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Le ciel de travers, Valérie Mathieu

 
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    Mots-clés

    Fuir face à la souffrance

    Le ciel de travers est un récit tour à tour tendre, triste et drôle. Bien qu’écrit à la première personne, on ne sait par grand chose sur l’identité du héros, un garçon d’une douzaine d’années. Cependant, l’on comprend très vite qu’il porte en lui une grande souffrance qui éveille pulsions de violence et de haine. Il le dit lui-même, il est double et abrite en lui un "monstre". Ce "monstre", c’est sa part noire matérialisée qu’il appelle Toby. Toby, c’est son chien, mort et enterré, qui survit en lui et qui lui permet de canaliser ses pulsions animales. Ses pensées sont habitées par des couteaux pointus, des combats à mort sur l’écran de la Game Boy, et surtout, le ciel, les étoiles, la planète de papa...

    Triste mais positif

    (GIF)

    Au début du récit, l’enfant semble complètement enfermé dans son monde imaginaire et rien ne lui tarde tant que de se retrouver seul pour invoquer ses souvenirs. Mais le chagrin pèse lourd dans le corps des enfants et fait parfois comme un voile. Son chagrin prend corps et se manifeste par des crises d’asthme. C’est alors qu’on décide de l’envoyer en cure à La Bourboule, dans le foyer tenu par tante Zeste et le curé. Totalement reclus, le héros va peu à peu réussir à s’ouvrir à l’autre, notamment grâce à Violette, une brune aux dents de fer, et à Robert, un "majeur" qui connaît les étoiles. Petit à petit, il va pouvoir s’extirper de la bulle qu’il s’était forgée en réaction à la mort de son père. Par la confiance, le dialogue et l’amour, les deux jeunes héros vont parvenir à dépasser leur souffrance.

    L’utilisation de la focalisation interne donne au récit un ton naïf qui, couplé à l’implicite, renforce l’empathie du lecteur face à la détresse du personnage (tout comme dans Bien trop petite, de C. Ascencio). Il faut également souligner les effets de style et en particulier le comique de langage qui naît précisément de l’utilisation de cette technique narrative. En effet, le texte est truffé des à-peu-près propres à l’enfance et on ne peut résister à en livrer quelques-uns : "toute la journée j’ai la bouche en banderole, à attraper des crampes aux zygomartiques, c’est les muscles des pommettes" ; "les soeurs se sont enfermées avec des gâteaux, en grand concile à bulles"... Les images sont aussi très belles et contribuent à adoucir ce récit qui aurait pu être très sombre.

    A partir de 14 ans.

    Mots-clés : Mort / Inceste / Fugue / Solitude / Angoisse / Amour / Confiance / Ciel / Relation parent-enfant

    par Marine Dormion (12/2001)

    Mathieu, Valérie. Le ciel de travers. Ed. du Rouergue, 2001. (Do A Do). 155 p. ISBN 2841563308