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La quête d’Ewilan : d’un monde à l’autre (tome 1), de Pierre Bottero

 
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    La Quête d’Ewilan, c’est d’abord une aventure. L’aventure d’une adolescente surdouée de 13 ans, Camille, menant une vie qui n’est pas des plus plaisantes. L’absence d’amour et l’intransigeance de ses parents adoptifs au même titre que le ressentiment de ses profs quand elle témoigne de ses capacités intellectuelles élevées la confinent à l’hypocrisie quand ce n’est pas l’isolement. Seuls les livres de sa bibliothèque et Salim, son meilleur et seul ami, lui permettent de retrouver le sourire. Tout bascule lorsqu’un matin, alors qu’elle se livrait à de savants calculs sur le chemin de l’école, un camion la heurte. Est-ce la fin de l’histoire ? Non, car au lieu de mourir, elle se retrouve dans une forêt entre un chevalier et un monstre étrange et plutôt inamical. La quête d’Ewilan peut commencer...

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    La Quête d’Ewilan, c’est ensuite un genre. Le monde féerique, les combats épiques et la magie fantastique qui entourent notre héroïne et ses compagnons atypiques inscrivent cet ouvrage dans la fantaisie héroïque, un genre florissant à l’époque actuelle. Les amis d’Ewilan (c’est le nom de Camille en Gwendalavir) n’ont rien à envier à la fameuse équipe du Seigneur des Anneaux, ou à d’autres figures marquantes de notre culture littéraire ou télévisée. Pour preuve notre Camille, « magicienne » aux pouvoirs puissants, hérités de ses vrais parents qui étaient eux-mêmes de grands « jeteurs de sorts » avant leur disparition. Cette situation n’est pas sans rappeler un certain Harry Potter. Vient ensuite Salim, le meilleur ami de Camille dans notre monde, qu’on pourrait définir comme un jeune roublard sympathique. Puis Edwin le guerrier charismatique et baroudeur ressemblant à s’y méprendre à Aragorn de Tolkien. Les similitudes ne s’arrêtent pas là : Chiam Vite le Faël, demi humain, capable de décocher des flèches à une vitesse fulgurante (Legolas en est tout aussi capable), Bjorn, le chevalier errant, intéressé par ce qui ressemble de près ou de loin aux demoiselles en détresse ou aux quêtes, quelles q’elles soient. Rajoutons Ellana, voleuse talentueuse et farouche (un peu comme Sydney Fox), Artis Valpierre, « moine » capable de guérir tous types de blessures physiques (Léo de la série Charmed se serait-il reconverti ?), Maniel le soldat, que la nature a doté d’une force colossale, digne concurrent d’Hercule, et pour terminer, Duom le vieux sage. Faut-il y voir un plagiat déguisé ? Un air de déjà vu (et ne parlons pas des hordes Raïs, appelés guerriers-cochons, en gros des orcs, qui menacent les terres paisibles des humains et des elfes...Euh des Faëls) ? S’agirait-il d’Harry Potter dans la Terre du Milieu ? Non, car si au premier abord, ces personnages semblent être des répliques de personnages connus, chacun d’entre eux dégage une personnalité propre qui les distingue sensiblement de leurs « parents ». Ainsi, Edwin, si charismatique soit-il, n’a pas le même caractère qu’Aragorn et il lui arrive parfois, certes en maugréant, de concéder un peu de son pouvoir de décision à Ewilan (alors que personne ne remet en question les choix d’Aragorn dans le Seigneur des Anneaux). Bjorn le chevalier est plus proche du comique que du courtois. Maniel le soldat est doux comme un agneau. Chiam Vite se moque de temps en temps de la lourdeur des humains (alors que Legolas se gardait bien de le faire). La terre de Gwendalavir recèle bien des surprises totalement inédites.

    Savez-vous ce qu’est un chuchoteur, un gommeur ou une enjôleuse d’Hulm ou à quoi ressemble l’Arche d’Al-Jeit ? Que les « magiciens » sont en réalité des dessinateurs par l’esprit ? Ou tout simplement, Ewilan arrivera-t-elle à sauver Gwendalavir ? Ce sont autant de questions qui ne trouvent leurs réponses qu’en osant suivre le périple d’Ewilan.

    La Quête d’Ewilan, c’est aussi une écriture. De celle qui vous transporte dans un rêve dès les premières lignes et qui ne vous lâche plus jusqu’à la fin du tome. Pas moyen de s’arrêter, les chapitres sont trop courts, les descriptions très succinctes, juste de quoi imaginer le décor, et les dialogues dynamiques. Pas moyen de souffler non plus tant l’intrigue est trépidante. On se sent aux côtés d’Ewilan et de ses amis. Ecriture d’action, d’ambiance et d’immersion. Même le vocabulaire ne nous retient pas, de par sa simplicité. La Quête d’Ewilan, ce n’est pas un mais des livres, plus exactement une double trilogie (la seconde trilogie s’intitulant Les Mondes d’Ewilan). Quand on aime, on ne compte pas et on regrette même qu’il n’y ait que six livres. Car la magie de Gwendalavir nous imprègne à un point tel qu’elle déborde des pages. Preuve en est les couvertures superbement illustrées, par Jean-Louis Thouard, de la première et seconde trilogie. Posez les tomes côte à côte, et vous verrez, « comme par magie », deux triptyques inattendus se former sous vos yeux envoûtés.

    Enfin, La Quête d’Ewilan, c’est, comme son nom l’indique, une quête. Dans un univers de guerre et de paix, d’entraide et d’amitié, d’amour et de rivalité, Camille devra mener une véritable épopée à la recherche de ses origines. Orpheline, ses parents adoptifs lui font sentir que sa place n’est pas auprès d’eux. Partir en quête de ses vrais parents, c’est pour elle, l’occasion de grandir en surmontant des épreuves douloureuses comme la mort, la séparation, les choix difficiles. Et peu à peu, on découvre que les compagnons d’Ewilan auront eux aussi leur propre quête à mener, à l’instar de Salim, qui pourra développer ses aptitudes mais aussi avouer l’amour sincère qu’il porte à Camille, de ces amours qui vous mènent jusqu’au bout du monde, et au-delà s’il le faut. C’est là l’une des forces majeures du livre que nous transmet Pierre Bottero, qui est de prouver que la connaissance de soi passe par l’exploration de ses capacités, au même titre que tant qu’il y aura de l’amour et de l’imagination, il y aura du possible et du bonheur.

    Ces livres s’adressent à ceux et celles qui souhaitent s’échapper du monde de la réalité et revenir au foyer de l’Imagination...le temps d’une lecture. Pour tout âge.

    BOTTERO, Pierre. La Quête d’Ewilan : d’un monde à l’autre, tome 1. Paris : Rageot-Editeur, 2003. 283 p. ISBN 2-7002-2812-X.