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Des barreaux plein les yeux, de Marc Cantin

 
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    L’amour a ses raisons...

    Marie a douze ans, presque treize. Treize, comme les treize barreaux de sa cellule. Treize, comme un signe de mauvais augure.

    (GIF)

    C’était une jeune fille belle et drôle, une soeur exemplaire pour le petit Abel de quatre ans, une princesse pour sa mère qui les élève seule. Puis, ce fut le grand choc et tout a basculé.

    A l’arrêt de bus, Marie croise le regard de Jérôme, 16 ans, un grand dur pour qui l’école est déjà loin, tellement beau qu’il en est presque effrayant. Elle reconnaît tout de suite en lui sa moitié : elle sera l’air et le feu, il sera l’eau et la terre. Elle éprouve pour lui une passion dévastatrice qui va la conduire à des actes d’une violence extrême. Pour Marie, les frontières entre le Bien et le Mal n’existent plus. Seul compte Jérôme qui mérite tous les sacrifices.

    L’amour, le mal, la morale

    Des barreaux plein les yeux comporte des scènes d’une grande violence. Mais ce qui dérange ou plutôt déroute le lecteur, c’est l’état d’esprit de Marie lorsqu’elle se livre à ces agressions. Elle est une enfant pleine de rêves de contes de fées qui agit comme une femme perdue dans sa passion, guidée par son seul désir. Et les désenchantements n’en seront que plus douloureux.

    Si les motivations de Marie sont claires, le lecteur reste perplexe face à la force destructrice de cet amour fou logé dans le "corps d’herbe sèche" d’une jeune fille. Mais c’est précisément de la complexité du personnage central que vient la réussite du roman. Marie est tour à tour tendre, désarmante, violente, touchante, folle... On peut cependant émettre quelques réserves sur la vraisemblance de ses propos sur le désir et la passion. Il est en effet surprenant d’attribuer des propos d’un tel cynisme à une adolescente de 13 ans qui déclare au juge : " L’amour, ce n’est rien. L’amour, c’est bon pour vous, pour vos parents, et quelques bêtes, peut-être". Malgré tout, le récit reste sous-tendu par des valeurs morales représentées par la personne du juge qui cherche à comprendre les motivations de Marie et qui saura la sauver de sa propre folie.

    D’autre part, un certain symbolisme pastoral vient renforcer l’idée de la chute. Il y a " l’avant " : le bonheur familial dans la maison de campagne, l’harmonie, l’innocence et le calme. Et il y a " l’après ", la solitude, la violence et le désordre de la ville, soulignés par ce leitmotiv aux accents désespérés, comme le bruit d’une cannette dans laquelle on donnerait des coups de pied : " la ville, [...] ses poubelles renversées, ses chats méfiants, ses voitures mal garées, ses murs fissurés, tagués, délavés, ses sacs plastique et ses bouteilles vides ". Soulignons d’ailleurs la qualité du style qui apporte rythme et poésie à ce texte qui laisse le lecteur pantois.

    par Marine Dormion

    Avis de lecteurs

    Ce livre parle d’un amour de jeunesse et des folies que l’on est capable de commettre par amour. Marie idéalise Jérôme et va jusqu’à tuer pour lui plaire. Le message de ce livre : Faut-il prendre un amour de jeunesse au sérieux ? Les jeunes aiment-ils comme les adultes ? En bref, j’ai aimé ce livre parce qu’il traite d’un sujet assez tabou entre les jeunes et les adultes.

    Emilie, 15 ans.

    Cantin, Marc. Des barreaux plein les yeux. Thierry Magnier, 2000. (Roman). 96 p. ISBN 2844200885