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KIRIKOU : l’interrogatoire

 
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    Au petit matin, Kirikou se leva et alla chercher un peu d’eau. Il était fatigué d’aller si loin pour chercher de l’eau. Mais il n’avait pas le choix car la sorcière Karaba avait asséché la source du village pour nuire aux habitants. Révolté, Kirikou décida d’aller voir Karaba la sorcière pour lui demander d’arrêter d’être si méchante. Avec ses petites jambes, il se précipita chez Karaba et lui parla. La méchante sorcière se mit en colère contre Kirikou et lui jeta un sort pour le punir : il fut comdamné à passer 24 heures dans le monde réel en France métropolitaine...

    Après un long voyage, il atterrit dans un immense endroit entouré de quatre murs en béton. Courageux, Kirikou essaya de trouver une sortie mais en chemin il rencontra de grands hommes armés. Ces derniers observèrent Kirikou tel un extraterrestre. Par peur, ils l’attrapèrent et l’enfermèrent dans une boîte en carton. Quelques heures plus tard, un homme le libéra. Kirikou se retrouva dans une petite salle froide. C’était une salle d’interrogatoire. L’homme commença par lui poser quelques questions.

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    moi, Kirikou

    L’HOMME : Qu’est-ce-que tu es ? Un animal ? Un extraterrestre ?

    KIRIKOU : Non, je suis Kirikou ! N’ayez pas peur, je suis un nouveau-né. Laissez-moi vous raconter mon histoire et vous me reconnaîtrez.

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    Michel Ocelot, mon père

    - Très bien, je t’écoute ! Qui sont tes parents, d’où viens-tu ?

    - Le 9 décembre 1998, un minuscule héros de couleur noir est apparu sur grand écran avec le film Kirikou et la sorcière , [1] Évidemment, ce petit héros, c’est moi. Et si j’existe aujourd’hui, c’est grâce à mon père de papier, Michel Ocelot. C’est un grand réalisateur de films d’animation français. [2] Michel Ocelot m’a créé, dessiné et nommé Kirikou.

    - Ce nom est plutôt étrange, a-t-il une signification ?

    - Non, il n’en a aucune. Mon père a voulu que mon prénom soit unique, alors il a décidé d’assembler différentes lettres et différents sons, jusqu’à ce qu’il trouve un nom qui sonne bien. Il a obtenu alors Kirikou. Ce n’est pas si mal, non ? De plus, vous savez pourquoi je suis né ? Quand il était petit, mon père de papier habitait en Afrique et plus précisément en Guinée. C’est là-bas qu’il a entendu un conte populaire d’Afrique Occidentale. Ce conte parlait d’un petit enfant qui s’appelait Mamadou. Ce minuscule enfant s’est enfanté seul et a décidé pour aider son village de tuer la sorcière qui faisait du mal aux habitants. Mon père a repris ce conte mais a changé la fin de l’histoire puisqu’il croit que si une personne est méchante c’est qu’il y a une raison. Alors avant de tuer, moi, Kirikou j’ai cherché pourquoi la sorcière était si méchante, et j’ai décidé après l’avoir aidée, de lui pardonner. Et au lieu de me venger, je l’ai aimée. J’ai donc sauvé mon village, la sorcière, et j’ai trouvé l’amour.

    - Es-tu un héros de conte ? ou un super héros ?

    - Je suis, d’après mon père, « un petit enfant, nu, décidé, éveillé, astucieux et surtout généreux ». Je rajouterais même que je suis noir, minuscule, rapide et très curieux comme tous les enfants. Comme vous le constatez, j’ai une petite crête et je suis nu. Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis nu. En fait, c’est très simple, lorsque mon père est parti en Afrique, il a observé que les petits enfants africains étaient nus et que les femmes étaient torse nu. Moi, je suis un petit africain, donc mon père m’a créé nu. Et ça me plaît car c’est inutile de porter des vêtements encombrants. Et il y a une chose qu’il faut que vous sachiez,je suis aussi très drôle. Pour me dessiner, mon père s’est inspiré de l’allemande Lotte Reiniger. Il m’a dessiné dans un style épuré, délicat et élégant. Je suis un personnage silhouetté tous comme mes amis.

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    Mes différents profils
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    Moi de dos

    - Dans ton monde, tu restes toujours enfant ?

