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La Tribu : vol. 1 Histoire de Suth, de Peter Dickinson

aux prémices de l’humanité...
 
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    « L’Afrique, il y a deux cent mille ans. » À l’aube des temps et de l’humanité, le très jeune Suth doit veiller sur ce qui reste de sa Tribu : cinq enfants dont le plus jeune n’est encore qu’un bébé, cinq enfants dont la survie ne repose que sur lui...
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    © Hachette jeunesse, 2001

    Peter Dickinson s’arme d’une imagination redoutable et poétique pour dresser un nouveau mythe de l’origine et réinventer la genèse au moyen d’une fiction préhistorique. Car, pour lui, « L’un des moyens de poser des questions, c’est d’inventer des histoires ».

    Il choisit l’Afrique et ses déserts, sa chaleur et ses sécheresses, mais aussi ses oasis comme terrain de jeu pour son roman. Il y dépose six enfants : Suth, le plus âgé, chef de leur petit groupe qui se donne la mission de les guider jusqu’aux Bonnes Terres où ils pourront trouver eau et nourriture. Noli, à peine plus jeune, qui reçoit dans ses rêves la visite de la gardienne de leur Tribu : Lune-de-Faucon. Son petit frère, Otan, encore bébé. Puis Tinu, née avec la bouche tordue mais gratifiée d’une grande intelligence. Enfin Ko et Mana, deux tout petits abandonnés par les adultes.

    Ce décor planté, l’auteur intercale entre chaque chapitre un conte ancien, comme il les nomme, dans lesquels il réinvente l’origine du monde. Adam et Ève y sont An et Ammu, non pas conçus par Dieu mais par dix Premiers, dix animaux anthropomorphes dont le plus puissant est Noir d’Antilope. On trouve parmi eux le Porc Gras, la Petite Chauve-souris, ou encore Lune-de-Faucon et chacun d’eux est le Premier, le gardien d’une Tribu.

    Ces contes anciens correspondent aux contes inventés par les différentes Tribus, ils sont leur religion autant que leur vérité et les personnages de l’histoire y font régulièrement allusion. Suth et les siens sont de la Tribu de Lune-de-Faucon et, au fil de leurs pérégrinations, ils rencontrent notamment les membres de la Tribu du Singe.

    L’auteur y donne aux hommes une parenté animale. En effet, An et Ammu, créés par les Premiers, donnent naissance à de trop nombreux enfants pour être nourris. Chaque Premier, alors, consent à ce que chacun prenne soin de deux enfants qui deviendront les premiers membres de chaque Tribus. Seuls deux d’entre eux vont demeurer avec leurs parents biologiques.

    « Vous avez été élevés par Ammu et moi, vous êtes de la Tribu des Hommes. Toute la douleur vint de là. »

    Car raconter la naissance de l’humanité n’est pas suffisant, ainsi Peter Dickinson narre également l’origine de sa décadence.Les deux enfants d’hommes prennent goût à la viande cuite et chassent à l’excès car ils n’ont de cesse de prouver leur supériorité sur tous les autres, car ils font preuve d’égoïsme et d’une fierté sans limites. Ils sont alors chassés par les autres Tribus après avoir volé l’un de leurs enfants. Mais l’auteur n’insiste pas davantage, il faudra lire la suite de cette série de quatre volumes afin d’en apprendre un peu plus.

    Les contes intercalés n’ont toutefois pas de lien direct avec L’Histoire de Suth, mais permettent au lecteur d’appréhender beaucoup plus facilement l’univers de ce monde préhistorique qui lui est étranger.

    Une fiction préhistorique

    L’Histoire de Suth c’est aussi une fiction préhistorique qui place des mots là où seul notre imaginaire peut combler les vides de notre savoir historique. Il n’y a de véritablement réalistes que les silex, les procédures de chasse, les pièges posés qui reposent sur une connaissance technique précise de l’auteur. Ceci est d’ailleurs très bien expliqué et très compréhensible pour un jeune lecteur. Le reste n’est qu’extrapolation d’un passé dont il ne nous reste presque rien. Ainsi les personnages parlent à la manière de Tarzan, s’exprimant souvent à la troisième personne, transportent l’eau dans des calebasses et mangent la viande crue.

    La défense de certaines valeurs

    Suth n’est qu’un adolescent, mais il fait preuve d’un très grand courage et d’une détermination impressionnante afin de préserver les siens. D’un si grand courage, même, qu’il en vient à s’opposer à un léopard alors qu’il chasse le daim et parvient à le tuer : « et son regard tomba sur le corps du daim. Il oublia la blessure, oublia la douleur. C’était pour cela qu’il s’était battu ». C’est par sa volonté seule, une volonté exemplaire, qu’il surmonte peu à peu chacun des obstacles qui se dressent sur sa route.

    Outre le courage, on retrouve également certaines valeurs familiales telles que l’entraide et la confiance. En effet, Suth et Noli deviennent le père et la mère attitrés de leur petit groupe, en charge de leur survie et de leur avenir. C’est une lourde responsabilité que, toutefois, aucun d’eux ne cherche à fuir mais qu’ils assument malgré les difficultés.

    Peter Dickinson choisit la troisième personne pour raconter l’histoire de son personnage qui peut être dévorée à partir de neuf ans, avec des mots simples qui rendent la lecture facile et rapide.

    Après la Tribu, l’histoire de Suth

    L’histoire de Suth est le premier volumes de la série qui en comporte trois autres titres : La Tribu, histoire de Noli, puis la Tribu, histoire de Ko, et enfin la Tribu, histoire de Mana. Chacun d’entre eux va se centrer sur l’un des enfants et suivre son point de vue, tout comme l’histoire de Suth prend celui de son héros éponyme.

    Un petit roman bien agréable à lire et à l’imaginaire fort surprenant dans lequel, moi, lectrice de vingt et un ans, je me replonge toujours avec grand plaisir.

    © Claire KRUST, L3 Lettres modernes, avril 2013

    Post-scriptum

    DICKINSON, Peter. La Tribu : vol.1 Histoire de Suth. Cécile Wajsbrot, trad. Hachette jeunesse, 2001. 192 p ; 18 x 13 cm. (Le Livre de poche. Le livre de poche jeunesse ; 765. La tribu ; 1) ISBN 2-01-311833-8. broché

    À partir de 9 ans.

    Pour en savoir plus sur l’auteur