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À Carabanchel avec Elvira Lindo

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    Voici le retour attendu du génial personnage créé par Elvira Lindo et qui, avec déjà huit volumes de ses aventures, a conquis le cœur de lecteurs de tous âges. Avec Mejor Manolo, nous retrouvons Manolito Gafotas, le héros préfére de la jeunesse espagnole.
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    Elvira Lindo, Emilio Urberuaga ill.
    Seix Barral Editorial, novembre 2012, ISBN 8432214566

    Dix ans se sont écoulés depuis Manolito tiene un secreto et le quartier de Carabanchel où nous avions laissé Manolito Gafotas. L’ado qui nous revient dans ce monde qui a changé n’a pas perdu son naturel et sa façon si particulière de regarder tout ce qui l’entoure. On a de la chance...

    Elvira Lindo nous parle de Manolito

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    Elvira Lindo, juin 2010

    L’air décontracté, mais toujours avec son élégance particulière, Elvira Lindo nous parle de sa dernière œuvre, en analysant le retour de Manolito et sa conception de l’histoire. « J’ai essayé d’expliquer le retour de Manolito au début de l’histoire », nous confie la romancière.

    Après l’introduction dont la gaditane nous parle, le protagoniste commence ses histoires en parlant du tout début des temps. Dans cette occasion, le début sera trois ans avant avec la grossesse de sa mère, une surprise pour toute la famille, et l’arrivée de « Chirli » un jour, appelé par Manolito, FF (Final fatal). L’arrivée de sa nouvelle sœur a changé la vie de « el Imbécil » qui est passé d’être le centre d’attention à être un secondaire de luxe. La préoccupation de sa mère à cause de la réaction de son frère, va provoquer un autre attaque de jalousie de la part de Manolito, qui va se trouver une autre fois refusé et déplacé. Mais, malgré tout, il va commencer aussi à comprendre son petit frère.

    Née en 1962 à Cadiz, Elvira Lindo Garrido, « la mère » de cet enfant qu’on connaît bien, nous présente son dernier épisode. Journaliste, écrivaine, femme, mère... Elle est beaucoup de choses, mais surtout, cette belle dame est la responsable d’avoir initié dans la lecture la plupart des jeunes Espagnols de nos jours.

    « Je voulais créer un personnage auquel tous les enfants pourraient s’identifier »

    La romancière affirme que le fait de créer Manolito était pour elle une façon d’introduire les enfants à la littérature : « Je voulais créer un personnage pour que tous les enfants sachent ce qui veut dire s’identifier, car c’est plus facile d’aimer la lecture quand on partage des traits communs avec le protagoniste ». Elle est convaincue que l’évolution de Manolito va nous toucher l’âme : « Ce sont des choses que tout le monde a vécues à son âge. Il est difficile de ne pas sentir empathie. »

    Selon la créatrice, nous sommes aujourd’hui face à un personnage plus mûr. Il a appris de ses expériences, « c’est ça qui arrive quand tu es un enfant avec de l’expérience, tu as déjà tout vécu et rien ne t’étonne ». On le trouve plus sage, avec une petite amie, parlant de sexe et de religion. Mais sa sincerité continue toujours à nous prendre, en nous faisant nous amuser. À côté des autres personnages (la sita Asunción, el Orejones, Yihad, Nicolás...). La romancière explique qu’elle a repris la vie de Manolito parce qu’elle sentait qu’il y avait quelque chose qui manquait : « On me demandait par dans la rue et on me disait des choses du genre : Il faudrait voir Manolito à l’âge de seize ans !! »

    Donc, on pourra profiter une autre fois en lisant les aventures de « l’enfant qui n’a jamais de la chance dans un contexte actuel où on parle de la crise économique et de problèmes immobiliers. « Je pense que la famille de Manolito est la famille espagnole typique [...] quand j’écris les lignes, je pense toujours à ma famille, à mon enfance »., révèle Elvira. La famille et ses membres gardent toujours l’ironie des aventures précédentes. Le protagoniste nous fera des confessions qui auparavant étaient des secrets et il se souviendra de son enfance, où nous allons retrouver l’innocence du personnage.

    « Manolito Gafotas c’est moi »

    Elvira nous parle de Manolito de la même façon que Flaubert parlait de Madame Bovary : « Je crois que s’il s’agit d’un personnage de ce genre, tous les écrivains mettent beaucoup de lui-même pour le créer. Je peux dire, en effet, que Manolito c’est moi, et que moi, je suis Manolito ».

    Les bonnes nouvelles continuent, car la maison d’édition travaille déjà pour le retour de la série, l’année prochaine, avec un nouveau dessin et les illustrations d’Emilio Urberuaga, qu’on peut déjà apprécier dans ce titre.

    Le retour de Manolito, satisfait l’envie des fans de la série et prendra ceux qui liront les histoires pour la première fois. Ce personnage appartient au patrimoine des petits lecteurs, jeunes et adultes, malgré le fait qu’il a grandi mais peut-être que les plus petits s’identifieront-ils pas autant qu’il y a dix ans au protagoniste. Pourtant, ils pourront toujours profiter de ses histoires antérieures. La lecture de ses aventures et péripéties est suivie avec un sourire constant, dès le début jusqu’à la fin. Je vous dis la vérité et « si ce n’est pas vrai que je tombe mort maintenant » !!!

    © José Lojo Cardona, étudiant Erasmus L3 Lettres modernes

    Lille3jeunesse, avril2013.