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SHERLOCK HOLMES, le grand détective consultant, se raconte à son ami John Watson

L’interview vérité
 
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    Ce mois-ci dans notre numéro de Héros d’hier et d’aujourd’hui, nous retrouvons Sherlock Holmes. Son colocataire et ami de longue date, John Watson, a bien voulu lui poser quelques questions afin que nous en apprenions un peu plus sur le grand détective. Les deux se sont alors laissé prendre au jeu de l’interview vérité. Voici la transcription de l’entretien remis par Monsieur Watson...
    (JPG)
    Sherlock Holmes et Dr. John Watson
    Sidney Paget ill.

    .

    John Watson : Bonjour Sherlock. Héros d’hier et d’aujourd’hui m’a transmis une liste de questions qui sont susceptibles d’intéresser tes fans...

    (JPG)
    Sherlock Holmes imaginé par Sidney Paget

    Sherlock Holmes (interrompant John) : « Susceptibles d’intéresser mes fans » ? Les fous !

    J. W. : Sherlock, s’il te plaît. Tu as accepté toi-même la proposition du magazine. Tu as même dit que c’était « scientifiquement intéressant » ! Cesse donc de grommeler et tente pour le mieux d’être... un peu moins... tu vois ?

    S. H. : Moi ?

    J. W. : Réponds simplement ! Oublie que c’est moi qui te pose les questions et réponds. Parle-nous un peu de ton enfance, de ce qui t’a marqué et a fait de toi un détective.

    S. H. : Je suis né en 1854. Mes jeunes années sont dénuées de sens. Tu veux que j’évoque Mycroft ? C’est mon frère. J’ai donc un frère, oui, Mycroft Holmes. Il est un peu plus âgé que moi et travaille au gouvernement britannique. Ensuite, eh bien, j’observe plus que ne je regarde, c’est ce qui me différencie des autres humains, ce qui fait de moi un excellent détective. J’ai commencé mon activité à l’université, c’est à cette période que j’ai commencé à m’intéresser aux enquêtes.

    J. W. : Tes principales enquêtes sont regroupées en quatre romans...

    S. H. : Tu le sais bien, tu en es le narrateur ! Le premier, une Etude en rouge [1], date de 1887. Suivent ensuite Le Signe des quatre [2] en 1890, Le Chien des Baskerville [3] dont la parution se termine en 1902 et La Vallée de la peur [4]qui est, lui, fini d’être édité en 1915. Il existe également cinq recueils [5] qui regroupent cinquante-six nouvelles. Encore une fois, la majorité est signée de ta main. Ces romans et nouvelles écrites par Doyle, mon papa, sont appelés le canon, par rapport aux nombreux ajouts des fans. La publication se fait via le biais du Strand Magazine, un mensuel anglais, pour les nouvelles. Les romans ont connu différents éditeurs. En France, trois éditions intégrales existent, avec des traductions différentes : les Editions Robert Laffont, les Editions Ominibus et les Editions du Masque.

    J. W. : C’est exact. J’aime bien avoir une trace de ce que tu - nous, en fait - avons résolu. Abordons l’année 1891, relatée dans ma parution de 1893, Le dernier Problème [6].

    S. H. : C’est sans doute une de mes enquêtes les plus représentatives, et probablement celle qui a fait le plus de mal à ceux qui me suivaient. Je suis mort. J’ai fait croire que j’étais mort plus précisément, afin de surpasser mon rival, le professeur Moriarty.

    J. W. : Parler de ses ennemis, c’est intéressant, mais maintenant, peux-tu présenter ton entourage ?

    S. H. : Mon entourage est restreint. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai un frère, Mycroft. Je suis assez proche de l’inspecteur Lestrade, de Scotland Yard. Je n’oublie pas de mentionner bien évidemment, mon ami et colocataire, John Watson.

    J. W. (il lui fait un clin d’œil avant de reprendre, un sourire en coin) : Et les femmes qui gravitent autour de toi ?

    S. H. : Hé bien, il y a ma logeuse, Madame Hudson. On peut aussi souligner l’importance qu’a eue Irène Adler dans ma vie. Elle n’a pas vraiment « gravité » autour de moi, mais elle m’a marqué. Elle est la femme, la seule personne capable d’arriver à mon niveau, celle qui pourrait être moi, celle à qui je dois l’un de mes échecs.

