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    Harry Potter à l’école des Sorciers, J. K. Rowling

    Publié le 27 juin 1997, le petit roman de Joanne Rowling, écrit sous son pseudonyme J.K. Rowling, ne laissait pas imaginer qu’il remporterait un tel succès à travers le monde. Âgée seulement de quatre ans et demi à sa parution, je n’étais évidemment pas apte à apprécier l’histoire qui par la suite m’enchanterait tant. Et c’est vers mes sept ans, en âge de lire et de comprendre que, totalement émerveillée par la découverte de ce roman, je le dévorais en quelques jours. D’aussi loin que je puisse me souvenir, c’est la première histoire qui m’ait réellement marquée.

    Comment pouvait-on expliquer qu’une nouvelle histoire allait susciter un tel intérêt auprès de milliers d’enfants, d’adolescents et même d’adultes ?

    Personnellement, je pense qu’une telle histoire, basée essentiellement sur la sorcellerie, était une chose complètement inédite. Avant Harry Potter, il n’y avait que les gentilles fées ou les méchantes sorcières présentes dans les contes de Grimm ou de Perrault, le bien et le mal étaient des notions clairement définies par cette différenciation. Or le jeune garçon, malheureux, obligé de vivre chez son oncle et sa tante, à cause de son statut d’orphelin, qui le maltraitaient dans le but de voir sa magie s’éteindre, n’avait pas beaucoup de points communs avec les bonnes fées qui usaient de magie pour faciliter la vie des protagonistes.

    De nature solitaire, j’aimais rester lire durant de longues heures dans ma chambre et j’y ai été touchée par les malheurs du jeune garçon, ses espoirs et également ses questions. Quoi de plus angoissant pour un jeune garçon que de faire de la magie sans parvenir à la contrôler ni même savoir quand elle se déclenchera, sachant que c’est interdit et qu’il en sera forcément puni de manière injuste ? Les intrigues s’enchaînent les unes après les autres, tellement bien orchestrées par l’auteure qu’il est impossible de savoir à l’avance ce qui va réellement se produire. Qu’allait faire le jeune garçon, persécuté depuis toujours par son cousin, trop gâté par ses parents, une fois mis au courant de son caractère spécial par le demi-géant Hagrid, garde-chasse et Gardien des Clés et des Lieux du château de Poudlard, venu lui remettre sa lettre en main propre ? Je me souviens d’avoir été longuement tourmentée, tout comme mes amies, toutes aussi passionnées par l’univers magique du jeune sorcier, par de multiples questions à propos de ce qui se passerait par la suite.

    Parmi toutes les émotions que j’ai pu ressentir au fil de l’histoire, que ce soit de la tristesse ou encore de l’amusement, il y en a une qui me reste particulièrement en mémoire. Je ressentais une folle envie mêlée de crainte de recevoir le jour de mon onzième anniversaire ma lettre d’admission à Poudlard, par hibou grand-duc, comme c’était normalement le cas pour tous les sorciers. Ça a sûrement été, comme pour moi, le grand rêve de beaucoup d’enfants. Nous attendions de savoir, avec excitation, si nous étions de simples « moldus », des êtres dépourvus de magie, comme l’explique l’auteure, ou de vrais sorciers capables de jeter des sorts pour réparer des objets ou d’en transformer d’autres, de nous transformer nous-mêmes en animaux, ou d’en posséder comme animaux de compagnie. Quelle incroyable nouveauté de lire qu’on peut adopter des animaux sauvages tels que des chouettes, des rats ou des crapauds, en entrant dans une nouvelle école. J’ai toujours trouvé fascinant cette capacité qu’a eue l’auteure de nous faire rêver avec autant de talent, de créer tant de détails à partir de sa propre imagination.

    Et nous rêvions de partir à bord du train « Poudlard Express », sur la voie 9 ¾ à la gare de King’s Cross, à Londres, accompagnés de nos animaux et nos grosses malles bourrées de grimoires et de robes de sorciers. Nous voulions traverser le lac en barque, risquant d’apercevoir les effrayantes créatures magiques sous-marines. Les fantômes se baladant dans les couloirs sans prendre la peine de vérifier si les gens passaient de l’autre côté des murs qu’ils traversaient ne nous coupaient même pas l’envie d’y aller. Je rêvais d’apprendre autant d’informations que Hermione, la meilleure amie de Harry, si studieuse et douée pour la magie. Parcourir le château la nuit, frissonner devant cet interdit, emmitouflé dans la cape d’invisibilité du jeune héros et découvrir des secrets.

    À travers ce roman, je me sentais plus courageuse, plus forte, il nous transmettait des rêves où nous pouvions améliorer des choses de notre propre vie. Grâce à la magie, nous croyions que tout pouvait arriver, à l’image de notre héros préféré.

    © Émeline VANDENBROUCKE, janvier 2014

    UE libre édition jeunesse, L1 HSI