star.

    Ma naissance

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    L’un des premiers croquis de mon personnage, réalisé par Myron Grim Natwick

    Oh ! C’est moi sur cette photo ? J’ai bien changé, heureusement ! Pas facile de se revoir sous l’aspect d’un caniche... C’est pourtant sous cette apparence que j’ai fait mes premiers pas à l’écran, le 9 août 1930. Et pour cela, je remercie Bimbo, sans qui je n’aurais sans doute pas existé. À l’époque, il était le chien-star des studios Fleisher et se plaignait de ne pas avoir de petite-amie ; on m’a donc créée pour le séduire.

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    Mes amis et moi devant les Studios Fleischer, à New-York (1932)

    Les frères Dave et Max Fleischer ont été des pionniers dans le secteur de l’animation au XXe siècle. Ils ont inventé, en 1915, le rotoscope, technique d’animation permettant de transformer une scène filmée en dessin animé. En 1921, suite au succès de leur première série réalisée au rotoscope, Out of the Inkwell, les frères Fleischer décidèrent de créer leur propre studio d’animation : « Out of the Inkwell Films ». Celui-ci était reconnu à l’époque comme le plus grand concurrent des studios Walt Disney. Alors que la Grande Dépression planait au-dessus des États-Unis, le studio a pris le nom de « Fleischer Studio » en 1929. C’est à ce moment propice - alors que les gens cherchaient à échapper à leurs problèmes en se rendant dans les salles de cinéma - que j’ai fait mes premiers pas dans ce studio d’animation, au 1600 avenue de Broadway, en plein cœur de Manhattan.

    Les frères Fleischer m’ont attribué mes premiers rôles dans la série « Talkartoons », aux côtés de leurs deux vedettes : Bimbo le chien et Koko le clown, avec qui je me suis tout de suite liée d’amitié. Quelques années plus tard, je bénéficiais de ma propre série de dessins animés « Betty Boop Cartons » où je tenais enfin le rôle principal. Une première pour une fille aux États-Unis !

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    Myron Grim Natwick, mon "papa plume" (1937)

    C’est ce génie de l’animation américaine qui m’a donné vie et qui a fait de moi la jeune femme libre et sensuelle que je suis. Mais croyez-moi, comme toutes les filles, j’ai souffert avant d’être belle !

    « J’ai juste dessiné un petit chien à qui j’ai ajouté des jambes de femme et ce qui est devenu par la suite des boucles d’oreilles étaient d’abord de longues oreilles. Je crois que je me suis inspiré du caniche français, pour avoir une idée simple du personnage. »

    Pas très flatteur tout ça, n’est-ce pas ? Ce sont pourtant les paroles de mon père : voilà ce à quoi il me destinait... à n’être qu’une chienne ! Non, mais vous y croyez, vous ? Tout de même, je vaux mieux que ça. J’ai eu vraiment très peur qu’il me laisse avec mes grandes dents et mes affreuses oreilles de chien (évidemment, ce n’est pas lui qui les portait !). Cela n’a pas été facile tous les jours. Mais heureusement, après d’interminables discussions et de longues nuits blanches, j’ai enfin réussi à le convaincre de me rendre plus humaine. Un beau jour, après avoir accepté de m’attribuer une plus grande part de féminité, il a remplacé mes longues oreilles par de jolies boucles d’oreilles. Il m’a même offert une magnifique jarretière pour l’occasion ! Vraiment adorable ce Myron !

    Il a travaillé également pour la série Silly Symphonies des studios Walt Disney, qui était à l’époque la série rivale des studios Fleisher. Myron était tellement doué (la preuve, j’existe !) qu’on avait toujours besoin de lui ! Alors, quand il partait retrouver Mickey Mouse ou Blanche-Neige [1], il fallait s’attendre à ce que je pique une crise de jalousie... Enfin, tout ça c’est du passé, maintenant. Je suis trop généreuse pour lui en vouloir.

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    Helen Kane, mon modèle (1928)

    Ah... Belle Helen ! Quand je la vois, je comprends pourquoi je suis si jolie.

