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Les coups durs, d’Elizabeth Laidr

 
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    Ce roman traduit de l’anglais "Jake’s Tower" nous narre l’histoire d’un enfant, Jake. Cette histoire terrible et poignante nous fait trembler tout au fil des pages. En effet, Jake, d’un côté enfant attiré par ses rêves, ses envies et ses désirs ; et d’un autre côté Jake, enfant-adulte qui fait face à l’absence de son père, à la violence du petit ami de sa mère et qui veille et prend soin de sa mère.

    Ce récit bouleversant, traite de sujets graves trop souvent cachés. Nous voyons à travers ce personnage, le traumatisme de l’enfant face à l’absence de son père qu’il n’a jamais connu, face à l’absence de sa famille qui a rejeté Jake et sa mère. Nous ressentons également le malaise, le mal-être, la peur et les angoisses de l’enfant battu, cette enfance déchirée.

    (GIF) Comment les enfants violentés vivent-ils leur scolarité, leur amitié ? Comment font-ils pour s’évader ? Comment combattre les coups affligés par un homme ? C’est à ces questions que répond ce livre. A travers ce roman, beaucoup de choses sont évoquées, des choses de la vie réelles et vraies qui existent et que nous ne pouvons pas ignorer.

    La vie de Jake ici exposée est un récit déchirant... Mais comme on le voudrait tous pour tous ces enfants, le récit se termine bien et la vie de Jake ainsi que sa mère prend une toute autre dimension lorsque sa mère décide de quitter le domicile et son petit ami. Elle reprend contact avec Mme Judd, la mère de Danny (le père de Jake). Jake peut ainsi trouver un contact familial, un lien parental, sa grand-mère les aidera énormément dans leurs différentes démarches.Vient ensuite une famille reconstituée et les blessures cicatrisent petit à petit...

    Ce roman vrai, déchirant nous prouve qu’il peut y avoir des moyens pour sortir de ces souffrances (par exemple des mesures policières et juridiques...). Ce roman est certes des plus déchirant mais il peut redonner de la motivation et de l’espoir aux enfants qui vivent la même histoire.

    Par Anaïs L’heureux

    Avis d’un autre lecteur

    Quand la vie commence mal

    Comme le suggèrent le titre et l’illustration de la couverture, Les coups durs parle de la maltraitance. Sans mauvais jeu de mots, c’est un roman coup de poing qui nous emmène dans l’univers de souffrance psychique et physique de Jake.

    Jake n’est pas un ado comme les autres. Il est extrêmement discret, se met toujours dans un coin de la classe où il passe le temps à rêvasser. On le comprendra très vite, il jouit des heures de quiétude des cours pour se vider l’esprit, profiter du calme avant d’affronter la tempête. Pour les uns, la tempête est à l’école ; pour lui elle est à la maison et c’est bien pire. La tempête de Jake a pour nom Steve ; c’est son beau-père, une brute bête et mauvaise qui le frappe avec une violence rare...

    En fait, tout l’environnement familial de Jake est dramatique : il ne connaît pas son père mais il sait de sa mère qu’il est soldat. Ce père inconnu, Danny Judd, il l’a tant fantasmé qu’il est aujourd’hui un personnage un peu divin, un beau soldat, un bon père par ailleurs, un type formidable en somme.

    Sa mère, Marie Lyndsay, est une femme assez effacée, disons plutôt qu’elle est écrasée par la présence de son mari dont elle craint elle aussi les accès de fureur. Elle a vu la haine de son mari empirer à mesure que Jake grandissait... Impuissante, elle n’a pas osé porter plainte par peur que les services sociaux lui enlèvent son fils et le place dans un foyer. Ayant vécu cette expérience enfant, elle ne voudrait pas, pour tout l’or du monde, que son fils connaisse ça. Et pourtant, elle attend un bébé de Steve.

    Jake vit dans la solitude, dans ses rêves et ses cauchemars. C’est un garçon très sensible, un peu poète, rêveur. Il est solitaire, n’a pas d’ami et s’isole dans un repaire qu’il s’est aménagé non loin de chez lui. C’est là qu’il se rend pour panser ses plaies, comme le ferait un animal blessé. Il imagine la maison de ses rêves, celle qu’il souhaiterait avoir pour se protéger des injustices de la vie. Elle serait sur une île, peuplée d’animaux, un Eden ni plus ni moins. Elle aurait une tour immense dont personne n’aurait l’accès et au sommet de laquelle se trouverait sa chambre. Ses parents réunis l’habiteraient avec lui...

    Vers des jours meilleurs

    Un jour, Jake décide de fuir, n’en pouvant plus de supporter la violence de son beau-père. Tuméfié, le corps perclus de douleur, il se réfugiedans son antre pour échafauder un plan de fugue. Là, il s’aperçoit vite que sa cachette a été visitée. Sur quoi il aperçoit un garçon du lycée, Kérian. Un garçon droit et plein de tact dont l’amitié aidera beaucoup Jake.

    De retour chez lui, il trouve sa mère en plein préparatif de départ : elle lui annonce qu’elle et lui enfin quittent cette maison. Marie lui apprend qu’elle a décidé qu’ils se rendraient chez les Judd, chez la grand-mère de Jake dont elle estime qu’il est de son devoir de les héberger un temps. Jake est terrifié à l’idée de rencontrer son père dont l’image dorée tout à coup se ternit : il craint tout simplement que son père le rejette.

    Dans un premier temps, l’accueil de Mme Judd ne sera pas très chaleureux ; elle est loin d’être ravie de revoir cette Marie Lyndsay dont elle ne pensait pas beaucoup de bien lorsque son fils sortait avec elle. Mais, en voyant Jake, elle doit bien se résoudre à l’évidence : Marie ne ment pas, Jake est bien le fils de son fils, il en est même le portrait craché. Dès lors, les masques tombent et l’horizon de Jake s’éclaircit. Peu à peu le cauchemar va prendre fin.

    Les coups durs est un roman très sensible, malgré son sujet. Si l’on regrette le côté un peu stéréotypé des personnages et de la situation initiale, le style et le personnage de Jake, délicats dans ce tourbillon d’horreurs, atténuent la violence des images et confèrent au livre une autre dimension. Comme si le message était que, malgré les tragédies de la vie, il est important de sauvegarder un espace à soi, un monde intérieur dans lequel l’on puisse se libérer du réel, l’effacer, l’oublier. Et ce n’est pas un livre noir, au contraire.

    Un roman qui se lit d’une traite, à partir de 13 ans.

    Mots-clés : adolescence / maltraitance / divorce / père inconnu /

    par Marine Dormion (05/2003)

    Laird, Elizabeth. Les coups durs. Flammarion,2003. (Tribal).ISBN 2.08.16.1635.1