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Jeu mortel, de Moka

 
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    À chaque nouveau roman de MOKA qui paraît je suis fébrile et j’espère avec une grande force retrouver le bonheur que j’ai eu en lisant L’enfant des ombres

    C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans son nouveau roman. Le titre, Jeu Mortel , nous promet de grands frissons et l’on a qu’une envie : vite y rentrer pour en savoir plus !

    (JPG)
    © L’École des loisirs, 2003

    Cette fois-ci l’héroine se prénomme Arielle, elle a quinze ans et un sacré caractère. Ses parents doivent partir durant un an, destination : la forêt Amazonienne ! Ils n’ont pas le choix, c’est pour le travail. Arielle n’a pas d’autre famille pour l’accueillir sauf une grand-mère qui vit dans un trou paumé... Ce qui est loin d’être réjouissant. Ses parents ont pensé choisir la meilleure solution en l’envoyant à Saint Charles, pensionnat de jeune fille situé dans un magnifique manoir du XVIIIeme siècle.

    On ne peut pas dire que cela ravisse Arielle et le premier contact avec l’école ne se passe pas de la meilleure façon qui soit. La directrice, Mahaut de Saint Charles, les reçoit dans son bureau et voilà ce qu’elle se dit : « — des roturiers qui veulent péter plus haut que leur cul ». Et le narrateur de noter : « madame de Saint Charles ne s’abaisserait jamais à utiliser une telle expression. Cela ne l’empêche pas d’y penser. »

    Arielle se sent un peu crispée et pourtant le jour de la rentrée arrive... Arielle voit défiler les Mercedes et les Rolls et fait un peu « tâche » avec sa R5, elle craque mais ses parents ne faiblissent pas et finissent par partir.

    Arielle fait alors connaissance avec son nouveau chez soi, ses camarades de classe mais aussi - et ça devient intéressant - avec les règles non-dites de l’école. Elle va devoir choisir un clan et il y en a trois à Saint Charles : les Parvenues, les Aristos et les Intouchables. Classement fait selon le nom, la fortune et l’origine. Or, parce qu’elle refuse de faire partie des Intouchables, Arielle ment et parvient à faire croire que son père dirige une grosse société. Elle entre alors dans le clan des Parvenues, pas sans, bien sûr, devoir passer des épreuves. Le malaise s’installe alors en nous, en même temps que celui d’Arielle mais le suspense monte et la curiosité avec ! On désire savoir en quoi vont consister ces épreuves !

    Il y a bien sur la visite du cimetière la nuit... Mais ce serait trop simple et pas si drôle si finalement cette histoire de clan ne cachait pas autre chose... A travers les yeux d’Arielle des indices s’amoncellent pour nous dire qu’un lien étrange lie des élèves de clans différents et l’on veut toujours en savoir davantage. Mais ce que l’on va découvrir à la fin de cette histoire n’a rien d’un jeu. Il laisse un léger goût amer et fait froid dans le dos. Moka, au meilleur de sa forme, mélange tous les ingrédients qui donnent envie d’aller jusqu’au bout du roman sans pouvoir s’arrêter une seconde.

    Ses personnages sont toujours très décidés et ont le sens des réalités. Ils ont aussi un franc parler qui les caractérise et ils ne s’encombrent pas de chichis. C’est simple mais très efficace ! Pour moi elle a franchi une étape dans le sens où c’est le premier roman qui me laisse une sensation de léger malaise, peut-être parce que les héroïnes vont jusqu’au bout de leurs projets en étant tout à fait conscientes (ou presque) de leurs actes...

    Marianne T’jampens (03/2004)


    Un jeu qui fait froid dans le dos

    Je partage entièrement l’avis de Marianne sur le dernier roman de Moka. C’est un livre qui vous happe. L’intrigue, les personnages, le lieu, le jeu... tout est fort bien ficelé. Et surtout une atmosphère lourde et étrange qui vous enveloppe, chargée de secrets, de non-dits. L’école, les rivalités, le parc la nuit... On est complètement sous l’emprise de l’intrigue. Mais ce que ce jeu va révéler a quelque chose de malsain, d’inquiétant. Je pense que cela réside surtout dans le fait que l’on découvre que des adolescentes peuvent être corrompues, comme le sont des adultes. Et l’on ressent en effet un certain malaise. Jeu mortel est un grand moment de lecture, du vrai suspense psychologique.

    Marine Dormion (03/2004)

    Post-scriptum

    MOKA. Jeu mortel. L’École des loisirs, 2003. (Médium). ISBN 2211071597

    À partir de 14 ans.