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Comment j’ai décidé de réconcilier Edgar Allan Poe et Le chat noir...

 
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    Quand j’étais petite, je lisais énormément. J’adorais Les Contes des Frères Grimm, de Perrault, d’Andersen et les histoires de la Comtesse de Ségur. Mes lectures préférées étaient celles avec des monstres et des animaux, et je me plaisais à penser que peut-être tous ces personnages avaient vraiment existé surtout s’il était question d’animaux doués de parole.

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    Edgar Allan Poe et Le chat noir
    © Les illustrations de Mihne

    Ainsi, j’espérais qu’un jour moi aussi j’aurais la chance de vivre avec un chat qui porte des bottes, que je deviendrais amie avec un loup parce que je savais très bien qu’ils étaient incapables de manger des gens - cette histoire de grand-mère dévorée n’était qu’une invention pour justifier la fugue du Chaperon rouge ! - ou même, que je recevrais des cours de musique et de dessin de la part d’une biche et d’un chat...

    Je n’ai pas perdu espoir...

    Hier, tristesse, colère et fascination...

    Quand j’ai eu le droit d’accéder aux livres "pour grands" à la bibliothèque, un des premiers livres que j’ai emprunté était Les Contes macabres d’Edgar Allan Poe. Je ne connaissais pas cet auteur, la couverture du livre était très sobre et peu attirante. En le feuilletant je ne trouvais aucun passage avec des pouvoirs magiques ni de forêts mystérieuses. Pourtant dans le titre il y avait le mot "contes" et dans la table des matières je voyais qu’il y avait une histoire de chat. J’ai donc emporté ce livre avec moi. Et bien évidement, le soir même, la première histoire que j’ai décidé de lire fut « Le chat noir ». Je me souviens l’avoir lue d’une traite. Je me souviens aussi que je pleurais. Je ne supporte pas qu’on face du mal aux animaux. Encore aujourd’hui, quand je lis un livre ou si je regarde un film où il arrive du mal à une bête, je pleure systématiquement. Je ne me suis toujours pas remise du passage avec la fourmi dans Chérie j’ai rétréci les gosses, ne parlons pas du Roi Lion et je ne regarderai plus jamais Charlie mon héros ou Rox et Rouky. Les trois dernières phrases du récit du « Canard et de la panthère » des Contes du chat perché demeurent gravées dans ma mémoire et me font monter les larmes aux yeux chaque fois que j’y pense.

    Bref, vous l’avez compris, la lecture du « Chat noir » a provoqué chez moi toutes sortes d’émotions : tristesse et colère, mais aussi fascination pour ce personnage cruel qui parle si bien et ce sentiment de vengeance accomplie à la fin, alors qu’on ne s’y attendait plus.

    Aujourd’hui...

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    Princesse Ino, Edgar Allan Poe et Les contes macabres illustrés par B. Lacombe
    Photo Mihne

    J’ai refermé le livre, en me redisant cette dernière phrase qui a fait apparaître un sourire sur mon visage alors que je continuais de pleurer. Aujourd’hui, c’est l’une des seules histoires que je prends plaisir à relire régulièrement malgré ce qui arrive aux chats.

    Seriez-vous étonnés si je vous disais que Cachou, mon tout premier chat qui coule aujourd’hui encore des jours heureux chez mes parents, est un chat noir ? Que le chat qui partage ma vie, ma princesse Ino, est une jolie demoiselle à poils longs, et noirs ?

    Alors, évidemment, il fallait bien que j’ajoute ce grand auteur à la série de portraits que je dessine. Et pour prouver à Edgar que je ne lui en veux pas trop, parce qu’il a su trouver les mots pour me consoler à la fin de cet affreux récit que j’aime tant, je l’ai réconcilié avec le chat noir.

    © Mihne, février 2016

    Post-scriptum

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    © Soleil, 2010

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    Découvrir ou redécouvrir Les Contes macabres

    POE, Edgar Allan. Les Contes macabres. Traduction de Charles Baudelaire ; illustrés par Benjamin Lacombe. Paris : Soleil, 2010. 1 vol. (218 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 20 x 29 cm. (Métamorphose). ISBN 978-2-302-01299-8 (rel.) : 29,90 €

    À feuilleter sur benjaminlacombe.com