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Le Nazisme raconté aux adolescents (mini thèse)

 
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    Introduction

    Le thème dont nous allons parler est le Nazisme, plus particulièrement la condition et le traitement des Juifs lors des années au pouvoir d’Hitler. Je me suis surtout penchée sur les livres à destination des adolescents. J’ai donc pris en exemple Le Journal d’Anne Frank, Un sac de Billes de Joseph Joffo, Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter et Max de Sarah Cohen-Scali.

    Je me suis posé cette question, à savoir : comment cette importante période historique est-elle racontée aux adolescents ? Les différences qu’il peut y avoir entre ces ouvrages, en fonction de l’histoire de l’auteur, de l’époque à laquelle est écrit le livre, ou encore du genre du livre présenté.

    Synopsis des livres présentés

    Le journal d’Anne Frank

    (JPG)
    © LGF, 2013

    Comme son nom l’indique, c’est le journal intime d’une jeune fille juive, Anne Frank, qui va raconter son quotidien en Hollande pendant un peu plus de deux ans, de juin 1942 à août 1944. À l’âge de quatre ans, elle quitte l’Allemagne, son pays d’origine pour se réfugier aux Pays Bas, où son père a trouvé du travail, échappant ainsi par la même occasion, aux lois antijuives d’Hitler. Jusqu’en mai 1940 ou les Pays-Bas capitulent lors de l’invasion de l’Allemagne dans leur Pays. Durant ces deux ans, elle a parlé de sa place de clandestine, de son vécu en tant que juive et donc par la même occasion, des conditions de ses semblables sous le régime hitlérien.

    Toutes les couvertures des livres que j’ai trouvés montrent comme ci-dessus une photo d’Anne Frank, ce qui ne donne aucun indice sur le thème de l’ouvrage, mais cela n’a pas trop d’importance, car vue de la notoriété de ce livre, une grande majorité de personne sait de quoi parle le livre.

    Un sac de billes de Joseph Joffo

    (JPG)
    © LGF, 1990

    L’histoire commence à Paris en 1941. Elle va raconter la fuite de deux frères Maurice et Joseph ainsi que leur famille d’origine juive, qui veulent échapper à la politique nazie du gouvernement de Vichy. Les deux frères se retrouvant forcer de porter l’étoile jaune, ils veulent gagner le Sud de la France et franchir la ligne de démarcation pour pouvoir passer en « zone libre ». Le livre se termine en 1944, où les membres de la famille sont censés être de retour à Paris pour se retrouver ensemble ...

    Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter

    (JPG)
    © Hachette jeunesse, 1995

    L’histoire se déroule de 1925 à 1942 et raconte l’amitié entre deux petits garçons ; le narrateur, Frédéric, est juif. Ils habitent le même immeuble, et vont à l’école ensemble, tous se passe plutôt bien jusqu’au jour ou Frédéric se fait traiter de « sale petit juif ». À partir de ce moment, il y a un enchaînement de toutes les lois et de tous les interdits fait aux Juifs qui vont évidemment se répercuter sur Frédéric et sa famille Toutes sortes d’injustices de plus en plus violentes sont faites à leur égard. Frédéric va voir sa vie se modifier radicalement et lui va changer, tout ça sous les yeux de son ami et narrateur, Hans.

    La couverture du livre, montre un petit garçon juif (il porte l’étoile jaune), sans doute Frédéric ; entouré de chaque côté de grands drapeaux nazis, avec à leur centre la croix gammée. Frédéric semble se cacher et être apeuré. La couverture donne une impression d’écrasement, entre le petit Frédéric et les grands drapeaux nazis qui l’entourent et le dominent.

    Max de Sarah Cohen-Scali

    (JPG)
    © Gallimard, 2012

    L’histoire débute par la naissance du narrateur, Max ou plutôt Konrad, le jour de l’anniversaire du Führer. Max c’est le prénom qu’aurait voulu lui donner sa mère si elle avait eu le choix. Il naît au foyer de Steinhöring dans le carde du programme « Lebensborn » et il se trouve être le premier et le parfait représentant de la race aryenne, la race supérieure. Ses six premières années, il les passera lui, entouré d’éducateurs, de surveillantes... à devenir un allemand parfait, à apprendre les grades SS, à se battre, à ne montrer aucune faiblesse, bref, à intégrer totalement toutes les valeurs nazies. Un jour, lors d’une mission dans une école d’intégration pour jeunes Polonais, il rencontre Lucas et se retrouve fasciné et attiré par ce garçon différent des autres. Il décide d’en faire son frère ; mais ignore encore tout de lui... Jusqu’au jour au celui-ci lui crachera la vérité au visage ; sa vision de la vie s’en trouvera alors profondément changée.

    La couverture du livre, illustre parfaitement l’environnement nazi dans lequel on baigne en lisant ce livre. L’importance des couleurs est aussi à rappeler puisque ce sont les mêmes que celles du drapeau nazi, qu’on retrouve déjà en brassard sur le bras de l’embryon. Comme si celui-ci avait déjà toute sa vie tracée pour lui.

