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Silverwing, de Kenneth Oppel

Apprêtez-vous à aimer les chauves-souris
 
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    Apprêtez-vous à aimer les chauves-souris

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    Présentation

    La saga Silverwing nous entraîne dans le lourd quotidien des Chauves-souris. Véritable parcours initiatique, nous suivons Ombre, un jeune chauve-souriceau de la tribu des ailes d’argent. Notre héros est mal dans sa peau, plus petit et moins dégourdi que la norme dans son groupe. Il a pourtant soif de montrer ses capacités mais surtout, Ombre veut voir le soleil. En effet, depuis la nuit des temps, son espèce est condamnée à vivre la nuit mais l’envie d’Ombre est plus forte que n’importe quelle interdiction. En cédant à la tentation de la lumière du jour, le chauve-souriceau découvre un monde bien plus terrifiant et injuste qu’il ne l’avait imaginé jusque-là. Il va devoir dès lors apprendre à faire face à son destin s’il veut pouvoir libérer les siens de la nuit.

    Détail de la saga

    La saga Silverwing, écrite par Kenneth Oppel, est classée en tant que roman fantastique. Elle se décline en quatre volumes dont un, le plus récent Darkwing, est indépendant des autres. Silverwing n’est aujourd’hui plus commercialisé mais il reste facilement trouvable en occasion sur Internet ou en bibliothèque. De plus, la version originale en anglais est toujours en vente. Cette saga pourrait être l’opportunité pour des adolescents de perfectionner leur niveau en anglais. En effet, le style de l’auteur rend la compréhension de la langue aisée.

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    © Bayard Jeunesse, 2009

    Le premier Silverwing : les ailes de la nuit paru en 1997, nous présente l’univers des chauves-souris dans lequel va évoluer notre héros et les autres protagonistes. Lors de la traditionnelle migration de sa colonie vers Hibernaculum, Ombre se trouve séparait de son groupe. Il doit alors retrouver son chemin seul jusqu’à sa famille. D’une île déserte perdue dans l’océan au royaume sous-terrain des rats, Ombre rencontrera sur sa route autant d’ami que d’ennemi qui le pousseront à mener à bien son destin. C’est en fait le parcours initiatique traditionnel du héros qui va apprendre à se réaliser à travers les embûches mis sur son chemin.

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    © Bayard Jeunesse, 2002

    Le deuxième volume, Sunwing :les mensonges des humains , paru en 1999, narre la quête d’Ombre pour retrouver son père qui visiblement a été enlevé par des humains. Aidé de ses nouveaux amis, notamment la jeune Marina, et fort de l’expérience acquise dans le tome précédent, il part pour son destin, prêt à ramener le soleil aux siens. On retrouve les ennemis du précédent tome comme Goth, la chauve-souris carnivore.

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    © Bayard Jeunesse, 2003

    Le troisième volume, Firewing : les voleurs de feu relate les péripéties de la quête de Griffon, le fils d’Ombre. Celui-ci étant devenu un héros pour les siens, il fait vivre malgré lui son fils dans son ombre. Griffon rêve alors de devenir aussi célèbre que son père et part à la quête du feu mais bien entendu cela se relève bien plus compliqué que prévu. Ombre part à la rescousse de son fils et c’est ensemble qu’ils feront face à ce qui les attend.

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    © Bayard Jeunesse, 2009

    Darkwing, sorti en 2007, n’a aucun lien avec les trois volumes précédents bien que l’action se déroule toujours dans le monde des chauves-souris. Il est rattaché de ce fait à la saga Silverwing mais il peut se lire totalement à part. Il se déroule il y a soixante-cinq millions d’années et nous illustre l’évolution de l’espèce des chauves-souris à travers le cas de Dusk. En effet, ses ailes sont différentes de celles des autres, plus larges et sans poils. Il est la risée de toute sa colonie à cause de cette différence mais ce qui importe vraiment Dusk est de pouvoir voler. Avec ses ailes, il peut aller plus haut et plus loin que tous ses semblables mais ses capacités l’emmènent dans des territoires qui lui sont interdits. Il devra alors se battre pour sa liberté et sa survie.