    Lorsque je suis née, cette chanteuse populaire américaine était connue pour son célèbre titre « I wanna be loved by you ». Son apparence et sa voix ont inspiré mes créateurs. C’est à cette femme que je dois mon visage rond, mes énormes yeux innocents, mes courts cheveux bouclés, et aussi, mais surtout... mon « Boop-oop-a-doop » !

    Moi, j’étais ravie de lui ressembler, mais elle n’était pas de cet avis. Elle a même tenté un procès contre mes créateurs. Elle disait que ma popularité lui faisait de l’ombre. Je n’y peux rien, moi, si mon charisme dépasse son talent ! Boop-oop-a-doop !

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    Mae Questel, ma voix (1930)

    Vous allez certainement penser qu’elle a une grande ressemblance avec Helen Kane. C’est le cas, puisque Mae Questel a été repérée, à l’âge de 17 ans, par Max Fleisher, lors d’un concours d’imitation d’Helen Kane. Cette comédienne et chanteuse imitatrice a fourni sa voix pour des centaines de dessins animés qui sont encore vus et entendus partout dans le monde aujourd’hui.

    On m’a attribué sa voix pour plus de 150 courts-métrage, de 1930 à 1939. Elle a également prêté sa voix à Olive, la fiancée de Popeye et Casper, le gentil fantôme !

    Mes amis et compagnons d’aventures

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    Source : http://www.neverlandanimationgallery.com

    Voici Bimbo le chien et Koko le clown, qui étaient avant mon arrivée les stars du studio Fleischer. Koko est le plus âgé d’entre nous, il est le premier à avoir vu le jour en 1919 dans la série « Out of the Inkwell », grâce à la technique du rotoscope. J’ai vécu beaucoup d’aventures avec eux, toutes aussi drôles les unes que les autres ! Ils me considéraient à la fois comme leur amie, leur maman et leur confidente.

    Quatre ans après notre rencontre, nous nous sommes tous les trois séparés (certainement à cause de mon succès). Mais je me suis vite trouvée d’autres compagnons :

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    Pudgy, fidèle animal de compagnie

    J’ai toujours rêvé d’avoir un animal de compagnie. Mais la complicité qui nous liait, Pudgy et moi, était au-delà de mes espérances ! Bon, même s’il m’a parfois attiré des ennuis (le moment de son bain n’était pas une partie de plaisir !), Pudgy était avant tout un petit chien curieux et joueur. Un jour, il a sauvé la petite chienne de notre voisine qui se noyait, alors que celle-ci refusait toujours de jouer avec lui. Mais Pudgy n’était pas rancunier, il était surtout très généreux !

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    Grampy, mon vieil ami

    Grampy est un savant un peu fou, débordant d’idées... Il m’a toujours aidée à surmonter mes petits soucis quotidiens. Il lui suffit de revêtir son chapeau à idées pour trouver la solution à mon problème. Un jour, pour m’aider à ranger et nettoyer la maison, il a inventé toutes sortes de mécanismes dont un vélo muni d’un arrosoir et de deux balais permettant de nettoyer le sol rapidement.

    Souvenirs de tournage

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    Ma première apparition dans Dizzy Dishes (Restaurant en folie) 1931

    Mon premier rôle... Qui aurait cru que mon court passage sur cette scène de cabaret était le début d’une grande carrière ? Jamais je n’aurais imaginé que mon refrain « Boop-oop-a-doop » marquerait les esprits durant tant d’années ... Je crois qu’à ce moment-là, seul Bimbo qui jouait le rôle de serveur du restaurant croyait en mon succès. Il faut dire qu’il ne lui a pas fallu longtemps avant de tomber sous mon charme ! Je l’ai toujours considéré comme un ami, mais son amour pour moi n’a jamais cessé...

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    Silly Scandals (Scandales inoffensifs), 1931

    C’est lors de ce film - soit mon cinquième passage à l’écran - que le public a découvert mon vrai nom : Betty Boop.

    C’est aussi à partir de ce moment-là que Mae Questel m’a prêté sa voix. Ouf ! Il était temps car les quatre voix qui m’avaient doublée jusque là ne correspondaient pas du tout à mon personnage...