    - Non, J’ai grandi très vite. Dans Kirikou et la sorcière, Au début, On m’entend lorsque je suis dans le ventre de ma mère. Cette dernière m’a expliqué qu’un enfant qui sait parler dans le ventre de sa mère, sait s’enfanter tout seul. C’est donc ce que j’ai fais. Après ma naissance, j’ai demandé où se trouvait mon père. Ma mère m’a répondu qu’il avait été mangé par Karaba, la méchante sorcière.

    - Oh ! Pauvre enfant. Comment est-ce possible ? Manger des hommes vivants, c’est du cannibalisme !

    - J’ai pu grâce à mon courage déjouer tous les pièges de la méchante sorcière et sauver le village en découvrant le secret de Karaba. J’ai su la délivrer de son mal et lui pardonner ses actes cruels. Au lieu de la tuer, je l’ai embrassé et c’est à ce moment que je suis alors devenu un homme. Pour finir nous nous sommes fiancés. Mon histoire se finit donc dans la joie et l’amour.

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    Moi, Grand avec Karaba

    - Tu n’es pas un super héros puisque tu n’as aucun pouvoir, mais tu restes un héros car tu es courageux, intelligent et généreux. Tu es un bon exemple pour les enfants et les adultes. L’histoire s’arrête là ? Il n’y a aucune suite ?

    - Non. Il ne devait pas y avoir de suite et pourtant me revoilà sur grand écran depuis Octobre 2012 pour mon troisième film, dans Kirikou et les hommes et les femmes réalisé par mon père de papier. [3] Le deuxième, Kirikou et les bêtes sauvages , réalisé par mon père aussi, est sorti en 2005. [4] Mon premier film devait être le dernier film. Mais de nombreux fans ont demandé à mon père d’écrire d’autres aventures car ils m’adorent. Alors c’est ce qu’il a fait. Mais il ne voulait pas faire une suite où je serais grand et marié car le personnage qui intéresse mes fans, c’est moi petit et tout nu. Donc mon père a décidé d’écrire des souvenirs de mon enfance.

    De même, il existe toute une collection de livres qui parle de moi et de mes péripéties. Ce sont les éditions Milan qui publie chacune de mes aventures. Mon premier livre, Kirikou et la sorcière a été publié en 2001 et les autres livres ont suivi. J’ai également une petite chanson entraînante qui m’accompagne dans chacun de mes films : « Kirikou est petit, mais il est vaillant.... » que j’aime beaucoup ! (En cliquant sur ce lien, tu peux accéder à ma chanson).

    Dans tous les cas, je ne suis pas prêt à te dire au revoir, mon père a encore tant d’aventures à raconter.

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    - Peux-tu nous raconter quelques-unes de tes aventures ?

    - Bien sûr ! Dans Kirikou et la sorcière , j’ai dû affronter de nombreuses épreuves. La sorcière Karaba attaquait les enfants pour les manger mais j’ai été plus malin qu’elle. Je les ai sauvés lorsqu’ils étaient pris au piège dans l’arbre et dans la barque ensorcelé par Karaba. J’ai eu le courage d’aller combattre l’animal ensorcelé qui retenait l’eau du village. J’ai même failli mourir ! J’ai également dû me battre contre un buffle, des fétiches (les servants de la sorcière), une hyène et plein d’autre encore.

    - As-tu des amis dans ton monde ?

    - Oui bien sûr ! Il y a les enfants du village qui souvent ne m’écoutent pas car je suis trop petit mais lorsqu’ils m’acceptent je m’amuse beaucoup. Ensuite, il y a mon grand-père. C’est le sage du village. Il sait plein de choses et répond toujours à mes questions. Et il y a ma mère qui me soutient à chaque fois. Enfin, il y a tous les animaux qui m’ont aidé lors de mes petites aventures.

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    Mes amis

    - Si tu es le héros d’un conte, il y a certainement un message que tu dois délivrer ?

    - Oui, Comme chaque héros, Je porte des valeurs et je délivre certain message.... Lorsqu’on pose la question « ki est Kirikou ? » à mon père, alors il répond « Kirikou, c’est moi mais en mieux. Il est mon minuscule héros ». Je suis un exemple de générosité et de tolérance. Il est vrai que je suis petit, que je suis juste un enfant noir, qui est différent des autres enfants. D’ailleurs, c’est pour cela qu’en générale on ne m’écoute pas. Pourtant, je suis sage, malin et intelligent. C’est souvent énervant de savoir que les gens n’entendent pas ce que j’ai à dire. Mais, moi je n’abandonne jamais. Au final, je tiens bon et ça marche. Il faut que vous sachiez comme l’a dit si bien Geneviève Djénati, « [je n’ai] peut-être pas l’âge de raison mais [j’ai] raison ! » et elle a jouté que j’étais « un héros que chacun porte au fond de soi et qui défie le temps. ».

