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Regards croisés avec Geneviève Brisac et Marie-Aude Murail

 
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    Dans le cadre des 50 ans de L’École des Loisirs, le Furet du Nord de Lille nous a enchantés d’une conférence avec Geneviève Brisac et Marie-Aude Murail ce mardi 13 octobre 2015.

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    Revenons d’abord sur les protagonistes de cette rencontre.

    Geneviève Brisac est un auteur de roman pour la jeunesse mais aussi pour les adultes. Ses oeuvres majeures en littérature de jeunesse sont Petite paru en 1994 et La série Olga publiée dans la collection Mouche de L’École des Loisirs. Elle a été aussi éditrice pour Gallimard et depuis 1989 elle dirige les collections Mouche, Neuf et Médium de L’École des Loisirs.

    Marie-Aude Murail est auteur de romans pour la jeunesse principalement à L’École des Loisirs. Parmi ses oeuvres majeures, citons Les série Nils Hazard , Les Mésaventures d’Emilien et Miss Charity. Oh Boy ! , l’un de ses romans majeurs a reçu 28 prix à ce jour.

    Le choix de ces deux femmes n’est pas anodin car Geneviève Brisac est l’éditrice de Marie-Aude Murail.

    Entre elles, c’est d’abord une histoire de lecture qui dure depuis 30 ans. Marie-Aude Murail a décidé que cet été elle les passerait avec Geneviève Brisac. Parmi ses romans favoris on trouve Olga et Petite qui sont des "page turner" (livre qu’on ne lâche pas tant qu’il n’est pas achevé). Marie-Aude nous explique alors combien Une année avec mon père fut difficile pour elle. Elle a tenté d’exorciser ce qu’il s’est passé avec son père par la voix de l’écriture mais elle n’y est pas parvenue tant le milieu hospitalier est violent et cruel.

    Marie-Aude lit ensuite un extrait de Voir les Jardins de Babylone écrit par son amie et vient la question suivante : « Comment as-tu appris à être drôle ? » L’humour est avant tout un mécanisme de défense, un moyen de lutter contre les cauchemars avoue Geneviève qui a toujours aimé lire Titi et Grosminet avant de s’endormir. Elle revient d’ailleurs sur l’écriture de Petite : lors de l’internement de l’héroïne celle-ci subit des privations puis peu à peu on l’autorise à nouveau et surtout à avoir des livres. Le centre possède un catalogue lorsqu’elle y a accès elle se jette sur la catégorie Humour dans lequel se trouve Au bon Beurre de Jean Dutourd. Ce livre qui apparemment n’est pas très drôle.

    Sa manière de voir les choses est peu positive la manière qu’elle a de raconter les vacances : comme il a plu, le restaurant qui n’était pas bon...

    Elle se voit comme une épine aux yeux des autres. Ce qui pour elle est une bonne chose car ce sont eux qui l’ont amenée à écrire de la littérature de jeunesse.

    Les relations auteurs-éditeurs

    Etre éditeur c’est avant tout être un lecteur. L’auteur réagit comme si elle était un enfant unique et aimerait qu’on ne lise que lui. Ce qui fait vivre Geneviève Brisac c’est l’utopie. C’est d’ailleurs la lecture qui l’a sauvée.

    Elle écrit alors à différentes éditeurs une lettre dans laquelle elle demande pourquoi les livres sont chiants... Gallimard a été le seul à répondre et lui a proposé d’essayer. La lecture, pour elle est associée à la dictée et donc, on ne veut pas lire.

    Aujourd’hui, les attentes ne sont plus les mêmes et les auteurs sont aussi des lecteurs. Marie-Aude Murail a d’ailleurs toute une équipe pour lui venir en aide. Si dans avant de publier elle n’a pas de “Mais” c’est dommage car on loupe quelque chose. Elle préfère qu’on lui dise : « c’est Génial ! Mais... » Elle a eu ce problème pour 3 000 façons de dire je t’aime , car elle employait « nous » ce qui a créé un débat mais ne voyant pas d’autre manière de le transformer, elle a demandé à ce qu’on la laisse se tromper. Ce qu’elle attend de son éditeur c’est de lui donner des lignes directrices et que sa correctrice lui apprenne à écrire. Il se peut qu’après des heures de corrections l’imprimerie sabote tout. À l’heure actuelle, beaucoup de livres imprimés ont de nombreuses coquilles.

    Le premier travail Geneviève Brisac est d’abord de refuser les manuscrits. Désormais, on est face à un problème d’éducation des lecteurs. Le nombre de lecteurs fait la qualité on ne peut plus voir la vraie beauté des livres. C’est un système populiste et ce n’est pas bon ! Internet fait de même.

    © Pauline Goujet

    Post-scriptum

    En savoir plus

    Marie-Aude Murail sur Lille 3 Jeunesse Geneviève Brisac sur Lille 3 Jeunesse Site de L’école des Loisirs

    La prochaine rencontre avec L’École des Loisirs au Furet du nord de Lille le 17 novembre 2015.