    Qui est Kenneth Oppel ?

    L’auteur de la saga est né en 1967 à Vancouver au Canada et y vit aujourd’hui à Toronto avec sa femme et ses deux enfants. Il a commencé à écrire dès l’âge de douze ans et la grande majorité de son œuvre est destinée à la jeunesse. Il écrit sur ce qui le passionne passant ainsi de romans de science-fiction à des contes de sorcellerie. C’est autour du thème du jeu vidéo qu’il sera remarqué et publié pour la première fois à l’âge de quatorze ans avec Colin’s Fantastic Video.

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    Kenneth Oppel, (1967-)

    Fasciné par les chauves-souris, il n’avait pourtant au départ aucune intention d’écrire sur des animaux. Il déclare ainsi "Je pensais que je n’écrirais jamais une histoire avec des animaux qui parlent. J’ai toujours eu une attitude légèrement condescendante à leur égard et pensais qu’elle était en quelque sorte mièvre. Ce qui m’a conduit à Silverwing était le fait que la plupart des gens ont des réactions très négatives envers les chauves-souris ; elles sont effrayantes, laides, fortement rattachées à l’horreur, à l’imagerie gothique dans Dracula, à la rage et des choses comme ça. J’ai trouvé que ça serait un vrai challenge de voir si je pouvais d’une quelconque façon rendre ses créatures attrayantes ou attachantes et faire en sorte que les gens tiennent à elles." [1] Pari amplement réussi puisque depuis Silverwing a gagné plus d’une dizaine de prix littéraire et cette saga continue de réunir des millions de lecteurs dans le monde. Elle a été également adaptée en dessin-animé.

    Pourquoi on aime ?

    Une histoire proche du lecteur

    Tout d’abord, il est important de dire que l’auteur a réussi à rendre son récit très facile à comprendre. On voit qu’il maîtrise sur le bout des doigts son sujet et rien n’est laissé au hasard. Le style d’écriture est fluide, sans lourdeur et tournure grandiloquente. Les phrases sont courtes et donnent un côté très dynamique à la lecture. C’est donc agréable à lire. Kenneth Oppel a su rendre son héros proche du lecteur. Ombre rencontre des problèmes en tant que chauve-souriceau qui peuvent sans aucun doute correspondent à ceux qu’un humain vit à l’adolescence. Il connait par exemple une certaine rivalité avec un de ses camarades ou encore découvre les premiers émois avec Marina.

    Une histoire de chauve-souris

    Ainsi Silverwing reprend le processus de création d’un héros qui se construit via un voyage. Il est donc dans une forme très classique et met en avant les valeurs du courage, de la persévérance et de la loyauté. Mais c’est d’avantage dans son sujet, ce thème des chauves-souris, que l’on trouve le véritable intérêt de ce livre. Cette saga nous en apprend davantage sur ces créatures mystérieuses qui deviennent de plus en plus fascinantes au fil de la lecture. Il est vrai que nous en savons peu sur cette espèce animale, notamment à cause de l’aura terrifiante qui l’entoure. Pourtant, Ombre et ses compagnons, nous offre une autre facette des chauves-souris. On s’attache très vite aux différents personnages et on est rapidement pris d’empathie face à toutes les difficultés et les injustices qu’ils doivent surmonter. Kenneth Oppel, l’auteur, réussit le tour de force de nous expliquer, sans en avoir l’air et de la manière la plus simple possible, les caractéristiques des chauves-souris comme le sonar, leur mode de migration, leur régime alimentaire, les différentes espèces... Le sonar notamment est la particularité la plus intrigante que possèdent les chauves-souris. Ombre ne vit qu’à travers ses oreilles et ne réussit à survivre à son aventure que grâce à elles. Nous savons tous plus ou moins en quoi consiste un sonar mais cette histoire nous en fait une démonstration pratique et c’est surement la meilleure des explications. Nous suivons aussi différentes espèces. Quelques exemples :

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    Lasionycteris Noctivagans ©Durham

    Ombre, notre héros, appartient à la tribu « Ailes d’Argents » (d’où le titre de la saga Silverwing, Silver signifiant Argent et Wing est Aile en anglais). Il est inspiré de l’espèce Lasionycteris noctivagans de son nom latin, et plus couramment, chauve-souris argentée.

