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Journal d’un chat assassin, d’Anne Fine et Véronique Deiss ill.

Une plaidoirie drôle et une immersion totale dans la vie d’un chat .
 
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    Tuffy, chat criminel nous confesse dans son journal intime ses crimes(il se retrouve accusé de trois meurtres consécutifs dans la même semaine) et sa visions du monde. Sans jamais nous livrer ce qu’il s’est réellement passé il nous explique comment ses maitres sont dupés. Le sort s’acharne sur ce chat qui se retrouve accusé de trois meurtres. Lundi il tue un oiseau, Mercredi il rapporte une souris morte et Jeudi arrive "cette regrettable histoire de lapin".

    « Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls » (quatrième de couverture)

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    ©1997, L’école des loisirs

    Ce livre pour enfant nous plonge dans une tranche de vie d’un chat, ce chat c’est Tuffy. Pourtant, nous sommes bien loin de l’anthropomorphisme habituel des livres pour enfant. Ce journal intime, plaidoirie de Tuffy est basée sur des quiproquos, sur des non-dits et sur l’humour. Il fera rire les petits comme les grands. Mais cette histoire n’est pas aussi simple et enfantine qu’il n’y parait. En effet, elle introduit aussi une confrontation entre la nature et la culture.

    Tuffy le narrateur et propriétaire du journal intime se présente comme un héros, se considère pour plus intelligent que toute la famille et est un tantinet provocateur. Il justifie tout ces actes à coup de "je ne suis qu’un chat". Un lien réel se tisse avec ce chat qui nous interpelle régulièrement nous demandant ce qu’il peut bien dire (page 25) ou nous disant "Vous devriez le entendre" (page 16) ou encore "Je vous le dis" (page 25). On ne peut donc que s’attacher à ce chat et se mettre à sa place. Sa famille l’accusant de nombreuses choses on ne peut qu’avoir envie de prendre sa défense. Ce journal intime nous expose donc de façon linéaire les différentes étapes de cette semaine. Tuffy nous livre un compte rendu de sa semaine jour par jour et comment la réaction de ses maîtres s’amplifie et les sévices de plus en plus sévères.

    Mais ce qui m’a marquée aussi dans ce Journal d’un chat assassin c’est aussi la confrontation du monde réel et du monde imaginaire. On se retrouve dans notre vie quotidienne familière à tous : les relations de voisinage, les courses au supermarché, les visites chez le vétérinaire. Puis grâce au jeu de narration un basculement dans l’univers fictionnel s’opère. On retrouve comment Tuffy, un animal domestique observe une microsociété. Il a le pouvoir d’écrire son histoire, de communiquer avec le lecteur mais pas avec ses maitres. Ce livre simple à comprendre cache pourtant un réel jeu au niveau du lexique. Tuffy s’exprime dans un langage courant simple à comprendre et utilise même des néologismes tels que "lapincide", des termes empruntés au langage de la justice tel que "meurtre avec préméditation". On retrouve aussi de nombreuses exagérations verbales pour accentuer l’humour et l’ironie du récit du chat. J’ai réellement apprécié le jeu du lexique qui change selon les différentes visions, celle que le chat a de lui même, celle d’Ellie et celle du père.

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    " Elle me tenait par les pattes. Qu’est-ce que je pouvais dire ?" (page 25) ©1997, L’école des loisirs

    Malgré sa forme de journal intime, ce récit est très dynamique. L’auteur oscille entre dialogue, monologue intérieur et récit. L’illustratrice, Véronique Deiss fixe la description des personnages, absente dans le texte. J’ai beaucoup apprécié les illustrations de ce livre : simples, en noir et blanc, très drôles. Elles offrent une réelle vision caricaturale de certains passages du texte et mettent en scène toute l’ironie de certaines situations par le biais d’exagération et de grossissement. J’ai adoré la page 52 ou l’illustration prend l’expression " Manger du vent "au pied de la lettre.

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    ©1997, L’école des loisirs (page 8)

    Je conseille vivement la lecture du Journal intime d’un chat assassin. Ce livre est réellement drôle. J’ai adoré le relire et le redécouvrir. J’y ai découvert des allusions que je n’avais pas forcément compris étant plus jeunes. Tuffy représente très bien les traits de caractères des chats, j’imagine très bien le chat penser de cette façon, narguer le père de famille, faire le mal aimé au près de la fille, Ellie. Lorsque j’ai ressorti ce livre mon petit frère a voulu le lire par curiosité. Voici ce qu’il en a dit : "Je n’ai jamais autant ri en lisant un livre". Je trouve que ce livre est très bien pour les enfants qui commencent à grandir et qui ne se retrouvent plus dans les livres pour enfants qui peuvent être quelque peu niais. Elle inclut la mort de façon naturelle, les images n’étant pas choquantes mais très drôles elles permettent de familiariser l’enfant avec celle-ci et de mettre en avant la chaîne alimentaire naturelle. On peut comprendre que le chat de la famille nous apporte un oiseau sans le voir comme un meurtrier. De plus les illustrations, qui sont simples, faites à l’encre de chine sans couleur sont très drôles et illustrent très bien les propos du chat. Les animaux vivent sous des traits humains et les humains eux nous apparaissent bêtes. Ce qui créé une impression d’inversement des rôles. Ce livre est réel plaisir à lire pour les grands comme les petits.

    © Églantine DOOSE, L1 Lettres Modernes, avril 2013

    Post-scriptum

    FINE, Anne. Journal d’un chat assassin. Véronique DEISS, Véronique d’Haïtse. Paris : L’école des loisirs, 1997. 78 p. : ill. en noir et blanc ; 18,8 x 12,4 x 0,8 cm (Mouche de poche) ISBN : 9782211042871.

    Différentes éditions

    Le grand livre du chat assassin , Ecole des loisirs, Paris, 2011. Journal d’un chat assassin, Ecole des loisirs, Paris. Chut !. 2009. Avec document sonore. Journal d’un chat assassin, Ed. de la Loupe, 2006.

    Mots clefs : chat, chasse, lapin

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