    I) Place de l’auteur ; schéma narratif et structure du livre

    Dans le cas de toutes ces œuvres, le récit du livre se passe de manière chronologique. De 1942 à 1944 pour Le Journal d’Anne Frank, de 1941 à 1944 pour Un sac de billes, de 1925 à 1942 pour Mon ami Frédéric et de 1936 à 1945 pour Max.

    Le journal d’Anne Frank se passe à la même époque que celle il a été écrit, ce sont ses dires et ses émotions transcrits « en direct ». Un sac de billes a été raconté et donc écrit plus tard, puisque le livre de J. Joffo a été écrit en 1973, c’est donc en étant adulte que l’auteur raconte son enfance.

    Le point commun de ces deux livres, c’est leur histoire vraie, avec une différence puisque pour le journal d’Anne Franck, celle-ci est un même temps l’auteur et le héros du livre, c ’est une autobiographie publiée et écrite sous forme de journal intime et de lettres. Même si ce livre est une histoire vraie, son exhaustivité à longtemps était remis en cause. Pour Un sac de billes, même si l’on peut dire que c’est un roman autobiographique, la structure du livre est présentée en chapitres comme dans un roman, il y a aussi quelques anomalies chronologiques présentes dans le livre pour mieux faire correspondre l’histoire du livre.

    Pour le cas de Mon ami Frédéric, et de Max ; ces livres sont des romans de fictions avec des personnages plus ou moins inventés tous en ayant lieu à une époque tout à fait réelle. Hans Peter Richter, est allemand et à écrit « Mon ami Frédéric » en se basant sur sa propre histoire propre puisqu’il est naît en 1925. Il a donc connu lui même durant son enfance, la propagande nazis et a été témoin de la persécution des juifs. Mon ami Frédéric est donc un roman de fiction basé sur des faits réels et des expériences personnelles.

    Max est lui aussi un roman de fiction avec des personnages inventés mais dans un véritable contexte historique. L’auteur a choisi d’aborder son histoire, avec Max et/ou Konrad comme narrateur quasi omniscient. Sarah Cohen-Scali est française, née en 1958. Elle n’a donc pas connu les éléments qu’elle raconte dans son livre, par contre elle s’est très bien documentée sur le sujet, assez peu connu et raconté, qu’elle a choisi d’aborder : les enfants nés du programme « Lebensborn ».

    II)Le contenu et le vocabulaire employé dans les livres, ainsi que le public visé

    J’ai choisi de parler de ces livres en fonction de l’âge du public potentiellement visé.

    En premier Mon ami Frédéric, que j’ai moi même étudié au collège lorsque j’étais en 5ème. Le vocabulaire employé est accessible et l’auteur ne tombe pas dans la surenchère de drames ; malgré cela, c’est une histoire très réaliste ou les faits sont décrits avec beaucoup de précisions et la fin n’est pas de celle que l’ont peux qualifier de « happy end ».

    Les deux ouvrages suivants Le journal d’Anne Franck et Un sac de Billes sont régulièrement étudiés au collège, en classe de 3ème. Avec Le Journal d’Anne Frank, le vocabulaire est celui d’une fille adolescente (13-15 ans) très mûre pour son âge. Ses réflexions montrent qu’elle est extrêmement lucide sur le monde qui l’entoure et sur ce qui se passe autour d’elle, malgré les adultes qui tentent de l’épargner et de la protéger. Étant elle-même adolescente lorsqu’elle écrit ce livre, elle ne parle pas seulement des Juifs, mais aussi de sa vie, de son entourage, de ses émotions...

    Un sac de billes est aussi dans le même ordre d’idée. Les horreurs et les persécutions qui les entourent font grandir les héros bien plus vite qu’en tant ordinaire, leur vocabulaire est donc en lien avec la vision de leur époque. Même si ce livre fut écrit lorsque l’auteur avait 42 ans, et qu’à l’origine « Un sac de billes » n’était pas destiné à un public jeunesse, il n’en reste pas moins que les héros sont des adolescents et c’est l’un d’entre eux qui raconte son vécu.

    Max est le roman que je destinerais à un public un peu plus vieux, ayant déjà une certaine connaissance de la Seconde Guerre mondiale et de ses événements qui, si on ne les connaît pas, peuvent être assez traumatisants. La plupart des critiques que j’ai lues, conseillent ce livre à partir de 15 ans ou plus ; cela est surtout dû au vocabulaire cru et choquant employé par la narrateur. Étant un enfant et le héros du livre, on ne s’attend peut être pas à ce qu’il ait un état d’esprit aussi radical.

    III) Point du vue et réflexions du narrateur et du lecteur

    Dans le cas de tous les livres que j’ai choisis, les narrateurs sont enfants ou adolescents. Le récit est à la première personne, ce qui permet une identification plus facile de la part du lecteur. Ce sont d’ailleurs en majorité des adolescents, soit parce qu’il l’étudie dans le cadre scolaire en 5ème ou en 3ème en rapport avec leurs cours d’Histoire sur la Seconde Guerre mondiale, soit ils iront les chercher eux-mêmes dans les rayons jeunesse des librairies par curiosité ou par envie.