    - Qui est Geneviève Djénati ? Une journaliste ?

    - Non, c’est une psychologue clinicienne et psychothérapeute chargée de cours à l’Université de Paris V. Elle est aussi l’auteur du livre La psychanalyse des dessins animés. Dans ce livre, elle parle de moi. Didier Brunner, mon producteur, dit que je suis « la star du cinéma la plus petite et la plus humaniste. Il a d’ailleurs créé un dossier complet sur Kirikou et les bêtes sauvages et un autre sur Kirikou et les hommes et les femmes. Allez jeter un petit coup d’œil ! (voir en bas de la page) Maintenant vous savez qui je suis et vous qui êtes-vous ?

    Avant même que l’homme puisse répondre, Kirikou disparut sous ses yeux. L’homme désorienté, chercha partout autour de lui : en dessous de la table, de la chaise et même à l’intérieur de la boite mais rien. Il s’était volatilisé. Kirikou était apparu et avait disparu comme par magie. L’homme chercha tout sur ce Kirikou mais il comprit qu’il n’était que fictif. Cette histoire n’avait aucun sens et se terminait donc sans qu’il y ait une explication plausible à cela.

    © Imaginé par Élodie MORIVAL, L1 Lettres Modernes

    Janvier 2013

    Post-scriptum

    Mes sources

    Dossier sur Kirikou et les bêtes sauvages

    Dossier sur Kirikou et les hommes et les femmes

    La collection Kirikou aux éditions Milan

    Les livres qui correspondent à chaque film

    OCELOT, Michel. Kirikou et la sorcière. Toulouse : Milan jeunesse, 2001. 50p. : illustrations en couleur. 32 x 42 cm. Album. ISBN 2-7459-0261-X Cartonné 22,99 EUR

    OCELOT, Michel ; ANDRIEU, Philippe ; GALUP, Bénédicte ; LOCATELLI, Marine. Kirikou et la sorcière. Michel OCELOT, Marianne LEBEL, Christophe LOURDELET et al. ill. Toulouse : Milan jeunesse. 2005. Illustrations en couleur. 22 x 26 cm. Album. ISBN 2-7459-1963-6 Cartonné 14,50 EUR

    OCELOT, Michel ; GALUP, Bénédicte ; MAUBOURGUET,Cendrine ; MORGENSTERN, Susie. Kirikou et les hommes et les femmes. Toulouse : Milan jeunesse, 2012. 72p. : illustrations en couleur ; 27 x 23 cm. Album ISBN 978-2-7459-6079-5 Cartonné 14,95 EUR

    Notes de bas de page

    [1] Long métrage de 1h10 avec les voix de Théo Sebeko (Kirikou), Antoinette Kellerman (Karaba), Fezele Mpeka (l’oncle) et Kombisile Sangweli (la mère).

    [2] À ses débuts, il a réalisé la série animée Les Aventures de Gédéon (1976) d’après Benjamin Rabier. Et ensuite, il a commencé à créer lui-même en écrivant ses propres scénarios et en créant ses propres graphismes. Il a réalisé des courts métrages comme Les Trois Inventeurs (1979), Les filles de l’égalité (1981) et d’autres qui lui ont permis d’avoir des récompenses littéraires. Mais il a fallu attendre 1998 pour que son talent soit reconnu par le Public avec son première long métrage Kirikou et la sorcière. Suivent, de nombreux films d’animations comme Princes et princesses (2000), les autres films de Kirikou et Azur et Asmar (2006).

    [3] Long métrage de 1h28 avec les voix de Romannn Berrux (Kirikou) et Awa Sène Sarr (Karaba).

    [4] Long métrage de 1h15 avec les voix de Pierre-Ndoffé Sarr (Kirikou), Awa Sène Sarr (Karaba), Robert Liensol (Le Grand-père), Marie-Philomène Nga (La Mère) et Emile Abossolo M’Bo (L’Oncle).