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    Lasiurus Borealis ©Durham

    Marina, l’amie d’Ombre, appartient à une colonie « Aile de Lumière » (Sunwing en Anglais, Sun étant le soleil en anglais, ce qui donne le titre du deuxième tome). C’est une Lasiurus borealis dite chauve-souris rousse.

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    Vampyrum Spectrum © Royal Ontario Museum

    Goth, l’un des ennemis récurrents d’Ombre et des siens, est une Vampyrum Spectrum que l’on appelle aussi chauve-souris javelot ou encore le Faux-Vampire. C’est un carnivore.

    Une histoire épique

    Silverwing nous fait entrer aussi dans une guerre inter-espèce épique. En effet, l’auteur a développé tout un mythe remontant à plusieurs millions d’années, au commencement de l’univers, avec un affrontement entre les animaux et les oiseaux. Mais les chauves-souris ne voulurent pas entrer en guerre et préfèrent rester neutres. Lorsque la guerre se termina, les oiseaux et les animaux désignèrent les chauves-souris comme des traîtres et réclamèrent vengeance. Elles se retrouvèrent alors condamnées à ne plus jamais voir la lumière du jour. L’auteur ajoute à cela une prédiction faite par Nocturna, leur déesse, que l’on nomme la promesse et qui dit ceci : « Un jour viendra où votre exil finira et où la loi cruelle sera abolie. Vous n’aurez plus à craindre les serres des chouettes ni les mâchoires des bêtes. Vous serez libres de renouer avec la lumière diurne. » À l’époque où la saga démarre, tout ceci n’est plus qu’une légende oubliée. Pourtant cela à un réel impact sur les relations inter-espèces et il est réellement fascinant de voir ainsi évoluer les différents protagonistes dans cette mythologie qui leur est propre avec leurs dieux, leurs héros et leurs démons.

    Cela donne une dimension quasi-glorieuse au livre et le lecteur plonge avec bonheur dans ces mythes et légendes.

    En bref

    -  Une saga en 4 tomes : 4 fois plus de plaisir
    -  Facile et agréable à lire
    -  Un héros proche du lecteur
    -  Un récit d’aventure avec un voyage initiatique classique
    -  La découverte des chauves-souris
    -  Mythologie et combats inter-espèces épiques

    © Coraline Markwitz, L3 Culture et Médias,avril 2013

    Post-scriptum

    OPPEL, Kenneth. Silverwing : les ailes de la nuit. Luc RIGOUREAU trad. Montrouge : Bayard Jeunesse, 2009. 380p ; 19 x 14 cm (Estampille). ISBN 978-2-7470-2958-2

    OPPEL, Kenneth. Sunwing : les mensonges des humains. Luc RIGOUREAU trad. Montrouge : Bayard Jeunesse, 2009. 415p ; 19 x 14 cm (Estampille). ISBN 978-2-7470-2959-9

    OPPEL, Kenneth. Firewing : les voleurs de feu. Luc RIGOUREAU trad. Montrouge : Bayard Jeunesse, 2009. 406p ; 19 x 14 cm (Estampille). ISBN 978-2-7470-2960-5

    OPPEL, Kenneth. Darkwing. Danièle LARUELLE trad. Montrouge : Bayard Jeunesse, 2009. 530p ; 19 x 14 cm (Estampille). ISBN 978-2-7470-2504-1

    Mots-clés : fantastique, chauve-souris, mythe, héros

    À partir de 9 ans

    Notes de bas de page

    [1] traduction de "I said I’d never write a talking animal story. I’ve always had a slightly condescending attitude towards them and thought they were somehow cutesy. What drew me to Silverwingwas the fact that most people have strong negative reactions to bats ; they’re scary, ugly, strongly linked with horror, the gothic imagery in Dracula, rabies and things like that. I thought it would be a real challenge to see if I could somehow make these creatures appealing or endearing and cause people to care about them." tiré de l’interview de l’auteur du 7 Octobre 1996 dans Toronto