    Le Journal d’Anne Frank, Un sac de billes et Mon ami Frédéric sont écrits d’un point de vue juif, les narrateurs le sont eux-mêmes et/ou ont des amis qui le sont. Max, lui, est raconté de l’autre point de vue, puisque le narrateur est ce qu’on pourrait appeler un pur produit de la race aryenne destiné à prendre le pouvoir et à exterminer les « races inférieures ».

    Le livre qui m’a le plus marqué est Max, peut être parce que je n’ai pas eu à le lire pour les cours, mais surtout parce qu’il raconte l’horreur nazie d’un point de vue totalement différent de d’habitude. Tout d’abord le narrateur est lui-même nazi, ce qui est rare. Même s’il est enfant, il porte sur ce qui l’entoure un regard totalement froid et dénué de compassion. Et ensuite, parce qu’il parle d’une entreprise nazie assez peu connue, celles des pouponnières destinées aux enfants parfaits qui domineront l’Allemagne et son empire. Je trouve ce livre fascinant, autant par l’histoire et ses horreurs que par le ton employé par l’enfant qui fait froid dans le dos.

    Ces livres ne sont pas ce qu’ont pourraiet appeler des lectures plaisirs ou de divertissements. Les lecteurs savent en général à quoi s’en tenir en lisant ses ouvrages, de part le titre de l’ouvrage, la couverture ou encore la notoriété de l’œuvre. ils abordent des thèmes tels que la dureté de la guerre, la monté du nazisme en Allemagne et en Europe, mais traitent aussi des questions plus psychologiques comme, comment la passivité de certains hommes peuvent faire basculer un pays dans l’horreur... Ils vont permettre à l’adolescent de mieux appréhender certaines parties de son histoire et par la même occasion de son futur. Ces livres ont tous un rôle de témoignage et de mémoire. D’ailleurs c’est clairement dans ce but qu’Anne Frank à réécrit son journal, le but premier étant de se confier à une amie, et le deuxième d’écrire un livre lorsqu’elle a entendu l’appel du ministre néerlandais de l’éducation sur la BBC disant « qu’après la guerre il faudrait rassembler et publier tout ce qui avait trait aux souffrances du peuple néerlandais pendant l’occupation allemande ».

    Conclusion

    Le nazisme est un des courants politique qui a fait le plus de victimes lors du XXème siècle. Il est donc important de transmettre ce savoir aux générations futures afin qu’ils n’oublient pas tous ces événements. Cela peut se faire par le biais des livres comme nous venons de le voir, dans le cadre scolaire ou tout simplement par découverte personnelle ; mais aussi par d’autres moyens tels que les films, les visites de certains lieux (musées, anciens camps de concentration ...) ou encore par l’histoire familiale.

    © Élise BONDUELLE, 2014

    Deust 2 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    Post-scriptum

    Bibliographie

    FRANk, Anne. Le journal d’Anne Frank. texte établi par Otto H. Frank et Mirjam Pressler ; édition adaptée du néerlandais par Nicolette Oomes et Philippe Noble ; à partir de la traduction de l’édition critique par Philippe Noble et Isabelle Rosselin-Bobulesco... ; préfaces inédites de Bernd Buddy Elias et Éric-Emmanuel Schmitt. Paris : Librairie générale française, 2013. 1 vol. (357 p.) : couv. ill. ; 18 cm. (Le livre de poche ; 33061). ISBN 978-2-253-17736-4 (br.) : 7,10 € Traduit du Néerlandais : De dagboeken van Anne Frank
    -  Le site officiel de la maison d’Anne Frank : annefrank.org

    JOFFO, Joseph.Un sac de billes. Paris : Librairie générale française, 1990. 413 p. ; 11 x 18 cm. (Livre de poche : 5641). ISBN 2253029491
    -  Une analyse du roman : lepetitlitteraire.fr

    RICHTER, Hans Peter. Mon ami Frédéric. Paris : Hachette jeunesse, 1995. 222 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 17 cm. (Le livre de poche. Jeunesse). ISBN 2-01-321326-4 (br.)
    -  Une fiche de lecture : intellego.fr-francais/mon-ami-frede...

    COHEN-SCALI, Sarah. Max. Paris : Gallimard, 2012. 472 p. : couv. ill. ; 20 cm. (Scripto). ISBN 978-2-07-064389-9 (br.) : 15,90 €. À partir de 15 ans.
    -  Interview de Sarah Cohen-Scali à propos de son roman Max ; Prix Sorcières Roman Ado 2013 : citrouillealsj.blogspot.fr

    Pour aller plus loin

    -  « Le thème de la Shoah dans les albums jeunesse destinés aux moins de 10 ans (mini thèse) » sur Lille3jeunesse

    -  « L’illustration de la SHOAH dans la littérature jeunesse par l’allégorie : le recours aux animaux (mini thèse) » sur Lille3jeunesse

    -  Le petit garçon étoile, de Rachel Hausfater-Douieb et Olivier Talyk sur Lille3jeunesse

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    -  « Le nazisme raconté aux enfants d’Europe » :magasindesenfants