    J. W. (d’une voix posée) : On continue dans le personnel, que peux-tu nous dire sur ton "père" ? Quels sentiments ressentait-il par rapport à toi ?

    S. H. : Je suis né de la plume d’Arthur Conan Doyle, un écrivain écossais. C’était un passionné d’Histoire, mais il s’intéressait en réalité à plusieurs domaines puisqu’il a, par exemple, étudié la médecine à l’université, jusqu’à en faire son métier. La fortune n’a cependant pas toujours été de son côté et il s’est mis à écrire en attendant les patients. Il fait éditer mes aventures, qui connaissent un certain succès. Pourtant, il est gêné par ces dernières qui selon lui, le distraient d’écritures plus nobles, comme ses romans historiques. Il trouve alors une solution : me faire mourir, et c’est chose faite en 1893. Seulement, et ça me semble assez important pour être souligné, sous la pression des lecteurs, il change d’opinion et je réapparais en 1903. Les dix années de silence sont appelées le grand hiatus. Lui et moi avons donc réussi à piéger du monde, et pas seulement Moriarty !

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    Igor Petrenko est le futur Sherlock Holmes russe dans l’adapatation de Ruben Dishdishyan

    J. W. : Tu es un héros de l’époque victorienne. Comment peux-tu expliquer l’intérêt que l’on te porte encore aujourd’hui ?

    S. H. : Je pense que mes aventures sont écrites de façon moderne. Rien n’est figé. L’époque du canon est celle contemporaine à la rédaction des enquêtes, mais reste facilement transposable. Il n’y a qu’à voir toutes les adaptations : elles sont nombreuses et toutes différentes. Les principaux codes sont repris, mais il leur arrive aussi d’être grandement bouleversés. La série Elementary présente par exemple une Joan Watson.

    J. W. : Tu nous parlais tout à l’heure « d’ajouts de fans » dans tes aventures. Qu’est-ce que cela signifie ?

    S. H. : Les lecteurs de mes aventures sont vraiment des personnes extraordinaires. J’ai le bonheur et la chance d’être le héros de plusieurs enquêtes et histoires qui ne sortent pas de l’imagination de Doyle, mais des fans. C’est un univers très riche.

    J. W. : Quels sont les symboles qui te représentent le plus ?

    S. H. : Je pense que vous avez vu mon chapeau, le deerstalker, emblématique symbole. Sidney Paget, l’illustrateur du Strand Magazine, a dressé mon portait le premier : la cape et la pipe sont ainsu devenues mes nouveaux atouts. Ce n’est vraiment un symbole, mais puisqu’on aborde quelque peu le sujet, j’aime aussi les déguisements, c’est un art qui me plait. Par contre, la phrase que l’on m’attribue assez souvent, « élémentaire mon cher Watson » est une faute. Je n’ai jamais rien prononcé de tel dans le canon, c’est une erreur !

    J. W. : Merci pour ces quelques réponses Sherlock ! Les lecteurs de Héros d’hier et d’aujourd’hui en sauront désormais un peu plus sur toi, j’espère que cette petite interview leur aura plu !

    © Imaginé par Manon Bernard,

    L2 Histoire-géographie, avril 2013

    Post-scriptum

    Sherlock Holmes est l’un des héros qui connaît le plus d’adaptations, tous univers confondus. Les plus récentes à l’écran sont les films de Guy Ritchie (Sherlock Holmes, 2009 et Sherlock Holmes Jeu d’ombres, 2011), la série anglaise de la BBC (Sherlock, 2010) et celle américaine de CBS (Elementary, 2012). La chaîne Russia 1 a également commandé sa version pour la rentrée 2013.
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    Benedict Cumberbatch interprète Sherlock dans la série de Steven Moffat et Mark Gatiss pour la BBC
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    Basil est un exemple d’adaptation en dessin animé du célèbre détective © Walt Disney Picture
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    Roquefort, des Aristochats, prend lui aussi le costume du détective © Walt Disney Picture

    Lire aussi le rendez-vous nocturne entre Sherlock Holmes et Moriarty

    Notes de bas de page

    [1] A Study in Scarlet

    [2] The Sign of the Four

    [3] The Hound of the Baskervilles

    [4] The Valley of Fear

    [5] The Adventures of Sherlock Holmes, The Memoirs of Sherlock Holmes, The Return of Sherlock Holmes, The Reminiscences of Sherlock Holmes, The case-book of Sherlock Holmes

    [6] The final Problem