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SAPEUR CAMEMBER : fragments de correspondance

 
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    29 février 2016

    Chers lecteurs,

    Pour ce 10e numéro exceptionnel de La Bougie du Sapeur, la rédaction a l’immense honneur de vous présenter des lettres exclusives du Sapeur Camember. Retrouvées la semaine dernière dans le village de Gleux-lès-Lure en Saône Supérieure, elles représentent un réel témoignage de guerre, d’amour et de vie de notre cher Sapeur Camember qui, aujourd’hui, fêterait ses 43 ans. Ces lettres sont adressées à sa bien-aimée Mademoiselle Victoire. Vous, fans de l’illustre reboucheur-de-trous, vous devez probablement vous demander comment il a pu rédiger ces lettres alors qu’il était illettré ? La rédaction n’a malheureusement aucune réponse à vous offrir, ces lettres n’ayant été trouvées que trop récemment... Des recherches sont en cours mais d’ores et déjà nous supposons que le Sapeur Camember a probablement dû recevoir l’aide de l’un de ses compagnons car, comme vous le savez, il ne manque pas de ressources !

    ***

    20 juillet 1870, Niais-les-Bains

    Mademoiselle Victoire,

    Ici votre François-Baptiste-Ephraüm. Je vous écris cette lettre pour vous expliquer l’absurdité de la situation dans laquelle je me retrouve actuellement. Me voici mobilisé en tant que Sapeur alors que je viens seulement de souffler ma 5ème bougie ? Je crains qu’il y ait eu malentendu. Je n’ai qu’un temps limité pour tout vous expliquer... Je ne sais qui écrit mon destin, mais je crains qu’il ne se trompe. Est-ce Dieu qui dicte ce qu’on doit me faire faire ? La vie, hélas, n’est qu’un tissu de coups de poignard qu’il faut savoir boire goutte à goutte ; et je le dis hautement, pour moi le coupable est innocent !

    Bien à vous,

    Votre Sapeur Camember


    15 Aout 1870, Niais-les-Bains

    Mademoiselle Victoire,

    L’heure est grave. Aujourd’hui le major a constaté que j’avais de l’eau de salmis dans les yeux. Selon lui je risque de devenir un pur Uhlan si je ne me soigne pas très vite. J’ai donc fait ce qu’il m’a dit. Je suis allé chez le charcutier chercher des conserves fumées. Voulant guérir au plus vite je me suis donc mis un jambon sous chaque bras et des saucisses tout autour de mon bonnet. L’adjuvant n’a rien compris à mes explications ... Pauvre de moi, je me suis retrouvé à l’ombre... Ceci dit, le traitement jambon/saucisse a très bien marché.

    Bien à vous,

    Votre Sapeur Camember


    (PNG)
    Un ami très doué m’a dessiné pour vous

    2 septembre 1870, Niais-les-Bains

    Ma chère tendre et douce Mademoiselle Victoire,

    Aujourd’hui je me rends compte plus que jamais de la difficulté que représente le statut de Sapeur, je crains que mon génie soit incompris, d’ailleurs je ne comprends pas mes supérieurs non plus. Par exemple : aujourd’hui j’ai dû creuser un trou, seulement je ne savais que faire de la terre. Alors j’ai eu l’idée de génie de creuser un deuxième trou pour y mettre la terre du premier. C’est alors que le Sergent Bitur est arrivé et m’a traité de « double mulet cornu » car je n’avais pas pensé à faire le deuxième trou assez gros pour y mettre la terre de celui-ci et celle du premier... De même mon Colonel ne semble pas comprendre tout ce que je lui dis ! Hier, lorsque je lui ai dit « Nonobstant, M’sieur l’Major, que la discipline militaire elle n’est pas subséquente de la chose, j’voudrais vous serrer la pince », il a bien mis cinq minutes à me tendre la main...

    Bien à vous,

    Votre Sapeur Camember


    25 décembre 1870, Niais-les-Bains

    Ma Victoire,

    Votre réponse me rend heureux, dès la fin de cette guerre, vous serez ma femme.

    J’ai fait un drôle de rêve cette nuit. J’étais un réel héros et mes histoires étaient racontées dans Le Petit Français illustré puis, plus tard, dans mon propre album, mon propre livre à mon nom, composé d’images pour que les gens ne sachant lire que la lettre H comme moi puissent quand même comprendre.

    Dans ce rêve, mon père-créateur était un certain Christophe alias Marie-Louis-Georges Colomb. Contrairement à moi, c’était un homme très intelligent. Il avait écrit une trentaine d’ouvrages scolaires de Sciences naturelles, qu’il illustrait lui-même. J’avais de nombreux frères et sœurs aux noms étranges. Je me souviens du nom de quelques uns d’entre eux. Il y avait une certaine Famille Fenouillard avec le père Agénor, la mère Léocadie et leurs deux filles Artémise et Cunégonde (un peu sottes et bien moins jolies que vous), un grand savant nommé Cosinus inventeur d’improbables moyens de transports et enfin des gnomes, Plick et Plock, petits par la taille mais grands par leur ingéniosité pour inventer toutes sortes de facéties.... Quelle drôle de famille nous formions !

    Le plus drôle dans ce rêve, ma Victoire, c’est que tous les Français grandissaient avec mes histoires et que bien des années plus tard on parlerait encore de moi... Je ne sais que penser de ce rêve...

    Bien à vous,

    Votre Sapeur Camember

    ***

    Voilà, chers lecteurs, la plus grande partie des lettres retrouvées. Les autres restent inintelligibles pour cause de baragouinage-amphigouri-charabia-galimatias employés par notre Sapeur Camember. La rédaction a sélectionné des sources très intéressantes pour ceux qui veulent aller un peu plus loin ou bien se remémorer l’histoire du Sapeur Camember.

    -  La confrérie du Sapeur : les Sapeurs des temps modernes

    -  Gleux-lès-Lure, le village où la correspondance a été retrouvée

    -  La vie de notre Sapeur en image sur la BnF

    En espérant que cet article vous aura plu,

    Bien à vous,

    La rédaction

    Post-scriptum

    © Imaginé par Églantine DOOSE,

    L1 Lettres Modernes, avril 2013