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    Bum bandit (Bandit minable) 1931

    Dans cet épisode, mon nez n’a fait que passer du noir au blanc. Quelle horreur !

    Mon physique se modifiait de film en film. Pas étonnant puisque les frères Fleisher n’avaient pas réalisé de charte graphique pour mon personnage.

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    Minnie the moocher (Minnie la morue) 1932

    Me voici réfugiée dans les bras de Bimbo ; ce jour-là il m’avait aidée à fuguer de chez mes parents... Mais la peur m’a vite rattrapée !

    Je n’aime pas en parler mais je me dois de vous le dire : je suis une fille d’immigrés et je vous avoue que mes parents n’étaient pas très doux avec moi...

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    Stopping the show, 1er épisode de la série « Betty Boop Cartoons » (1932)

    J’adore la scène ! Il était donc évident que pour le premier épisode de ma série, je sois la star du spectacle.

    J’imitais des chanteurs (dont Maurice Chevalier) ; ce que c’était drôle !

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    Popeye the sailor man (1933)

    Vous connaissez mon ami Popeye, le célèbre marin de bande-dessinée ? C’est moi qui l’ai présenté au grand public, le 14 juillet 1933, dans l’un de mes épisodes. C’était la première fois qu’il apparaissait à l’écran. Accompagné de sa fiancée Olive, il est venu voir mon spectacle de danse haïtienne à la fête foraine. Sur cette photo, nous étions en train de danser sur scène et c’est à ce moment-là que son pire ennemi, Brutus, en a profité pour enlever Olive. Rassurez-vous, Popeye l’a sauvée, comme toujours. Après avoir conquis mon public, Popeye a eu droit, lui aussi, à sa propre série de dessins animés.

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    Boop-oop-a-doop (1932)

    Quel courageux ce Koko, toujours prêt à aider les autres ! Lorsqu’on a pris cette photo, il venait de me sauver des griffes de mon patron qui me harcelait dans ma loge. J’étais funambule et dompteuse de lions dans un cirque.

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    Rythm on the reservation (Rythme dans la réserve), dernier épisode des « Betty Boop Cartoons » (1939)

    En visite chez les Indiens, je leur ai fait découvrir des instruments qu’ils ne connaissaient pas. Ils avaient une façon étrange de s’en servir : l’un d’eux se servait d’un accordéon pour faire du feu, un autre se servait d’une housse de guitare comme d’une barque... C’était drôle ! J’ai essayé de leur enseigner l’utilisation de ces instruments en faisant une démonstration de tam-tam. Ils ont adoré !

    Victime du code Hays

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    Depuis les années 20, l’industrie du cinéma hollywoodien était montré du doigt par des associations de bonne morale américaine, suite à des scandales (viols, meurtres etc...) qui avaient terni sa réputation. Un code de production cinématographique a donc été instauré par le sénateur William Hays, censurant les films hollywoodiens de 1934 à 1954, période connue pour sa rigueur morale. Fondé sur des valeurs morales, le code interdisait toute référence à la séduction et à la nudité. C’est pourquoi, à partir de 1934, on m’a totalement relookée : finies les mini-jupes, place aux jupes plus longues (on ne voyait même plus ma jarretière), finis les décolletés, on me couvre le haut du corps... En résumé : adieu les tenues sexy, un peu trop provocatrices.

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    J’ai même été contrainte de déménager...à la campagne ! Et pour couronner le tout, j’ai dû également changer de job : me voilà à jouer la maîtresse ou l’infirmière. Telle une femme au foyer modèle, je faisais la cuisine et les tâches ménagères ! Je devais présenter aux spectateurs des standards corrects de vie, en mettant en avant les valeurs familiales.

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    Poor Cinderella (1934)

    Comme vous pouvez le constater, je n’étais pas ravie de jouer le rôle de Cendrillon : ce fut une vraie corvée ! Mais ma robe de soirée était si scintillante... Et puis, quel plaisir d’apparaître ENFIN en couleurs sur les écrans ! Pour l’occasion j’ai même changé de tête : rousse aux yeux verts. Ca me va plutôt bien, non ?

