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Les lettres de mon petit frère, de Chris Donner

 
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    Louer une maison au bord de la mer peut sembler une bonne idée, mais cela peut être source d’ennuis également.

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    C’est ce que lit Christophe dans les lettres qu’il reçoit de son petit frère : quand la mer est basse, elle sent mauvais, et quand elle est haute elle fait du bruit et reflue les touristes sur le mur de pierre de la maison. Les catastrophes dès lors s’enchaînent. Le mur s’écroule, les gens font semblant d’être blessés, menacent de faire des procès et quand papa décide de faire du bateau, la situation empire encore. On a vraiment besoin de Christophe et Matthieu, qui lui écrit, ne comprend pas bien pourquoi il n’est pas là. D’autant que Christophe avait promis à son petit frère qu’il serait présent la première fois que ce dernier serait amoureux et maintenant il ne sait pas quoi faire avec Sophie Marineau, une jeune fille rencontrée à la pharmacie du coin.

    Heureusement, quand la situation devient désepérée, Christophe décide d’intervenir.

    Des liens familiaux

    Dans une écriture simple et agréable, Chris Donner nous raconte une histoire de famille et aborde le thème de l’homosexualité. L’histoire est drôle qui raconte les malheurs d’une famille en villégiature au bord de la mer et les catastrophes qui s’enchaînent : entre les voisins insupportables, les touristes qui font s’écrouler le muret du jardin, le petit Antoine qui fait pipi dans sa culotte, le chien idiot qui s’étrangle avec sa laisse, Sylvie la jeune sœur qui passe son temps à pleurer ou papa qui manque de faire naufrage... ces vacances s’annoncent comme les pires qui n’aient jamais été. Du coup, il règne une ambiance détestable. Tout le monde est sur les nerfs. Pour faire fuir les envahisseurs de jardin, maman fait le guet avec un bâton, papa menace de leur jeter l’huile bouillante des frites, et le chien ne sert à rien. En retour, les touristes se vengent en lançant leurs déchets dans le jardin.

    Christophe manque. Lui seul sait faire une bonne sauce tomate pour accompagner les pâtes, et d’habitude c’est avec lui que papa fait du bateau. Christophe manque parce qu’il fait partie de la famille et que sans lui rien n’aurait été pareil. Mais on ne peut pas même prononcer son nom, et Matthieu ne comprend pas bien pourquoi. Maman l’a interdit menaçant que " le premier qui parlerait de [lui] recevrait une gifle, même Papa " (p.12). Et si l’on parle de son copain Florian, c’est encore pire, Maman le traitant de " monstre " (p.71) et de " voyou vicieux " (p.70). Tout ça parce que Sylvie a vu Christophe embrasser Florian sur la bouche et qu’elle est allée tout répéter à Maman. Pourtant lorsque vraiment la situation apparaît désespérée, Christophe arrive sur sa belle moto tel un prince sur son cheval blanc, avec son copain Florian. Et à eux deux, ils parviennent à redresser la situation, même si Maman a un peu de mal à l’admettre. L’opposition farouche de la mère, d’une violence presque surprenante, est sur ce sujet hélas encore trop courante. Son fils semble n’en être plus un, même si tous les torts selon elle reviennent à Florian, bien entendu. Roman sur la famille, Les lettres de mon petit frère affirment que l’homosexualité n’est pas une raison pour casser les liens et l’amour qui pouvaient rassembler ses différents membres dans une écriture des plus naturelles. Rien de plus banal que d’aimer, non ? Ainsi Matthieu s’insurge : " Si on a plus le droit d’embrasser ses copains où on veut, autant aller en prison tout de suite " (p.72). Christophe appartient pleinement à cette famille, et l’auteur le symbolise et le souligne en rendant sa présence quasi indispensable. Ce n’est pas parce qu’il embrasse son copain sur la bouche qu’il doit se voir rejeté et exclu. Rien ne change, rien n’a changé. La dispute qui oppose le grand frère à sa mère leur a fait perdre à tous les deux un temps précieux. Pourtant retrouver une telle complicité est une reconquête, un combat lent et fastidieux mais qui apparemment mérite d’être mené. Se faire accepter comme on est, faire accepter qui on aime est important et en vaut la peine.

    C’est une leçon d’amour que nous propose le livre de Chris Donner, juste une question d’amour.

    Mots-clés : vacances / famille / homosexualité / amour

    par Thomas Chaimbault (07/2002)

    Donner, Chris. Les lettres de mon petit frère. Ecole de loisirs, 1992. (Neuf). 79 p. ISBN 2211039073

    Post-scriptum

    Sur ce site, voir les autres articles sur l’homosexualité :

    http://jeunet.univ-lille3.fr/mot.php3 ?id_mot=118