    Je suis aussi une héroïne de bande-dessinée

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    Extrait de la bande dessinée "Betty Boop" par Bud Counihan, publiée de 1934 à 1937 (Editions Vent d’Ouest)
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    Extrait de la bande dessinée « Betty Boop et Félix le chat » par les frères Walker, publiée de 1984 à 1988 (Editions Vent d’Ouest)
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    Couverture de « Charlie Mensuel », année 1975

    Éternelle star

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    "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" réalisé en 1988 par Robert Zemeckis

    Après de longues années d’absence, j’ai fait mon retour à l’écran dans ce célèbre film. Ca changeait des dessins animés ! Jessica Rabbit, célèbre personnage de cartoon, était soupçonnée d’avoir trompé son mari, Roger Rabbit le lapin. Cessez donc de ne vous fier qu’aux apparences ! Moi, je l’ai trouvée merveilleuse dans son rôle de femme fatale envoûtante et sensuelle. Je me souviens encore de son entrée sur scène, prête à chanter « Why don’t you do right ». Ca me rappelait la belle époque, lorsque j’étais à sa place. Mais ce jour-là je n’étais qu’une simple serveuse... C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que rien ne serait plus jamais comme avant !

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    Affiche publicitaire « Star eyes », Lancôme (2012)

    Imaginez-vous que l’une des plus belles femmes au monde vous demande des conseils beauté. Eh bien, ça m’est arrivé ! Je me suis sentie de nouveau utile. Après avoir enchaîné les contrats avec Chanel, Dior, Longchamp, Nina Ricci, Jean-Paul Gaultier (et j’en passe !), Daria Werbowy est devenue la nouvelle égérie de Lancôme. Promouvoir un produit de beauté d’une grande marque n’est pas donné à toutes les filles. Je ne pouvais pas refuser cette proposition. Il faut dire que ce mascara est totalement adapté à mes battements de cils ! Quel plaisir d’aider un mannequin à mettre ses atouts de charme en valeur ; entre « reines du glamour », on se comprend !

    Je suis unique parmi les personnages de dessins animés de mon époque parce que j’ai su assumer pleinement ma féminité. Alors que Minnie Mouse est restée dans l’ombre de Mickey, qui n’était autre que son clone au masculin, j’ai su évoluer au fil du temps, en passant du statut de chienne anthropomorphe au statut de femme à part entière.

    Un brin de liberté, une goutte de gentillesse, un zeste d’autonomie...tout cela enrobé d’une silhouette sexy : voici le mélange idéal pour devenir la plus grande star féminine de l’animation du XXe siècle.

    Retrouvez-moi...

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    Coffret collector 5 DVD, Editions Films sans frontières

    ...en DVD (depuis 1970 mes films sont colorisés alors profitez-en !)

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    Parure de lit (3 Suisses)

    ...chez vous

    ou emportez-moi...

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    Sac à main (La Redoute)
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    Porte-clés (La Redoute)

    ...partout avec vous !

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    © Imaginé par Mélissa CUIGNET,

    L1 Culture et Médias, avril 2013

    Mise à jour : avril 2014

    Post-scriptum

    SITE OFFICIEL DE BETTY BOOP www.bettyboop.com

    FILMS D’ANIMATION

    > Dizzy Dishes (1930)

    > Silly Scandals (1931)

    > Bum bandit (1931)

    > Minnie the moocher (1932)

    > Stopping the show (1932)

    > Boop oop a doop (1932)

    > Popeye the sailor (1933)

    > Snow White (1933)

    > Rythm on the reservation (1939)

    > Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988)

    SITES DIVERS

    > Publicité "Star Eyes" de Lancôme (2012)

    > Rose McGowan dans la peau de Betty Boop

    >Shopping en ligne

    >Betty Boop en DVD

    Notes de bas de page

    [1] Bien avant Blanche-Neige et les sept nains (1937), Betty Boop a eu le rôle de Blanche-Neige dans Snow White en 1933